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 l'histoire vraie de kunta kinté(sur l'ésclavage)

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mimi
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Féminin Nombre de messages: 37049
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MessageSujet: l'histoire vraie de kunta kinté(sur l'ésclavage)   Lun 13 Aoû 2007 - 21:40

l'afrique



biographie de kunta kinté


la naissance de kunta kinté célébrée par sa grand mère nyo boto et sa mère binta en 1750


kunta kinté dans les bras de son père omoro


kunta kinté en afrique


le sage Kintango



Kunta Kinte était Mandingue. Kunta a été capturé et transporté à Annapolis puis vendu à un planteur à Spotsylvania County en Virginie.

Le roman de Haley commence à la naissance de Kunta, à Juffure dans la Gambie de l'Ouest Africain en 1750. Kunta est le premier de quatre enfants du guerrier Mandingue Omoro et de sa femme Binta Kebba. Haley décrit l'éducation stricte de Kunta et les rigueurs de l'entrainement par lequel il passe.


kunta kinté enchainé


Un jour en 1767, alors que le jeune guerrier était sorti du village afin de trouver du bois pour faire un tambour, il est attaqué par quatre Noirs qui le cernent et le capturent. Kunta se retrouve baillonné, ligoté et prisonnier des hommes blancs. Haley décrit comme ils humilient le jeune guerrier en le déshabillant, le fouillant par tous les orifices et le marquant au fer rouge. Il est embarqué avec d'autres dans un négrier pour un voyage de trois mois vers l'Amérique.


kunta kinté enchainé dans la cale du bateau


De 140 Africains, Kunta est l'un des 98 qui survécurent à la traversée. A son arrivée à Maryland il est vendu à un planteur qui le renomme "Toby".


kunta kinté capturé


kunta kinté fouétté par les blancs,pour qu'il accepte de prononcer son nouveau nom d'ésclave,TOBY.


violon éxplique a kunta kinté de bien se comporter avec les blancs


Durant le reste de sa vie Kunta ne délaisse jamais ses rêves de liberté et tente de s'échapper.
Il se marie avec Bell Waller - une autre esclave - et a une fille nommée Kizzy.


mariage de kunta kinté avec bell en 1778


Malheureusement Kizzy est vendue quelques années plus tard pour avoir écrit une fausse autorisation de circuler pour un jeune esclave dont elle était amoureuse.
Dès son arrivée à Annapolis, Fanta est vendue à un riche anglais tandis que Kunta est vendu à un planteur de Pennsylvanie. Celui-ci charge un de ses esclaves, « Violon », de soumettre Kunta, rebaptisé Toby, à la vie d’esclave américain. Kunta, en dépit de l’amitié de Violon qui l’exhorte à la résignation, résiste comme il peut et découvre stupéfait que les autres esclaves, nés en Amérique, ont oublié leurs racines africaines. Dissimulant un bout de fer, il parvient à se libérer de ses chaînes mais est vite repris. Refusant de répondre au nom de Toby, il est fouetté et finalement se soumet.
Quelques années plus tard, il rêve toujours de retrouver Fanta et parvient à découvrir où elle habite. Il s’enfuit et la retrouve mais la jeune femme, maltraitée, violée par son maître, moralement brisée, s’est efforcée d’oublier ses origines et repousse, effrayée, les demandes de Kunta de le suivre dans son évasion. Leur dispute attire l’attention des chasseurs d’esclaves lancés à la poursuite de Kunta. Pour l’empêcher de s’enfuir à nouveau, ils l’amputent d’un bout du pied. Kunta perd connaissance et découvre à son réveil qu’il a été cédé, ainsi que Violon, au frère de son précédent propriétaire en guise de paiement d’une dette.


violon et kunta kinté quelques années plus tard


Belle, la cuisinière, prend soin de Toby et l’informe que leur nouveau maître est moins cruel que d’autres. Toby rétabli devient cocher et s’éprend de Belle. Ils sautent par-dessus le balai ( équivalent du mariage pour les esclaves ) et Kunta confie à Belle son souhait de s’enfuir avec elle. Mais Belle, enceinte, refuse et en donne la terrible raison : elle a déjà été mariée à un homme qui s’est enfui et a été pendu quand il fut repris. Leurs deux enfants furent vendus. Kunta s’incline et Belle donne le jour à Kizzie, dont le nom signifie en africain « tu ne partiras jamais ». La famille mène pendant quelques années une vie relativement tranquille. Kunta s’efforce d’enseigner à sa fille le souvenir de leurs origines africaines.


mademoiselle Anne dit a kizzie qu'elle va demandée a son oncle qu'elle soit son ésclave


Kizzie grandit et vers seize ans, s’éprend de Noah, un esclave avec lequel elle veut se marier. Mais le jeune homme rêve de s’enfuir. La nièce du maître a pris Kizzie en amitié dès son enfance et par jeu, lui avait appris à lire et écrire. Lors d’une visite, elle informe Kizzie qu’elle veut qu’elle soit son esclave et la suive. Kunta et Belle sont effondrés et cherchent comment empêcher leur fille d’être séparés d’eux. Noah, qui s’était échappé, est repris et sous le fouet, avoue que c’est Kizzie qui lui a écrit un laissez-passer. Le maître, d’habitude plutôt indulgent, refuse de passer l’éponge sur cette rébellion et à contrecœur, informe Kunta et Belle qu’il a vendu Kizzie dans une plantation éloignée. Le couple assiste impuissant et horrifié au départ de leur fille. La nièce du propriétaire ne lèvera pas le petit doigt pour protéger Kizzie.


kizzie est vendu


Dès son arrivée, Kizzie est violée par son nouveau maître et donne le jour à un fils, George. Le maître a pour source de revenus un élevage de coqs de combat et George se révèle doué dans ce domaine. En dépit des avertissements de sa mère, très fière de ses origines africaines, concernant les promesses non tenues par les blancs, George, ignorant que le maître est son père, se persuade que celui-ci le traite en égal. George, marié et père de deux fils, acquiert une réputation de bon dresseur de coqs et bénéficie d’une part des gains. Kizzie est séduite par le cocher d’un visiteur de la plantation et accepte sa demande en mariage. Gagnant la plantation de son fiancé, elle lui demande de faire un détour par la plantation de ses parents et découvre que son père est mort et sa mère a été vendue.


premiere rencontre entre kizzie et sam le cocher


Kizzie renonce à épouser son fiancé car elle le trouve trop soumis à sa condition d’esclave.
George rencontre un affranchi qui lui explique qu’il peut racheter sa liberté. Mais le maître, sachant que le talent de George lui garantit le plus gros de ses revenus, refuse de laisser racheter sa liberté et menace de vendre ses enfants s’il se rebelle. George veut le tuer mais Kizzie l’informe que le maître est son père. Ecœuré, George continue de mauvais gré à dresser des coqs. Lors d’un combat, le maître perd beaucoup et ne peut honorer sa dette. Son adversaire, anglais, propose alors d’emmener George avec lui en Angleterre quelques années pour dresser des coqs.


Tom et lewis (les enfants de chiken george et matilda) expliquent à vieux george comment se comporter en bon contremaitre


chiken george avec sa femme matilda (petit fils de kunta kinté)


Le maître promet de libérer George à son retour et de ne pas séparer sa famille.

Une dizaine d’années plus tard, George revient en homme libre et retrouve sa famille vendue à un planteur des environs. Il apprend la mort de sa mère Kizzie et aussi qu’un affranchi qui reste plus de deux mois dans ce comté redevient automatiquement esclave.


le retour de chiken george, le premier descendant libre de kunta kinté


George repart, la mort dans l’âme, non sans avoir inculqué aux siens de se rappeler leurs origines.
Son fils aîné, Tom, marié et père de famille, est devenu un forgeron respecté, même par la plupart des blancs. La guerre de Sécession éclate et Tom, vers la fin de la guerre, accepte d’aider un déserteur sudiste à s’enfuir. Mais celui-ci tente de violer la femme de Tom qui furieux, tue le soldat et l’enterre secrètement. Le frère du déserteur émet des soupçons et menace Tom de représailles.


matilda et ses deux enfants fetent l'annonce de l'abolition de l'esclavage


L’abolition de l’esclavage est proclamée et leur ancien maître leur propose de rester et de partager les fruits de la récolte. Beaucoup d’anciens esclaves veulent partir mais Matilda, l’épouse de George, refuse, afin que son mari puisse les retrouver. Le frère du déserteur, aidé par un sénateur malhonnête qui convoite la terre sur laquelle vit Tom et son ancien maître, met le feu aux récoltes. Le propriétaire, ruiné et ignorant le complot, accepte l’offre du sénateur de racheter ses terres, et demande que l’argent qu’il a avancé à ses anciens esclaves ne doit pas être réclamé. Prenant possession de sa terre, le sénateur renie l’accord verbal passé avec l’ancien propriétaire et abuse de la loi stipulant qu’un travailleur ne peut quitter sa terre sans s’acquitter de ses dettes. Ecœurés, harcelés par le Ku Klux Klan, Tom et les siens reprennent courage quand George revient. Ils mettent au point un stratagème et parviennent à s’enfuir pour le Tennessee où George à acheté une terre à cultiver. De Tom et son épouse naîtra la grand-mère de l’auteur.
Grâce à la ténacité de chaque génération, l’histoire de la famille depuis Kunta Kinté s’est transmise oralement.


les clés de la liberté


Il y a un mémorial dédié à Kunta Kinte à Annapolis. C'est l'un des quelques monuments du monde à porter le nom d'un africain esclave.
La plaque de Kunta Kinte a été volée 48 heures après son installation en 1981, probablement par le Ku Klux Klan. Elle ne fut jamais retrouvée mais remplacée 2 mois plus tard.


le mémorial de kunta kinté


Alexander Murray Palmer Haley est né à Ithaca, dans l’Etat de New-York le 11 août 1921. Il est le fils de Simon Alexander Haley (qui est enseignant), et de Bertha George Palmer qui est également enseignante. La famille s’installe en 1921 à Henning, dans le Tennessee où le jeune Alex passera les cinq premières années de sa vie. C’est à Henning qu’Alex se familiarisera avec les histoires de sa grand-mère maternelle, Cynthia Palmer, qui fait remonter la généalogie d’Alex à son arrière-arrière-arrière-arrière grand-père. Ce dernier était selon elle un africain dont le nom originel était « Kin-Tay » et qui a été renommé Toby lors de son arrivée aux Etats-Unis.


alexander Halley,déscendant de la 7éme génération de kunta kinté


Le père d’Alex Haley se remarie deux ans après le décès de cette dernière lorsque le jeune Alex a 10 ans. Loin d’être un étudiant brillant, Haley n’est guère passionné par les études et en mai 1939 à l’âge de 17 ans, s’engage pour trois ans dans la marine américaine. Il est embauché comme garçon à tout faire...et sert d’abord sur le "Pamlico". Pour tuer le temps, il se met à l’écriture et apprend à écrire des histoires et raconter des récits.

Il commence par écrire à sa famille et à ses amis, envoyant jusqu’à 40 lettres par semaine. En retour, il recevait à peu près autant de lettres qu’il en avait envoyé. Il devient rapidement célèbre auprès de ses camarades marins, et ces derniers le sollicitent pour qu’il écrive leurs lettres, certains lui offrant même une rémunération financière.



derrniere géneration de kunta kinté (Alex Haley 1921-1992)


Dernière édition par le Mer 15 Aoû 2007 - 20:15, édité 23 fois
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MessageSujet: Re: l'histoire vraie de kunta kinté(sur l'ésclavage)   Mar 14 Aoû 2007 - 5:34

je ne connais pas se film merci pour le Synopsis
j'irais voir si je peux louer se film

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MessageSujet: Re: l'histoire vraie de kunta kinté(sur l'ésclavage)   Mar 14 Aoû 2007 - 20:29

mervelleux sujet et une tres bonne lecon contre l esclavagisme je ne me lasserai jamais de voir et revoir ce film qui en dis tres long sur les maltraitances subit et a qui on fais faire les sales besognes heureusement qu ' il y a des gens bon pour aider les esclaves car se battre pour une libertée bien meritee n est pas de tout repos semer d 'obstacles et d embuches de toute sorte a quand la suite
j ai hate de lire la suite malgre que je connais se film
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jacotte
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MessageSujet: Re: l'histoire vraie de kunta kinté(sur l'ésclavage)   Jeu 16 Aoû 2007 - 1:03

vous pouvez trouvez se film qui est sorti en livre sous le nom de racine

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MessageSujet: l'histoire vraie de kunta kinté.   Dim 7 Oct 2007 - 17:03

j'ai vu ce film merveilleux mais si triste que j'ai dfgte ,on n'imagine pas ce que ces pauvres gens ont souffert,les colons etaient cruels, et j'imagine la souffrance des parents de kunta.
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MessageSujet: Re: l'histoire vraie de kunta kinté(sur l'ésclavage)   Lun 3 Mai 2010 - 20:48

je rajoute quelques photos du film


Kizzie



Kunta Kinté qui coupe sa chaine



La chaîne a été brisée














Kinta Kinté en afrique

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MessageSujet: Re: l'histoire vraie de kunta kinté(sur l'ésclavage)   Mar 7 Aoû 2012 - 11:41

voici la retranscription d'un message reçu se matin de la part d'une personne qui na pas signer


Bonjour à toute l'équipe.
Vraiment,l'histoire de Kunta Kinte m'a beaucoup marqué.
Je me souviens quand j'étais encore prof. d'histoire au Lycée, j'ai montré ce cinéma à mes élèves,ils ont été beaucoup touchés par cette barbarie humaine.
Et je crois que chacun doit se souvenir de ses origines, de ses cultures, ses mœurs puisqu'un homme sans culture, sans histoire n'existe pas. Cependant, on doit chercher comment marier ces différentes cultures dans le respect mutuel.
Aux descendants de Kunta Kinte, courage.
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MessageSujet: Re: l'histoire vraie de kunta kinté(sur l'ésclavage)   Mar 7 Aoû 2012 - 12:15

moi aussi ce film m'a beaucoup touchés,je l'avais vu la prmiére fois il y a 15 ans
j'ai les cds de ce film que je me lasse jamais de regarder
mon reve à moi c'est d'aller un jour en afrique,la ou a étez capturé Kunta Kinté à (Djouffouré)
histoire triste et émouvante
j'aimerais aussi voir le mémorial de kunta kinté
pour rendre un grand hommage à Kunta Kinté il ne faut jamais oublier sa dure histoire (vie d'esclave)

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MessageSujet: Re: l'histoire vraie de kunta kinté(sur l'ésclavage)   Mar 7 Aoû 2012 - 14:50

Mimi...Superbe film!!!Qui m'à fait pleurer...

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 bisous  bisous  bisous
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MessageSujet: Re: l'histoire vraie de kunta kinté(sur l'ésclavage)   Dim 27 Oct 2013 - 13:00

Léonora Miano: ce que l'esclavage a fait à l'Afrique

Comment la traite des Noirs a-t-elle été vécue,à ses débuts,par les principaux intéressés ?

C'est le sujet de "la Saison de l'ombre".



Le Nouvel Observateur Votre roman débute dans un village africain où des hommes disparaissent mystérieusement.

En partant à leur recherche,les villageois découvrent l’esclavage. C

omment avez-vous reconstitué cette première perception de la traite?

Léonora Miano En fin d’ouvrage,je remercie Lucie Mami Noor Nkake,auteur d'un rapport d’enquête intitulé «la Mémoire de la capture».

Elle s’est demandé comment les Subsahariens se transmettent cette mémoire,sachant que les populations précoloniales n’écrivaient pas.

Ce qui m’a touchée,c’est le terme «capture».

Il déplace la perspective.

On ne parle plus seulement de commerce.

On demande aux gens: vous souvenez-vous qu’on vous a arraché des proches?

Ces personnages,on y pense peu parce qu’ils ne sont pas représentés.

Dans les essais,on ne parle pas de leur perception.

Il faut bien entendu analyser la dimension commerciale de l’esclavage,mais on finit par oublier le vécu de ces gens embarqués dans un truc qu’ils ne comprenaient même pas.

J’ai choisi de travailler sur les populations de l’intérieur.

Les populations côtières ont connu les Européens bien avant,elles commerçaient depuis longtemps.

Alors qu’à l’intérieur,le premier contact avec l’Europe,c’est la traite négrière.

Avant de travailler sur le sujet,que connaissiez-vous,en tant que Camerounaise,de cette histoire?

Pas grand-chose.

On n’en parle pas au Cameroun,qui a pourtant été un lieu de départ important.

Les gens le découvrent depuis peu,parce que des Afro-Américains reviennent au Cameroun pour chercher leurs racines.

Ils font aux Etats-Unis des tests ADN qui leur permettent de retrouver la tribu d’où viennent leurs ancêtres.

C’est un peu effrayant,mais en décembre 2010,un premier groupe est venu.

On a vu ça à la télévision.

On s’est mis à en parler timidement.

Pourquoi ce tabou ?

D’abord parce que les populations côtières ont participé à la capture.

Personne ne va s’enorgueillir d’avoir des ancêtres qui ont vendu des hommes.

La honte est pour beaucoup dans ce silence.

Il y a une autre honte: celle d’avoir été colonisé par d’anciens partenaires commerciaux.

Ça fait de vous le dindon de la farce.



LEONORA MIANO est née à Douala (Cameroun) en 1973,et vit en France depuis 1991.

Elle a notamment écrit "Contours du jour qui vient",prix Goncourt des lycéens en 2006.


Vous n’êtes pas toujours tendre avec les Africains,ce qui vous vaut d’être souvent récupérée par la presse de droite.

Ne craigniez-vous pas,en insistant ainsi sur la dimension inter-tribale de l’esclavage,de conforter les Occidentaux dans l’idée qu’ils ne sont pas vraiment responsables?

C’est vrai.

On trouve toujours le moyen de proposer des lectures de mes textes qui caressent un certain public dans le sens du poil.

Mais ce n’est pas mon affaire.

Les Africains m’ont prise en grippe,surtout ceux de la diaspora: leur vie est assez difficile,ils n’ont pas besoin qu’on vienne écorner leur image.

On m’a beaucoup insultée,même si ça va mieux aujourd’hui.

En ce qui concerne la traite,ce n’est évidemment pas parce que des subsahariens y ont participé que ça minore la culpabilité occidentale.

Les Européens n’avaient pas à traiter des humains comme des animaux.

Que chacun prenne ses responsabilités.

Et nous,Africains,devons affronter nos propres ombres et réfléchir à notre histoire.

Par exemple,il existe au Cameroun d’importantes inimitiés tribales qui datent de la traite.

Les gens de l’ouest savent que les populations côtières sont venues capturer les leurs.

Ça explique la férocité surréaliste des rapports entre les Africains.

Mais on n’en parle jamais.

Or cet angle mort historique empêche d’envisager sereinement l’avenir.

J’ai le sentiment d’une profonde errance identitaire au sud du Sahara.

Les Africains ne comprennent pas beaucoup de choses.

La structuration de l’activité professionnelle,le fait d’avoir une nationalité: on leur a dit que ça marche comme ça,alors ils essayent,mais je ne suis pas sûre que ça ait du sens pour beaucoup d’Africains.

Vous montrez dans votre roman que ces tribus,au temps de la traite,étaient totalement étrangères les unes aux autres.

L’Afrique a été construite par les Européens comme un grand pays.

On parle de «littérature africaine».

Mais je me sens culturellement plus proche d’un Antillais que d’un Ethiopien.

Le Sahel est dépaysant,pour moi.

Donc oui,les tribus qui ont commercé avec les Européens ont vendu,de leur point de vue,des étrangers.

Elles ont reçu en échange des armes à feu,et les voisins se sont mis à capturer pour acquérir les mêmes armes.

Des populations ont résisté.

Dans un premier temps,on n’avait pas le droit de vendre les siens.

Parfois,on vendait les criminels.

Puis il y a eu une période d’emballement,où toutes ces règles ont explosé.

C’est une histoire complexe.

Dire: «Les Africains se sont vendus entre eux»,c’est comme dire que pendant la période nazie,des Européens se sont gazés entre eux.

On ne parle pas vraiment du nazisme si on s’arrête à ça.

Les Blancs,vos personnages les appellent «hommes aux pieds de poule».

Vous dites que les Africains avaient d’eux une perception non-raciale.

L’expression douala qu’on traduit par «blanc» signifie «pattes d’oiseau».

Les habitants de l’actuel Cameroun ont trouvé que les vêtements donnaient aux Européens des jambes d’oiseau.

Ça ne veut pas dire qu’on n’a pas remarqué la différence de peau.

Mais les Africains n’ont pas fabriqué de concept qui nie l’humanité de l’autre.

Africains et Européens se sont côtoyés pendant longtemps sans que le paramètre racial intervienne,sans qu’on perçoive les Noirs comme des inférieurs.

Mais les chrétiens ont dû in fine inventer cette altérité pour justifier le traitement qu’ils leur infligeaient.

Quand je dis «les Noirs»,je précise que le choix de ce terme pour désigner les Africains n’est pas anodin.

De même que le choix de se définir comme «blanc».

Ce sont des mots politiques.

On aurait pu en choisir d’autres.

On trouve le mot «noir» dans des textes bibliques pour qualifier les Ethiopiens,sans que ça ait un caractère négatif.

Reste qu’il y a peu de cultures au monde où il est positif.

Y compris au sud du Sahara,où il renvoie à la nuit,aux ténèbres.

Il faudrait sortir de ce vocabulaire,mais on n’y parvient pas.

Les personnages du roman se peignent souvent la peau.

Comment avez-vous reconstitué les habitudes culturelles et vestimentaires de ces tribus?

Je me suis basé sur l’espace bantou,l’Afrique centrale équatoriale,qui est une aire culturelle cohérente.

Je crée dans mes livres un espace bantou imaginaire,ce qui me permet de sortir des divisions coloniales.

Les gens se peignaient en rouge ou en brun pour se protéger du soleil,et en blanc pour commercer avec les esprits.

Il y avait toujours un sens à la couleur.

Il y avait aussi de la coquetterie.

Au Sahel en revanche,les gens sont vêtus depuis longtemps.

Il y a une tradition du tissage.

Mais en Afrique centrale,on est plus souvent nu, et on utilise la scarification ou la peinture en guise de vêtement.

On peut apprendre tout ça dans les musées.

On y voit des objets qui,pour ces peuples sans écriture,font office d’archive,sur les coiffures,les armes,les objets du quotidien.

Que reste-t-il des cultures pré-coloniales?

Vous parlez par exemple de la division des jours en six périodes.

Il reste peu de choses.

Les six identités du soleil,on n’en parle plus.

On a repris la division occidentale: matin,après-midi,soir,nuit.

On a intégré dans la langue beaucoup d’apports extérieurs.

Mais certains éléments ont survécu.

On dit toujours bonjour en demandant: «Comment es-tu sorti ?»

Après,il faut voir que le Cameroun est un pays particulier,extrêmement divers culturellement.

On y compte beaucoup de langues,environ 200,dont aucune n’est majoritaire.

Au Mali,la majorité des gens parlent plus ou moins bambara.

Pareil pour le wolof au Sénégal.

Au Cameroun,où la colonisation a été portugaise,allemande et française,ce qui fédère les gens,ce sont les langues européennes.

Dans un tel espace,c’est difficile de préserver les cultures anciennes.

Et en même temps,la culture est faite pour muter.

Ces temps-ci,on dira qu’elle mute à une vitesse sidérante.

Un de vos personnages féminins abrite un esprit mâle.

L’Afrique,berceau du queer?

(Rires) Les Africains se racontent aujourd’hui que l’homosexualité est un vice venu d’Europe,mais dans certaines tribus,les femmes se mariaient entre elles.

On a gardé le nom de femmes qui ont mené des armées.

Une femme qui arrivait vierge au mariage était méprisée parce qu’elle ne savait pas faire l’amour.

Il était même bien vu d’avoir déjà eu un enfant,qu’on appelait «l’enfant des promenades».

Il y avait bien sûr de la misogynie.

Dans certaines sociétés,des interdits lourds frappent les femmes.

Ailleurs,elles peuvent régner.

Ça va dépendre.

Dans un petit périmètre,on trouve des situations très différentes.

Mais ce sont l’islam et le christianisme qui ont installé la pensée patriarcale actuelle.

Les gens sont ignorants de leur propre passé.

Quand je vois,comme au Nigéria,qu’ils se tuent pour des religions importées,c’est pour moi l’absurdité la plus complète et la plus douloureuse.

Que pensez-vous de la manière dont parle de l’esclavage en France?

Dès qu’on prononce le mot de « traite »,le premier mouvement des gens,c’est de se défendre en disant:

«Oui mais les Africains ont vendu !»

Ils n’entendent pas le reste de l’histoire.

Et finalement,ils ne savent rien.

En mai 2012,j’ai été invitée à Nantes pour les commémorations du 10 mai.

J’ai parlé de l’abolition de la culpabilité,qui empêche de discuter sereinement.

Les Européens ont peur de parler de ces sujets.

Surtout aujourd’hui,où la vie est dure,où le fait d’être occidental ne protège d’aucune précarité,aucune souffrance,ce n’est pas facile de se dire: «Nos ancêtres ont fait ça,et ça ne nous a menés à rien.»

Mais il faut voir que depuis la traite,l’Afrique et le monde occidental ont tissé des liens profonds,qu’on ne peut plus balayer.

Les Occidentaux boivent du café,mettent du sucre dedans.

Ils ne peuvent plus s’en passer.

Ça ne vient pas de nulle part.

Quand deux personnes se rencontrent,c’est inévitable,elles s’inoculent mutuellement des choses.

L’Europe doit accepter son propre métissage,aussi facilement qu’elle accepte d’avoir aussi profondément bouleversé l’identité africaine.

Et le pire,allez savoir,c’est que ça peut être bénéfique pour tout le monde.




















le nouvel observateur

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l'histoire vraie de kunta kinté(sur l'ésclavage)

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