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 Guy Môquet

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jacotte
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jacotte


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MessageSujet: Guy Môquet   Guy Môquet EmptyMer 10 Oct - 16:51:09

Guy Môquet, né le 26 avril 1924 et mort le 22 octobre 1941, est un militant communiste, célèbre pour être le plus jeune des vingt-sept otages du camp de Châteaubriant, fusillés en représailles après la mort de Karl Hotz.
Il est généralement qualifié de « résistant », mais cette qualification fait débat parmi les historiens.


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Guy Môquet était le fils d'un syndicaliste cheminot, député communiste du 17e arrondissement de Paris, Prosper Môquet. Le parti communiste ayant été dissout par Édouard Daladier en septembre 1939 en raison de son soutien au Pacte Molotov-Ribbentrop, Prosper Môquet est arrêté le 10 octobre 1939, déchu de son mandat de député en février 1940 et plus tard déporté dans l'un des camps de concentration français en Algérie. Le frère de Prosper, Henri était concierge au siège du parti communiste. À la fin de l'été 1940, il est intégré au dispositif clandestin du parti. Quant à la sœur de Prosper Môquet, Rosalie, elle est également une militante bien insérée au cœur du parti. À partir de 1941, elle est la compagne de Robert Dubois qui succédera à Arthur Dallidet à la tête de la commission des cadres à partir du printemps 1942. Elle assure la liaison de Robert Dubois avec la direction du parti.



Biographie de Guy Môquet

Guy Môquet était lycéen au lycée Carnot et fervent militant des jeunesses communistes. Pierre-Louis Basse le présente comme un « titi », volontiers gouailleur tout en ne dédaignant pas écrire des poèmes, plaisant aux filles et doué dans les disciplines sportives. Au sprint, son seul rival est Charles Éboué, fils de Félix Éboué.

L'URSS ayant signé un pacte de non-agression avec les nazis, les communistes français s'opposent à la guerre (considérée comme une guerre impérialiste contre les intérêts de la classe ouvrière). De nombreux militants communistes, dont le père de Guy Môquet, sont donc arrêtés par le gouvernement français sous l'accusation de sabotage, démoralisation de l'armée, bref, pour avoir affaibli les arrières. Après la défaite française, l'occupant laisse en détention les communistes incarcérés par la IIIe République. Selon Denis Peschanski, à l'automne 1940, le PCF subit une vague intense de répression menée par la police française et facilitée par la politique de légalisation qui a prévalu pendant l'été 1940. Jusqu'en mars-avril 1941, la revendication nationale, anti-allemande, n'est pas prioritaire pour le PCF par rapport à la revendication sociale

En ce qui concerne Guy Môquet, l'arrestation de son père en octobre 1939 est un événement marquant qui renforce son ardeur militante. Réfugié avec sa mère et son frère dans la Manche, il revient alors seul à Paris, où il milite clandestinement au sein des Jeunesses communistes. Il écrit une lettre au président de l'assemblée Édouard Herriot pour demander la libération de son père. Avec l'occupation de Paris par les Allemands et l'instauration du gouvernement de Vichy, Guy Môquet déploie une grande ardeur militante pour coller des « papillons » et distribue des tracts qui reflètent la ligne politique de son parti en été 1940.

Dans ces tracts, c'est surtout la misère qui est épinglée : « Des magnats d'industrie (Schneider, De Wendel, Michelin, Mercier [...]), tous, qu'ils soient juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lucre, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays et l'ont contraint à subir l'occupation étrangère [...] De l'ouvrier de la zone, avenue de Saint-Ouen, à l'employé du quartier de l'Étoile, en passant par le fonctionnaire des Batignolles [...] les jeunes, les vieux, les veuves sont tous d'accord pour lutter contre la misère… ». Ils réclament également la libération des prisonniers communistes incarcérés depuis l'automne 1939.

Guy Môquet est arrêté à seize ans le 15 octobre 1940 au métro Gare de l'Est par trois policiers français dans le cadre du décret-loi Daladier du 26 septembre 1939 interdisant la propagande communiste. Passé à tabac pour qu'il révèle les noms des amis de son père, et emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, il est ensuite transféré – malgré son acquittement – au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), où étaient détenus d'autres militants communistes généralement arrêtés entre septembre 1939 et octobre 1940. Il est à la baraque 10, la baraque des jeunes où il se lie d'amitié avec Roger Sémat et Rino Scolari. Ce dernier, un peu plus âgé que lui, deviendra un des responsables FFI au moment de la Libération de Paris.

Le 20 octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de la Loire-Inférieure, est exécuté à Nantes par trois jeunes communistes. Le ministre de l'Intérieur du gouvernement de collaboration de Pétain, Pierre Pucheu, sélectionne des otages communistes « pour éviter de laisser fusiller cinquante bons Français » : dix-huit emprisonnés à Nantes, vingt-sept à Châteaubriant et cinq Nantais emprisonnés à Paris.

Deux jours plus tard, neuf poteaux sont dressés à la Sablière, vaste carrière à la sortie de Châteaubriant. En trois groupes, les vingt-sept otages s'y appuient, refusent qu'on leur bande les yeux et donnent leur vie en s'écriant « vive la France ! ». Guy Môquet est le plus jeune. Il a un évanouissement mais il est fusillé dans cet état. Il est abattu à 16 heures. Avant d'être fusillé, il avait écrit une lettre à ses parents.

Pour les nazis, l'exécution d'otages communistes est préférable pour convaincre les Français que seuls les juifs et les communistes sont leurs ennemis. La sélection d'un otage si jeune est également délibérée, pour montrer qu'ils seront impitoyables avec tous les distributeurs de tracts, quel que soit leur âge. Mais l'exécution d'un otage si jeune a surtout pour effet de choquer la population française.
Selon Pierre-Louis Basse, Serge, le jeune frère de Guy Môquet, meurt quelques jours plus tard, de chagrin et de peur, déguisé en fille par sa mère qui tente d'échapper à la Gestapo. Mais selon la pierre tombale du caveau où il repose au cimetière parisien du Père-Lachaise, aux côtés de son frère et d'autres « héros et martyrs de la Résistance fusillés par les nazis », Serge Môquet est décédé le 19 avril 1944 à l'âge de 12 ans et demi, « victime de la Gestapo ». Selon la belle-fille de Prosper Môquet, Anne-Marie Saffray, Serge, traumatisé par l’emprisonnement de son père et par l’exécution de son frère, fragilisé par la disette et les rigueurs de la vie clandestine, mourut d’une méningite. Leur mère, Juliette, fit partie du Comité parisien de Libération et fut de 1945 à 1947 conseillère municipale communiste de Paris. Elle trouva la mort le 30 mai 1953 dans un accident de voiture, que conduisait son mari, Prosper.

Histoire, mémoires et légendes

« Je laisserai mon souvenir dans l'histoire, car je suis le plus jeune des condamnés » aurait confié Guy Môquet à l'abbé Moyon qui avait accepté d'assister les otages avant leur exécution. On peut rapprocher cette confidence du jeune Guy Môquet de la fin de non-recevoir qu'oppose son aîné Charles Michels à une tentative d'évasion à haut risque « C'est ainsi et ainsi seulement que notre mort servira à quelque chose ». Ainsi, Guy Môquet et ses camarades auraient, de leur vivant, eu conscience de fabriquer une légende. Dès lors, il deviendra extrêmement difficile de séparer l'une de l'autre.

Octobre 1941 : Châteaubriant et Vichy

Des exécutions d'otages avaient déjà eu lieu depuis le début du mois de septembre mais l'annonce, après l'attentat de Nantes, des dix-sept exécutions de Nantes, des vingt-sept de Châteaubriant et des quatre de Paris, et surtout la menace d'une deuxième vague de cinquante nouveaux otages crée un choc dans la France occupée. Le 24 au matin, Pétain confie à son chef de cabinet, Henri du Moulin de Labarthète, qu'il pense à se constituer prisonnier pour devenir le seul otage. Dans la journée, son entourage l'en dissuade. L'historien Robert Aron, pourtant souvent indulgent vis-à-vis du maréchal commente « Il n'accomplit pas ce geste qui, selon certains, aurait fait de lui un personnage de légende [...] ce qui est certain, c'est que le silence officiel du Maréchal, ne protestant pas contre de telles atrocités, a accentué le divorce entre l'opinion et Vichy. »

Le 25 octobre, Churchill et, ce qui est plus important car les États-Unis ne sont pas encore entrés en guerre, Roosevelt, s'élèvent contre ce procédé « qui révolte un monde déjà endurci à la souffrance et à la brutalité ».

Le 25 octobre également, de Gaulle déclare à la radio : « En fusillant nos martyrs, l'ennemi a cru qu'il allait faire peur à la France. La France va lui montrer qu'elle n'a pas peur de lui [...] J'invite tous les Français et toutes les Françaises à cesser toute activité et à demeurer immobiles, chacun où il se trouvera, le vendredi 31 octobre, de 4 heures à 4 heures 5 [...] ».

Les Français ont été tenus informés de l'événement et, le 29 octobre, les journaux annoncent que le Führer a renoncé à la deuxième vague de cinquante nouvelles exécutions. Selon Robert Aron, ils s'indignent que le Maréchal n'ait pas protesté publiquement

1941-1945 : l'élaboration de la mémoire

Quelque temps après le 22 octobre, Esther Gaudin, une jeune militante communiste de quinze ans et future mère de Pierre-Louis Basse, se voit confier la mission d'aller chercher le paquet de planches sur lesquelles les fusillés avaient écrit, en plus de leurs lettres, leurs dernières volontés. Les messages recopiés sont transmis à Jacques Duclos, responsable du parti clandestin qui expédie un paquet de documents à l'avocat communiste Joe Nordmann avec cette mention « Fais de cela un monument ».

Muni de tous ces témoignages, Nordmann traverse la France pour aller rejoindre Louis Aragon qui avait perdu le contact avec le parti. Aragon rédige Les Martyrs, un opuscule de quelques pages publié clandestinement aux Éditions de Minuit en février 1942 et qui fait rapidement le tour du monde. Il est lu à la radio de Londres par Maurice Schumann. Il y met en exergue le député Charles Michels, les dirigeants de la CGT Jean-Pierre Timbaud et Jean Poulmarc'h mais plus encore que les autres, le lycéen Guy Môquet. Lorsque la presse clandestine du parti évoque les fusillés, les mêmes noms reviennent en exemple, et le benjamin est toujours mentionné


Louis Aragon dédie également à Guy Môquet et trois autres résistants (Gabriel Péri, Honoré d'Estienne d'Orves et Gilbert Dru, soit deux chrétiens et deux communistes), son poème La rose et le réséda, qui contient les célèbres vers : « Celui qui croyait au Ciel / Celui qui n'y croyait pas ».

Dès les premiers mois de la Libération, les fusillés de Châteaubriant deviennent un enjeu de mémoire dans la lutte qui oppose de façon latente communistes et gaullistes. Maurice Thorez, avant qu'il ne soit autorisé par de Gaulle à rentrer en France, s'insurge depuis Moscou contre l'interdiction faite aux communistes de célébrer, le 21 octobre, jour d'élections, leurs élus parisiens tombés sous l'Occupation, et il avance une explication à l'interdiction : « Peut-être parce que les martyrs de Châteaubriant n'avaient pas attendu la défaite et l'invasion pour dénoncer et combattre le complot hitlérien contre la France [...] La plupart des héros de Châteaubriant n'avaient-ils pas été frappés par la répression dès septembre 1939 ? [...] D'autres arrêtés en octobre 1940, n'avaient-ils pas été parmi les pionniers de la Résistance nationale contre les occupants et les traitres ? [...] ». Pour Jean-Pierre Azéma, les fusillés de Châteaubriant ont été employés par les communistes pour faire oublier que jusqu'à l'invasion de l'Union soviétique en juin 1941, ils ne s'opposaient pas massivement aux Allemands.


1944 : Guy Môquet cité à l'Ordre de la Nation

Depuis la Libération les commémorations célèbrent les fusillés d'octobre 1941, mais en rangs dispersés : la ville de Nantes honore ses otages alors que le parti communiste rend hommage de son côté aux 27 de Châteaubriant avec une ferveur jamais démentie. Parmi les otages de Châteaubriant, Guy Môquet est le seul à avoir été cité à l'ordre de la Nation. Dès 1944, le général de Gaulle signe le décret qui fait de lui un résistant à part entière.

Il semble que de Gaulle et Prosper Môquet entretenaient des relations privilégiées. Pierre-Louis Basse rapporte que Prosper se souvenait qu'à la Libération, de Gaulle, chef du gouvernement provisoire aimait à fendre la foule de l'hémicycle, afin de venir saluer en trombe « Môquet » . Deux jours après la mort de Juliette, de Gaulle envoie une lettre manuscrite à Prosper : « Mon cher Môquet [...] de tout cœur, je m'associe à votre chagrin [...] je ne vous ai pas oublié depuis Alger, et je n'ai certes pas perdu le souvenir de votre fils Guy, mort si bravement et cruellement pour la France. Madame Môquet, elle aussi, prit part à notre combat [...] Veuillez croire, mon cher Môquet, à mes sentiments bien cordiaux et très attristés [...]

1945-2000 Les commémorations

Le 22 octobre 1944, premier anniversaire de la fusillade après la Libération, le PCF organise la première cérémonie de souvenir à laquelle assiste l'ensemble des forces de la Résistance. Dorénavant, c'est chaque année que se tiendra cette sorte de pèlerinage, mais à partir de 1947, avec la guerre froide, l'unité qui avait prévalu est rompue : deux cérémonies ont lieu à Châteaubriant, l'une officielle et l'autre sous l'égide du Comité national du souvenir, mouvement d'obédience communiste. À partir de 1981, la nouvelle donne politique, l'union de la gauche contribue à unifier les deux manifestations, mais, comme le note Didier Guyvar'h, le PCF en est le maître d'œuvre.

À Paris, au lendemain de la guerre, des commémorations sont également organisées rue Baron devant le domicile de la famille Môquet. On peut y voir les dirigeants les plus emblématiques du parti, comme Marcel Cachin ou Jacques Duclos mais aussi Michel Debré.

En son honneur, une rue du 17e arrondissement et une station du métro parisien portent son nom depuis 1946. De nombreux autres équipements municipaux ou voies à travers la France sont baptisés du nom de Guy Môquet, dont un lycée à Châteaubriant, un stade de Drancy, ville francilienne fortement marquée par son passé de collaboration à la déportation durant la Seconde Guerre mondiale, tandis que la municipalité de Nantes a renommé une artère le Cours des 50-Otages.

En 2000, alors que l'influence du PCF a continuellement baissé depuis la fin des années soixante-dix, un livre vient raviver le souvenir du lycéen de Châteaubriant. Guy Môquet, une enfance fusillée est un récit très émouvant écrit par Pierre-Louis Basse, le fils d'Esther Garçon, qui parcourt de long en large la vie trop brève du jeune communiste.

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Dernière édition par le Mer 10 Oct - 16:56:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Guy Môquet EmptyMer 10 Oct - 16:55:22

L'hommage de Nicolas Sarkozy

Pendant la campagne présidentielle française de 2007, Nicolas Sarkozy évoque la figure de Guy Môquet le 14 janvier 2007, au congrès de l'UMP, et le 18 mars, au Zénith de Paris : « Il était profond, il était grand Guy Môquet quand il fut fusillé par l’occupant [...] ». Ce faisant, il s'attire la réplique de Marie-George Buffet, candidate soutenue par les communistes : « Il a osé invoquer Jaurès, Blum, et Guy Môquet ! J'interdis à ce ministre d'État qui fait interner les mineurs, d'utiliser le nom de Guy Môquet [...] ».

Le jour de son investiture, lors d'une cérémonie au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne, après avoir fait lire la dernière lettre de Guy Môquet par une lycéenne, le nouveau président annonce qu'il la fera lire dans tous les lycées du pays, en début d'année scolaire, la date ayant été fixée ensuite au 22 octobre, jour anniversaire de l'exécution de Môquet et de ses camarades. Cette initiative provoque des controverses et des prises de positions marquées. Si d'un côté le PCF et Libération saluent le « message fort » et le « devoir de mémoire » que constitue cette initiative, d'un autre côté les critiques ne sont pas absentes, le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire estimant cette commémoration contraire à l'esprit de la pratique historique, et le SNES appelant les professeurs à la boycotter.

Par ailleurs, un court-métrage de deux minutes, réalisé par François Hanss et mettant en scène Jean-Baptiste Maunier dans le rôle de Guy Môquet, sera diffusé sur La Chaîne parlementaire dès le 17 octobre et au Mémorial de Caen ; il sera également projeté dans 2 500 salles de cinéma et 30 000 DVD seront envoyés aux écoles

Dans le magazine L'Histoire, en septembre 2007, Jean-Pierre Azéma revient sur l'affaire et critique la « caporalisation mémorielle », d'une part pour son dirigisme envers les enseignants, d'autre part parce qu'Azéma estime que l'hommage occulte le rôle de la collaboration, en particulier de droite. Azéma souligne la rupture avec l'attitude du président Chirac, par exemple dans son discours sur la rafle du Vélodrome d'Hiver.

Le 19 septembre 2007, en compagnie notamment du député socialiste Jean-Marc Ayrault, d'une centaine d'anciens combattants, Nicolas Sarkozy est venu à Châteaubriant rendre hommage aux fusillés dont Guy Môquet. Les réactions sont alors partagées entre les participants. Si pour un ancien maquisard, il s'agit d'un hommage important, la trésorière du comité des fusillés de Châteaubriant remarque que cela sert de « publicité » au président. Le vice-président de l'amicale nationale Châteaubriant-Voves-Rouillé dénonce, quant à lui, une « manifestation indécente » qui a tourné à la « sarkomania».

Guy Môquet Lettre10



Dernière lettre de Guy Môquet


Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi.
Certes, j’aurai voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino *. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J’éspère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour.
A toi, petit Papa, si je t’ai fait, ainsi qu’à petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi ! Ma vie a été courte !
Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels **.
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Serge, Papa, je vous embrasse de tout mon cœur d’enfant.
Courage !
Votre Guy qui vous aime

Dernières pensées : "Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

* Roger et Rino sont des "frères" de combat militant.

** Tintin désigne Jean-Pierre Timbaud. Michels, c’est Charles Michels, tous deux seront exécutés avec Guy.

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