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| | Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité | |
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jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Jeu 27 Mar 2008 - 1:08 | |
| Les 7 victimes de Michel Fourniret (de gauche à droite)Natacha Danais Jeanne-Marie Desramault, Mananya Thumpong et Fabienne Leroy. En bas : Isabelle Laville, Michel Fourniret, Elisabeth Brichet et Céline Saison 1967Michel Fourniret a 25 ans et une première condamnation pour l'agression d'une fillette dans les Ardennes. Il écope de huit mois de prison avec sursis assortis d'une obligation de soins. Sa première femme demande le divorce. 1984En mars, il est arrêté pour l'agression d'une jeune femme. En détention provisoire, il commence une correspondance avec Monique Olivier, séparée, mère de deux enfants. 198726 juin : Fourniret est condamné par la cour d'assises de l'Essonne à sept ans de prison dont deux avec sursis, pour des agressions sexuelles sur plusieurs jeunes femmes au début des années 1980. Sa deuxième épouse demande le divorce. Octobre : il est libéré et s'installe avec Monique Olivier dans l'Yonne. Quelques mois plus tard ils vont vivre dans les Ardennes. Ils ont un fils et se marient. 200326 juin : Michel Fourniret est arrêté en Belgique après l'enlèvement à Ciney d'une jeune fille de 13 ans qui réussit à prendre la fuite. 200422-29 juin : interrogée par la police belge, Monique Olivier accuse son mari des meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes et de la compagne d'un ancien co-détenu. Peu après, Fourniret, détenu alors à Dinant (Belgique), reconnaît les huit homicides. 3 juillet : sur les indications de Fourniret, les corps d'Elisabeth Brichet et Jeanne-Marie Desramault sont découverts dans le parc du château du Sautou, à Donchery dans les Ardennes, où il a habité. 200516 février : Monique Olivier accuse son mari de deux nouveaux meurtres, ceux de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domèce, niés dès 2004 par Fourniret. 21 juin : les justices belges et françaises regroupent le dossier Fourniret à Charleville-Mézières, pour un procès unique dans cette ville. 2006 9 janvier : il est extradé en France, un mois après sa femme. 11 juillet : découverte du corps d'Isabelle Laville, dans l'Yonne, en partie sur les indications du tueur en série présumé. 200729 mai : le couple Fourniret/Olivier est renvoyé devant la cour d'assises des Ardennes, lui pour les homicides de sept jeunes femmes ou adolescentes, elle pour l'un des meurtres et complicité dans au moins 4 autres. 200811 mars : Michel Fourniret est mis en examen pour les meurtres de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domèce, et Monique Olivier pour complicité. 27 mars : ouverture du procès de Michel Fourniret et Monique Olivier devant la cour d'assises des Ardennes
Dernière édition par jacotte le Mer 28 Mai 2008 - 14:41, édité 1 fois |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Fourniret reste muet lors de son procès et remet un "exposé" au président de la cour Jeu 27 Mar 2008 - 13:13 | |
| Michel Fourniret a refusé jeudi de s'exprimer à l'ouverture de son procès devant la cour d'assises des Ardennes à Charleville-Mézières, brandissant plusieurs fois un écriteau "Sans huis clos, bouche cousue", avant de tendre un "exposé" au président de la cour.
A chaque question du président Gilles Latapie sur son identité, Michel Fourniret, barbe grisonnante, vêtu d'un pull bleu, a répondu en brandissant cette feuille de papier blanche format A4 avec ces mots écrits sur ordinateur.
Puis, montrant au président un rouleau de papier entouré d'un ruban, le tueur en série présumé a finalement pris la parole et déclaré à l'adresse du président: "Je vais donc prendre la parole. Il s'agit d'un exposé que j'avais l'intention de lire. En l'absence de huis clos, je vous demande de bien vouloir lire cet exposé".
"C'est très joliment fait. J'en prendrai connaissance et le document sera versé au débat", lui a répondu le président.
M. Latapie a ensuite interrogé Monique Olivier, cheveux blanc coupés courts, qui elle a répondu aux questions sur son identité et celle de ses avocats.
Michel Fourniret est soupçonné d'être l'un des pires tueurs en série des dernières décennies en France.
L'ancien dessinateur industriel, qui aura 66 ans au cours de ce procès prévu pour deux mois, doit répondre devant la cour d'assises de sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes -dont deux avec préméditation- et autant de viols ou tentatives, commis entre 1987 et 2003 des deux côtés de la frontière franco-belge.
Lui et son épouse de 59 ans, accusée aussi d'un des meurtres et de complicité dans au moins quatre autres crimes, encourent la réclusion à perpétuité.
La justice française vient en outre d'inculper Michel Fourniret et Monique Olivier dans deux autres affaires, concernant une Britannique de 20 ans et une handicapée française de 18 ans.
Selon un de ses avocats, Michel Fourniret a l'intention de lire une "déclaration" à l'ouverture du procès pour "procéder à une sorte de critique de l'instance judiciaire".
Il compte assister au procès "les premiers jours", a précisé Me Thierry Bourbouze. "Après, il ne se rendra pas spontanément dans la salle d'audience, mais on peut le contraindre", a indiqué l'avocat.
Des lettres saisies par les enquêteurs après leur interpellation dans le sud de la Belgique en 2003 ont révélé que le couple avait conclu "une sorte de "pacte" criminel dès 1987, alors que Michel Fourniret était détenu à la prison de Fleury-Mérogis pour des agressions sexuelles et correspondait par écrit avec sa future épouse rencontrée via une petite annonce.
A sa sortie de prison, il s'engage à tuer le premier mari de Monique Olivier, un homme "violent" et jaloux" selon elle, à condition qu'elle accepte son obsession d'avoir des relations sexuelles avec des jeunes filles vierges, et l'aide à "chasser".
Le second volet du "pacte" débouchera, selon ce qui a été retenu par l'accusation pour ce procès, sur sept homicides: ceux d'Isabelle Laville en 1987, Fabienne Leroy en 1988, Jeanne-Marie Desramault et Elisabeth Brichet -enlevée en Belgique- en 1989, Natacha Danais en 1990, ainsi que les assassinats de Céline Saison en 2000 et Mananya Thumpong en 2001.
Au total, à partir des interrogatoires de juin 2004 quand elle se décide à rompre le silence, Monique Olivier attribue onze meurtres à son mari qui en reconnaît huit (dont les sept jugés au procès).
Le mode opératoire qu'elle décrit la première est presque chaque fois le même : il repère une jeune fille qu'il aborde en voiture, prétexte une recherche d'itinéraire pour la faire monter à bord puis poursuit sa route vers un lieu isolé.
Pour les faits de 1987-90, avant que le couple ne s'installe en Belgique, l'accusation impute à Monique Olivier un rôle non négligeable : plusieurs fois sa présence dans la voiture aurait permis que la confiance s'installe avec la future victime. Elle aurait ensuite assisté son mari, faisant le guet, allant une fois jusqu'à l'aider à étouffer celle qui se débattait trop.
L'odyssée criminelle se termine en juin 2003 avec le rapt manqué, près de Namur en Belgique, d'Asumpcion, une adolescente d'origine congolaise qui s'enfuit à un stop et reconnaît ensuite la camionnette à l'arrière de laquelle elle était ligotée. Le numéro d'immatriculation mène à Fourniret qui est arrêté par la police belge.
A l'adolescente, il aurait eu le temps de dire "je suis pire que Dutroux", alors que le souvenir des crimes de ce pédophile hante encore toute la Belgique.
Aujourd'hui âgée de 17 ans, elle demandera à témoigner à huis clos. Sur les bancs des parties civiles elle côtoiera une trentaine de proches de victimes et deux autres survivantes ayant subi des tentatives de viol ou de séquestration. |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Ven 28 Mar 2008 - 14:07 | |
| Le "parchemin" de Fourniret
La cour d'assises poursuit ce matin la difficile lecture de l'acte d'accusation. Moments pénibles pour les familles, mais obligatoire dans tout procès d'assises. Hier Michel Fourniret a assuré le spectacle dans les premières heures de l'audience. A peine quelques mots mais une mise en scène toute entière dédiée à sa personne.
S'il avait eu à le qualifier, le président de la cour d'assises aurait sans doute parlé d'un objet d'audience non indentifié. Glissé par Michel Fourniret à l'un de ces avocats, voilà que passe du box à la cour un épais rouleau de papier blanc minutieusement agencé et étreint d'un ruban couleur orangé. Fabrication Michel Fourniret.
Du pur Fourniret
Exigence, que le contenu soit lu à l'audience par le président aux familles. Finalement, le texte est transmis aux parties (les avocats, les avocats généraux). Mais comme tout le monde, nous avons chercher à nous le procurer et comme quelques uns seulement nous sommes parvenus à obtenir copie de l'intégralité de ce document. Nous l'avons désormais en notre possession. 7 double pages de la main même de Michel Fourniret. Une écriture serrée. Un préambule, une introduction, des chapitres, grand un,grand deux, petit un, petit, trois, des annotations dans la marge, de nombreuses et interminables phrases verbeuses, pompeuses, alambiquées. Bref du pur Fourniret.
Intarissable
Y sont fustigés au passage le public et implicitement la presse que l'accusé méprise. "La présence d'une assistance composée de X fois plus de curieux et de désoeuvrés de toute qualité que les personnes concernées musèle inévitablement le coupable que je suis, c'est à dire un être mauvais et dénué de tout sentiment humain". Il reprend un peu plus bas la formule célèbre depuis ces premières minutes d'audience, déjà écrite sur une feuille collée sur la vitre du box: sans huis-clos, bouche cousue. La plume elle est intarissable. "Ce n'est pas aux gloussements d'un public avide de cinoche que je me dois". Ou encore " Oh! Nous savons fort bien, les uns et les autres: "qui n'entend qu'un son n'entend qu'une cloche" et que notre silence en public (...) fera la part belle à la petitesse des témoignages de personnes trop asservies à ce qu'une opportunité procure à leur destin pour s'en tenir aux faits". Voilà pour le style, chacun appréciera la tentation littéraire.
Il dédouane Monique Olivier mais s'en moque
Mais Michel Fourniret n'oublie pas son épouse. Il va même sans doute bien au delà de ses espérances. Totalement dédouanée Monique Olivier mais la mansuétude du mari a un prix: copieusement moquée, ridiculisée, réduite à moins que rien : "Non seulement MO (Monique Olivier ndlr) ne fut pour moi qu'un objet que mon absence de scrupules manipula constamment par un jeu pervers consistant à dire à une pauvre paumée romanesque ce qu'elle avait soif d'entendre", "c'est forcément dans les filets odieux d'un manipulateur qu'elle est tombée!" Monique Olivier justement qui cristalise tant la colère de certaines familles et que les parents des victimes ont presque oubliée hier. Ecoeurés par l'attitude du bourreau, révulsée par sa mise en scène, un film écrit, réalisé et joué par Michel Fourniret seul acteur digne à ses yeux de ce procès. Des familles tellement bouleversées aussi par la pénible lecture des 111 pages de l'acte d'accusation.
Les médias étrangers venus en masse
Fourniret "amené de force" à son procès
L'avocat général Francis Nachbar a déclaré vendredi que Michel Fourniret serait "amené de force" chaque jour à son procès devant la cour d'assises des Ardennes, alors qu'il a fallu recourir à la contrainte pour qu'il soit présent vendredi au deuxième jour d'audience. |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Sam 29 Mar 2008 - 0:22 | |
| Fourniret fermement rappelé à la raison au deuxième jour de son procès
Michel Fourniret a été fermement rappelé à la raison vendredi au deuxième jour de son procès devant la cour d'assises des Ardennes, les magistrats le sommant d'arrêter ses "pitreries grotesques" et de "revenir à la réalité" en acceptant de s'exprimer.
En début d'audience, l'avocat général Francis Nachbar a réagi vigoureusement au refus de l'accusé de comparaître spontanément, qui a obligé le président de la cour Gilles Latapie à faire "amener de force" l'accusé, comme la loi l'y autorise.
"Vous ne manipulerez plus personne! (...) Tous les jours M. Fourniret vous serez au procès, on vous amènera de force", a mis en garde M. Nachbar en fixant l'accusé, jugé pour sept meurtres aggravés de jeunes femmes ou adolescentes. Ce dernier est resté sans réaction, les bras croisés sur son siège.
"Arrêtez cette indécence insupportable, ces grossièretés, arrêtez une fois pour toutes ces pitreries grotesques!", a ajouté l'avocat général d'une voix forte.
Dans l'après-midi, après la longue lecture de l'acte d'accusation d'une centaine de pages, le président a plus calmement demandé à l'accusé - qui répétait son souhait de huis clos - de "revenir au principe de réalité", et de s'exprimer sur les crimes que la justice lui reproche.
"Nous sommes là pour un certain nombre de semaines avec des faits à examiner, examinons-les et permettez à vos avocats de faire leur travail (...) On n'est pas à la Star Academy ou dans n'importe quelle émission de télévision", a affirmé Gilles Latapie.
Cet échange surréaliste s'est conclu par l'engagement de Michel Fourniret à réfléchir pendant le week-end à la possibilité de s'exprimer enfin sur les faits, "affaire par affaire". "Je vous souhaite un bon week-end de toute façon", a conclu le président.
S'adressant à Monique Olivier, jugée pour complicité, M. Latapie a obtenu une franche promesse de coopération. "Je serai là tous les jours et ferai mon possible pour répondre aux questions", a-t-elle assuré.
Relativement inexpressive depuis le début des débats, l'ancienne garde malade, troisième épouse de Fourniret, a levé plusieurs fois les yeux au ciel ou fait non de la tête lorsqu'était évoqué dans l'acte d'accusation son profil de "perverse", qui aurait "éprouvé une sorte de fierté à être la complice".
Jeudi, un de ses avocats avait affirmé qu'elle profiterait du procès -prévu jusqu'à fin mai- pour "demander pardon" aux familles de victimes.
Dans un geste peu habituel, M. Latapie a proposé le micro aux familles, très solidaires, en pleine audience vendredi, juste avant de mettre fin aux débats qui reprendront lundi.
"Les versions de Michel Fourniret et Monique Olivier sont souvent différentes, les familles attendent que les deux accusés participent au débat sans huis clos", a souligné leur porte-parole pour l'occasion, Valérie Leroy, soeur d'une jeune femme de 20 ans tuée en août 1988 dans la Marne.
Devant des journalistes, les proches des victimes ont ensuite indiqué avoir passé entre eux un pacte symbolique "de solidarité", en réponse au pacte criminel qui selon l'accusation aurait lié les époux Fourniret.
D'après ce pacte, révélé par des lettres saisies à un domicile du couple, Michel Fourniret s'était engagé à sa sortie de prison en 1987 à tuer le premier mari de Monique Olivier, à condition qu'elle l'aide à assouvir son fantasme de relations sexuelles avec des jeunes vierges. |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Lun 31 Mar 2008 - 17:13 | |
| Fourniret impassible lors du premier face-à-face avec une victime
Michel Fourniret, jugé devant la cour d'assises des Ardennes, a fait face lundi, pour la première fois au procès, à une de ses victimes présumées, l'adolescente belge qui avait réussi à s'échapper de sa camionnette en 2003, menant à son arrestation.
La cour qui juge l'ancien dessinateur industriel âgé de 65 ans pour sept meurtres de jeunes filles précédés de viols ou tentatives - au côté de son épouse et complice présumée Monique Olivier - a commencé l'examen des faits par l'un des trois autres dossiers ne s'étant pas soldés par un décès.
Le 26 juin 2003 alors qu'elle part à pied faire une course à Ciney (Belgique), Marie est abordée par l'accusé, au volant d'une Citroën C25, qui lui demande son itinéraire. Face à son insistance, l'adolescente de 13 ans monte à bord mais se retrouve rapidement à l'arrière, les pieds et mains liés.
"Je m'imaginais dans un film", raconte Marie, veste et pantalon marron. La jeune Belge d'origine burundaise est dos au public et aux journalistes, à qui la cour a finalement permis d'assister à la déposition dans la salle d'audience.
Elle raconte qu'à bord de la camionnette, elle a résisté à son agresseur en criant et en priant à haute voix.
"Il m'a dit +tais-toi sinon je te tue+ (...) tu dois me donner du plaisir, si tu ne me donnes pas du plaisir tu ne rentreras pas+", poursuit la jeune fille d'une voix posée, précisant avoir subi des attouchements à la poitrine.
La jeune fille réussit à se défaire de ses liens et un bouton permettant d'ouvrir de l'intérieur la portière coulissante du C25 sera providentiel. "J'ai ouvert, je me demandais +est ce que je saute ? Non ça va faire mal+, et à peine je me suis dit cela il s'est arrêté à un stop".
En remontant la route en courant en sens inverse, Marie est prise en charge par une automobiliste. Elles croisent le C25 qui a fait demi-tour. Marie reconnaît son agresseur et l'automobiliste Stéphanie Janton, qui a également témoigné à la barre, relève l'immatriculation, ce qui permettra l'arrestation.
Pendant ce récit, Michel Fourniret est resté impassible dans le box. Il avait évoqué quelques minutes auparavant son intention de remettre un document avec un dessin à la jeune fille, maintenant son souhait de ne pas s'exprimer oralement sur les faits.
"Ce week-end la réflexion que j'ai menée m'a amené à confirmer ma position", à savoir le souhait de garder le silence faute de huis clos, a-t-il déclaré en début d'audience, alors que le président Gilles Latapie lui demandait de s'exprimer sur ces faits précis.
"Dans le cas d'un procès public, je ne parlerai que du bout des lèvres, il y a donc quantité d'informations que les familles seraient assurées de ne jamais avoir", a-t-il ajouté.
Gilles Latapie tente à nouveau : "vous n'avez donc rien à dire sur ces faits du 26 juin 2003 ?".
"Je brûle d'envie de les commenter mais je ne le peux pas", rétorque Fourniret qui comparaît au côté de sa femme Monique Olivier, 59 ans.
A la suite du président plusieurs avocats des parties civiles se sont relayés pour essayer de le convaincre de revenir sur son voeu de mutisme.
"On peut imaginer que vous n'ayez pas envie d'exposer votre vie sexuelle devant tout le monde, mais aujourd'hui c'est votre procès (...), le train ne passera pas deux fois", a lancé Gérard Chemla, avocat de plusieurs familles.
Lundi, Michel Fourniret a accepté de venir au tribunal et n'y a pas été conduit sous la contrainte comme vendredi. |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Mar 1 Avr 2008 - 16:03 | |
| Les regrets de Monique Olivier
Monique Olivier, épouse de Michel Fourniret, jugée avec lui par la cour d'assises des Ardennes, a déclaré mardi pour la première fois qu'elle «regrettait» sa participation à certains des crimes reprochés à son mari, sans parvenir à expliquer sa passivité.
Sous le feu des questions lors de ce quatrième jour d’audience, l'épouse de Michel Fourniret a lâché d'une voix à peine audible: «avec le recul je regrette tout ce qui a été fait, c'est vraiment affreux». Un peu plus tôt, elle avait été confrontée aux lettres, échangées en 1987, entre Michel Fourniret, alors en prison à Fleury-Mérogis, et elle-même. Des courriers dans lesquels il faisait étalage de ses projets criminels.
Le pacte
«A ce moment-là vous l'aimiez Michel Fourniret?», a interrogé le président. «Non, mais j'étais tellement seule qu'il fallait que je m'imagine» éprouver cet amour, a répondu Monique Olivier. Et d’expliquer que si elle avait accepté le pacte proposé par Fourniret dans ces lettres, à savoir trouver de jeunes vierges en échange de son engagement à tuer son ex-mari, c'était pour «récupérer ses enfants» nés de cette union passée.
Isabelle Laville sera enlevée et tuée deux mois après la sortie de prison de Fourniret. C’est Monique Olivier qui conduit la voiture dans laquelle monte la jeune fille de 17 ans. «Un acte rituel du pacte satanique», selon Alain Behr, avocat de la famille Laville qui s'adresse d'un ton très ferme à Monique Olivier: «Qu'en pensez-vous?». Et elle de bredouiller: «Pas de réponse».
Responsables d'autres disparitions?
Le matin, un témoin de la partie civile avait laissé entendre que Michel Fourniret et Monique Olivier étaient impliqués dans d'autres disparition. Lors de son audition, Stéphane Brasseur, un inspecteur de police belge ayant participé aux interrogatoires des époux après l'arrestation de Michel Fourniret en juin 2003, dans le sud de la Belgique, a jeté le trouble sur les aveux de Monique Olivier. «Moi je pense qu'elle n'a peut-être pas tout dit, je pense qu'elle sait encore des choses», a-t-il déclaré à l'évocation du cas d'une jeune fille au pair disparue du jour au lendemain après avoir séjourné chez les Fourniret dans les années 1990.
Du pain béni pour un avocat des parties civiles qui s’est alors tourné vers l’épouse et complice présumée pour l’interpeller: «Madame Olivier, quand allez-vous livrer tous vos secrets?». Et elle de répondre: «J'ai tout dit, je ne vois pas pourquoi je cacherais autre chose». Pendant cet échange, Fourniret, qui d'habitude l'ignorait, a lancé un regard vers son épouse, guettant ses réponses puis restant sans réaction.
Lors de plusieurs interrogatoires en juin 2004, Monique Olivier en était progressivement venue à accuser son mari de neuf meurtres. Outre les sept jugés au procès, elle avait aussi évoqué le meurtre de Farida Hamiche, compagne d'un ancien codétenu de Fourniret, et celui par étranglement d'une jeune fille au pair qu'elle n'avait toutefois pas identifiée devant les enquêteurs. Celle-ci n'a jamais été retrouvée.
Au total, après de nouveaux aveux en juin 2005, ce sont onze meurtres que Monique Olivier a dénoncés. Les deux derniers sont ceux de Marie-Angèle Domèce et de la Britannique Joanna Parrish qui ont valu à la mi-mars une double mise en examen pour assassinat de Michel Fourniret, et d'elle pour complicité.
De son côté, Michel Fourniret a reconnu les sept homicides pour lesquels il est actuellement jugés, ainsi que celui de Farida Hamiche. |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Mer 2 Avr 2008 - 16:44 | |
| Procès Fourniret: les temps forts du mercredi 2 avril
Audience du matin: Les Fourniret face à la famille Laville
La cour d'assises des Ardennes a vécu d’intenses face-à-face entre les accusés et les parents d'Isabelle Laville, la première des sept victimes présumées de Michel Fourniret.
Premier convoqué à la barre, Jean-Pierre Laville, un retraité de la grande distribution, évoque, la gorge nouée, le souvenir d'une adolescente «sage, réservée, serviable». «Peut-être trop», souffle-t-il, au point d'accepter de monter dans la voiture d'une inconnue pour lui indiquer son chemin. Selon l’accusation, c’est Monique Olivier qui conduit, ce 11 décembre 1987.
Quelques mètres après avoir pris Isabelle, elle s’arrêtera auprès d'un homme faisant mine d'être en panne, un bidon d'essence à la main: c’est Michel Fourniret. La jeune fille, droguée avec des calmants, est ramenée au domicile du couple à Saint-Cyr-les-Colons (Yonne). Elle y aurait été victime d'un viol en réunion avant d'être étranglée par Michel Fourniret. Son corps n'avait été retrouvé qu'en juillet 2006 sur les indications de Michel Fourniret, gisant au fond d'un puits dans un petit village de l'Yonne.
«Madame Olivier, vous êtes une mère, mais pas une maman!»
Au père de sa victime présumée, Michel Fourniret assurera lors d'une reconstitution en 2006 «ne pas lui avoir fait de mal». «Comment peut-on ne pas faire de mal quand on tue», s'insurge Jean-Pierre Laville en regardant Michel Fourniret droit dans les yeux. Et d’ajouter: «Les familles sont là, elles attendent vos réponses, aurez-vous le courage de répondre?» Un silence pesant plus tard, il poursuit: «Je pense que vous n'aurez pas la lâcheté de rester dans votre box alors tous ici nous attendons la vérité, votre vérité!», insiste-t-il. Michel Fourniret réitère alors son exigence d'un huis clos. «Il vous suffit de dire un mot pour que je parle», assure-t-il avant de parler de lui à la troisième personne: «Ce type-là est disposé à vider entièrement ce qu'il porte (...) mais pas à s'exhiber devant un théâtre.»
«Vous êtes un homme petit, petit, (...) vous n'avez pas supporté cette petitesse alors vous vous en êtes pris à des mineures», enchaîne à la barre la mère d'Isabelle, Marie-Jeanne Laville. S'adressant à l'épouse de Fourniret, des sanglots dans la voix, elle lui dit: «Madame Olivier vous avez mis au monde des enfants, vous êtes une mère, mais pas une maman!» «Je ne veux plus rien entendre de vous, ça ne serait que mensonge», conclut-elle à l'attention des deux accusés. |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Jeu 3 Avr 2008 - 10:00 | |
| Monique Olivier raconte la mort d'Isabelle Laville
Monique Olivier se dit « désolée » d’avoir piégé Isabelle, une adolescente de 17 ans. Elle l’a fait pour Fourniret, « qui me demandait sans arrêt de lui offrir une fille vierge »… La sexagénaire tamponne l’aile gauche de son nez avec le mouchoir blanc sorti de sa poche de veste polaire. A-t-elle le rhume ou retient-elle une larme ? Monique Olivier, insondable, a beau réitérer des regrets, il est difficile de lui faire crédit de sentiments sincères. En matinée, sans une seule fois moufter, l’accusée a écouté les parents et une sœur d’Isabelle Laville, collégienne de 17 ans enlevée à Auxerre en décembre 1987. Une audition cruelle, qu’elle a encaissée tel un personnage de cire. A 14 h 20, le président Latapie lui donne la parole. Après la douleur des parents, l’horreur de la traque. Monique Olivier mène les familles de l’autre côté du miroir. « Euh… je ne sais pas par où commencer… » Elle évoque sa rencontre avec Michel Fourniret, qui sort de prison. « Il vous plaisait ? – Non, pas du tout, mais je n’avais personne. » Ils vivent en vase clos durant deux mois. Les relations sexuelles sont fréquentes, « trop », dit-elle.
« Il cherchait un peu partout »
En décembre 1987, les choses se gâtent. « Il me reprochait la façon dont j’avais perdu ma virginité. Il me demandait sans arrêt de lui offrir une fille vierge… J’espérais qu’il changerait d’idée, mais il insistait. Alors un jour, on est partis voir. » Le couple en maraude circule « dans des endroits fréquentés par les jeunes ». « Il cherchait un peu partout. Il voulait quelqu’un qui me représente. A l’époque, j’avais des cheveux longs et bruns… » Isabelle sort de l’école. « Il a trouvé que ça pouvait lui convenir », lâche-t-elle froidement, comme si elle parlait d’un pull-over. Les parents Laville, leur fille Sandra assise entre eux, se resserrent. Fourniret ferme les yeux, à se demander s’il ne revit pas la scène, s’il ne s’en délecte pas. « On l’a suivie pour voir le chemin qu’elle parcourait et, le lendemain, il m’a parlé de la mise en scène de la panne d’essence. »
La cordelette « pour l’empêcher de crier »
Monique part seule en voiture, elle repère Isabelle, lui demande son chemin. « Elle est confiante, elle monte, nous parlons. » Plus loin, Monique prend un auto-stoppeur avec un jerrycan à la main. Fourniret. « J’ai compris que ça n’allait pas quand il a passé la cordelette autour du cou de Mlle Laville, pour l’empêcher de crier. Là, j’ai commencé à paniquer », ahane l’accusée. Retour à la maison. Fourniret s’enferme avec Isabelle, shootée au Rohypnol, la drogue du viol. « Il n’arrivait pas à… à… à être en condition, il m’a demandé une fellation. Je me suis exécutée. » Monique refuse de dire à la cour qu’elle a contrôlé la virginité de la jeune fille. « J’ai vraiment, vraiment honte. J’ai agi d’une façon horrible. » Elle porte la main à son oreille, ses doigts tremblent.
Longtemps après, Michel Fourniret quitte la chambre. Il porte Isabelle dans ses bras. Elle est morte. Il la roule dans un tapis. Il la jette dans un puits. A Monique, ce soir-là ou quelques nuits plus tard, il fait un enfant, leur fils Sélim. Dix-neuf ans après, d’un puits de l’Yonne, les policiers exhument le corps d’Isabelle Laville. |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Ven 4 Avr 2008 - 8:37 | |
| Les facéties de l’accusé épuisent les familles
A chaque jour suffit sa peine : l’accusé propose désormais un procès en différé. Le soir, il écrira aux familles les réponses qu’elles espèrent. Et le lendemain, elles les liront. « Vous interprétez mon attitude comme vous voulez, je n’en changerai pas ! » Michel Fourniret a aboyé, l’avocat qui l’avait traité de trouillard s’est rassis. Les parties civiles ne sont pas dupes : « Il a peur de se tromper, de dire des choses qu’il n’a jamais dites. » Ainsi analyse-t-on au palais de justice de Charleville-Mézières la dernière fantaisie du prof de dessin des Ardennes. Le prévenu, qui fête aujourd’hui ses 66 ans dans le huis clos de sa cellule, puisque la cour ne siège pas, adore gribouiller, on le savait. Le voici donc sentencieux, faisant savoir aux parents qu’il répondra par écrit et en différé aux questions. A charge pour ses avocats de jouer les télégraphistes. « On verra si ses messages sont pertinents », répond Me Blocquaux, son défenseur. Le cas échéant, les poulets du sieur Fourniret seront versés aux débats, et donc lus publiquement.
« Une mise à mort »
L’homme à l’éternel pull bleu et au même polo beige se replie sur sa chaise tandis que l’assistance poursuit son vertigineux voyage en enfer. La version de Monique Olivier, exposée mercredi, a permis de supposer qu’Isabelle Laville n’a pas souffert. Stéphane Brasseur, le policier belge qui a recueilli les aveux de Fourniret en 2004, la contredit : « Ce fut une mise à mort. » Le dos de Jean-Pierre Laville s’arrondit. On apprend que l’adolescente « a crié », qu’elle était « crispée », « pas tout à fait inconsciente », en dépit du Rohypnol avalé. « Combien ? » demande le président. Monique hésite : « Je lui en ai mis une poignée dans la gorge, je ne me souviens pas des détails ! » D’un index rageur, elle éteint son micro. L’image de la complice passive, apeurée, se délite. Le témoin rapporte que la fin était « prévue dans le scénario » ; Monique en convient, contrainte : « Lorsqu’il m’a exposé son plan, je me suis doutée qu’il ne la laisserait pas partir vivante. Elle nous aurait dénoncés, identifiés. »
« Elle était pitoyable… »
Stéphane Brasseur rapporte le contenu des procès-verbaux. Fourniret : « Quand je l’ai montée dans la chambre, j’avais le sentiment de porter quelque chose qui était à moi. Le spectacle qu’elle offrait incitait à la pitié, il n’y avait rien de lubrique. En fait, elle était pitoyable. » Me Behr, au nom des Laville, veut des détails sur le viol. Fourniret dit qu’il leur écrira. L’avocat s’énerve : « On n’en veut pas, de vos billets ! Vous avez peur de vous exprimer ? Finalement, vous êtes plus faible que Monique Olivier. Elle est plus intelligente que vous. Vous souffrez d’un sentiment d’infériorité, M. Fourniret ? » L’accusé repositionne son micro, on l’imagine piqué au vif, éructant à l’intérieur. Folie que de croire cela ! Regard planté dans celui de Me Behr : « Je rends honneur à votre art consommé de l’asticotage, maître. Si j’étais avocat, j’aimerais avoir vos qualités. » |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Lun 7 Avr 2008 - 22:21 | |
| Alors que le procès Fourniret entrait dans sa deuxième semaine ce lundi, la cour d'assises des Ardennes a examiné les viol et meurtre de Fabienne Leroy, une étudiante de 20 ans... Ce qu'il faut retenir de l'audience.
Michel Fourniret continue à se murer dans le silence
Dès le matin, le principal accusé a reconnu laconiquement avoir, en 1988, enlevé, violé et tué d'une balle dans la poitrine Fabienne Leroy, âgée de 20 ans à l'époque (le deuxième des sept meurtres aggravés qui lui sont reprochés, ndlr). Mais il a refusé de s'expliquer, déclarant: «On ne demande pas pardon pour l'impardonnable». Il a réitéré son exigence de correction de l'acte d'accusation, un «torchon» selon lui, pour justifier son mutisme.
L'après-midi, la tentative de Gérard Chemla, un avocat de la famille Leroy, d'amorcer un dialogue avec l'accusé en lui proposant de répondre par des hochements de tête, a tourné court. «Si je mets le doigt dans l'engrenage, tout y passe. Je me connais», lui a lancé Michel Fourniret, après avoir répondu de cette manière à quatre questions.
Monique Olivier minimise son implication
Son épouse a été longuement interrogée sur sa participation dans ces faits qu'elle reconnaît, mais a éludé par des silences les questions sur les contradictions de ses différents témoignages, soulevées par l'avocat général et les avocats de la famille.
«Je regrette ce qui s'est passé, j'ai honte», a-t-elle déclaré, bredouillante et tremblante dans sa veste grise. L'épouse de Fourniret est revenue sur le déroulement de l'enlèvement, admettant avoir tenu en joue avec un pistolet à grenailles Fabienne Leroy pour la faire descendre du véhicule.
En revanche, elle nie avoir assisté au viol et au meurtre, ayant été congédiée par son mari en colère. «Michel Fourniret m'a demandé de vérifier la virginité de Mlle Leroy mais je n'ai pas pu le faire», a-t-elle dit au bord des larmes, contrairement à ses déclarations lors de l'instruction. «Il s'est ensuite mis en colère et m'a demandé de dégager car j'étais une inutile, une bonne à rien.» Monique Olivier serait alors remontée dans le véhicule, à distance de la scène du crime.
«Je trouve inadmissible d'avoir un bébé dans le ventre et d'être complice d'un meurtre» s'est insurgée en sanglots à la barre, Valérie, la soeur jumelle de Fabienne, en fixant l'accusée. Monique Olivier a déclaré ne pas se souvenir que son état de grossesse ait servi de prétexte pour aborder la victime présumée. |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Mar 8 Avr 2008 - 21:29 | |
| Michel Fourniret prend la parole pour défendre Monique Olivier...
L'accusé a pris spontanément la parole ce mardi pour défendre son épouse, qui comparait à ses côtés pour complicité. «Je pense que Monique Olivier ne ment pas quand elle se tient à cette position-là», a déclaré Michel Fourniret, en faisant référence aux déclarations à la cour de cette dernière. Monique Olivier maintient depuis le début de l'examen lundi de l'enlèvement, du viol et du meurtre de Fabienne Leroy, une étudiante de 20 ans, qu'elle n'a pas pratiqué d'injection à la victime présumée avant son meurtre
«Elle était physiquement présente, mais moralement absente. Son esprit était à dix mille kilomètres de là. Elle n'a pas fait d'injection», a poursuivi son mari. Jusqu'ici, Michel Fourniret s'était cantonné à des coups d'éclat pour faire savoir qu'il ne dirait rien sur le déroulement des crimes qui lui sont imputés, si la cour ne se réunissait pas à huis clos.
... Et s'énerve au sujet d'Estelle Mouzin
Plus tôt dans la journée, dans un échange vif avec Didier Seban, un avocat des parties civiles, Michel Fourniret a évoqué le cas d'Estelle Mouzin, victime extérieure au dossier. «Je suis en colère parce que je vous ai entendu proférer des âneries au sujet d'Estelle Mouzin», a crié l'accusé, assis dans son box, évoquant dans sa fureur une victime extérieure au dossier.
Dans une lettre adressée en juin 2007 au président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Reims, Michel Fourniret avait demandé la jonction de cette affaire ainsi que de celles de Joanna Parrish et de Marie-Angèle Domèce aux dossiers pour lesquels il est jugé devant la cour d'assises des Ardennes. Cette demande avait été rejetée par la justice. |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Mer 9 Avr 2008 - 21:39 | |
| Monique Olivier nie avoir tué Jeanne-Marie Desramault
Monique Olivier nie. Accusée avec Michel Fourniret du meurtre de Jeanne-Marie Desramault, une étudiante de 21 ans disparue en 1989 à Charleville-Mézières, elle a contesté mercredi l'accusation. Selon l'épouse du meurtrier présumé, si elle était bel et bien présente au moment des faits, elle n'a pas participé à la suffocation de la victime.
«Je sais que j'ai assisté à des choses horribles. Mais tuer quelqu'un, moi, non.» Le meurtre de Jeanne-Marie Desramault est le seul parmi les sept homicides aggravés reprochés à Michel Fourniret pour lequel son épouse est poursuivie pour meurtre. Dans les autres dossiers, l'ancienne garde-malade est accusée de complicité.
De son côté, le principal accusé s'est à nouveau muré dans le silence. Il s'est cantonné en début d'audience à un laconique «je reconnais les faits», comme il l'avait fait dès lundi pour le meurtre de Fabienne Leroy.
Ce 19 mars 1989…
Le 19 mars 1989, il avait réussi à convaincre Jeanne-Marie Desramault - qu'il avait déjà rencontrée avec son épouse - de l'accompagner jusqu'à son domicile de Floing (Ardennes). Michel Fourniret avait alors tenté de la violer. Devant sa résistance, il l'avait finalement étranglée, selon sa version. Il avait ensuite transporté le corps jusqu'au château du Sautou, autre propriété du couple, où il l'avait enterrée.
Selon l'accusation, les époux Fourniret avaient multiplié les manoeuvres de «mise en confiance» de la victime. Après l'avoir abordée dans le train entre Lille et Charleville-Mézières, Michel Fourniret s'était arrangé pour la rencontrer fortuitement avec Monique Olivier. Le couple, qui s'était présenté sous un faux nom, avait invité la jeune femme dans un restaurant en Belgique. «Elle nous avait fait part de sa rencontre avec des gens très sympathiques», a rappelé à la barre Soeur Marie-Gérard, religieuse du couvent des Bernardines où résidait l'étudiante. «Elle était sans malice, elle faisait confiance.» Une semaine avant la disparition de l'étudiante, Monique Olivier avait également téléphoné au couvent à la demande de son mari sous son faux nom, pour prendre de ses nouvelles.
Des bandes d'élastoplast qui laissent penser à une suffocation
A l'exhumation du corps en 2004, deux bandes d'élastoplast avaient été découvertes sur le crâne de la victime au niveau du nez et de la bouche, laissant penser à un décès par suffocation. «Il était posé en forme de croix. Il était bien appliqué, pas posé à la va-vite», a rappelé à la barre le capitaine Dominique Jacquemin, enquêteur au SRPJ de Reims.
Tout au long de l'audience, Monique Olivier a fermement nié avoir posé sur le visage de la victime un tel bâillon pour l'empêcher de crier. «Je ne l'ai pas fait», a-t-elle constamment répété aux deux avocats des parties civiles qui se sont relayés pour l'interroger. «C'est le seul point sur lequel vous êtes précise!», s'est insurgé Me Didier Seban, l'avocat de la famille Desramault. «Si Michel Fourniret m'a demandé d'aller chercher l'élastoplast, j'ai dû le faire», s'est-elle contentée de dire. |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Lun 14 Avr 2008 - 15:16 | |
| les temps forts du 14 avril
Cette nouvelle journée d'audience a été marqué par l'examen particulièrement pénible de l'affaire Elisabeth Brichet, disparue à 12 ans.
10h: Les parents d’Elisabeth Brichet, disparue à l'âge de 12 ans demandent des comptes.
Sa fille avait 12 ans lorsqu’elle a disparu sur le chemin de son domicile, le 20 décembre 1989 près de Namur, en Belgique. Depuis, Marie-Noëlle Bouzet, la mère d'Elizabeth Brichet, n’a pas ravalé sa colère. Lundi, elle a vivement critiqué les institutions judiciaires belge et française. «Elizabeth, (...) l'inconscience et l'incurie de la justice t'ont assassinée. (...) Quinze années d'erreurs d'un système judiciaire qui n'a que faire du viol et des tortures, sauf en temps de guerre», a-t-elle déclaré à la barre, espérant que l'affaire puisse servir à «améliorer le système qui semble bien peu approprié à traiter ces gens-là».
Et de poursuivre, très émue, à l'attention du président de la cour, Gilles Latapie: «Il y a l'émotion dans le prétoire, et après? Il y a bien d'autres Fourniret. Les enfants sont leur trésor de guerre, ils font des émules en prison, ils se nourrissent de leurs meurtres et de leurs viols, vous le savez, vous les connaissez.» Quant à Francis Brichet, le père d’Elisabeth, il a d’abord décrit Fourniret comme «un monstre mythologique s'offrant des jeunes vierges», avant d’interpeller Monique Olivier. «Quand on ajoute qu'une mère préparait les victimes pour le festin, cela devient abominable», a-t-il déclaré.
15h: L'audience suspendue à la suite du malaise d'un magistrat
Le magistrat, Jérome Lizet, 37 ans, l'un des deux assesseurs du président de la cour d'assises, Gilles Latapie, a été victime d'une «chute de tension» aux environs de 12h en fin d'audience. Il a été transporté à l'hôpital de Charleville-Mézières, selon le magistrat chargé des relations avec la presse, Christophe Aubertin. A la reprise des débats à 15h, le président Gilles Latapie a annoncé que l'audience consacrée à l'examen du meurtre d'Elizabeth Brichet était suspendue. Elle reprendra mardi à 9h. Le président n'a pas voulu pour l'instant faire appel à l'assesseur suppléant prévu par la cour en cas de défaillance d'un des magistrats.
Son corps retrouvé quinze ans plus tard
Le corps d'Elizabeth Brichet a été découvert près de quinze ans après sa disparition, en juillet 2004, au château du Sautou à Donchery (Ardennes), l'ancienne propriété du couple Fourniret.
En début d'audience, Michel Fourniret a reconnu l'enlèvement, la séquestration et le meurtre de l'adolescente. En revanche, comme lors de l'instruction, il a contesté la tentative de viol. De son côté, Monique Olivier, renvoyée pour complicité, a refusé de reconnaître une partie des charges. «Je ne l'ai pas violée ni tuée», a-t-elle bafouillé.
Peu après, Me Paul Lombard, l'avocat de Francis Brichet a exhorté Michel Fourniret à réussir «sa sortie» et à répondre aux questions. «Vous qui avez tous les courages horribles, peut-être aurez-vous un dernier courage, celui que vous devez à des familles qui ont souffert», a déclaré l’avocat, fixant des yeux l'accusé. Après une courte hésitation, Michel Fourniret a finalement réitéré son exigence de huis clos. |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité Mar 15 Avr 2008 - 16:22 | |
| les temps forts du mardi 15 avril
12h: «Le côté rationnel qui s’exprime»
«Ça va très vite (...) à partir du moment où la résistance se manifeste, je dois contrer cette résistance, la faire taire». Cette phrase a été prononcée le 15 juillet 2004 par Michel Fourniret, alors interrogé par la police belge. Elle a ressurgi mardi lorsque la cour a diffusé des extraits vidéo des aveux du tueur en série présumé, dans le cadre de l’affaire Elisabeth Brichet, entamée la veille. «La nécessité (de l'étranglement) apparaît pour faire taire les protestations, pour faire taire le regard», poursuit le suspect d'une voix calme. Une éloquence qui tranche avec le silence obstiné dans lequel s’est réfugié l’accusé depuis le début de son procès, le 27 mars. En Belgique, la loi permet de filmer les interrogatoires de suspects sur autorisation du juge d'instruction. Les extraits diffusés mardi sont considérés comme des éléments du dossier et non des pièces à conviction. A l'enquêteur qui, sur la vidéo, l'interroge sur la raison de l'enfouissement du corps, Michel Fourniret explique froidement: «Le technicien que je suis tente de savoir où il en est. Là c'est le côté rationnel qui s'exprime.» Dans un autre extrait, il explique qu'il «n'aurait toléré aucune rébellion» de la part de son épouse. «Je lui ai fait comprendre que si elle prenait une initiative, sa vie et celle de Sélim (le fils du couple né en 1988, ndlr) étaient en danger» déclare-t-il. L’accusé est également montré en train de pleurer. En des termes confus, s'essuyant les yeux, il fait référence à la Vierge Marie.
Auparavant, la cour a visionné trois extraits de cinq minutes, tirés d'une vidéo réalisée lors d'aveux de Monique Olivier, également recueillis par la police belge, le 30 juin 2004. Elle finit par y reconnaître sa présence et celle de Sélim, alors âgé d'un an, dans la voiture lors de l'enlèvement de l'adolescente. D'une voix assurée, l'ancienne garde-malade déclare avoir été «complice, mais complice forcée» de son mari. Et d’ajouter: «J'aurais dû avoir le courage d'aller le dénoncer (...) plutôt que de me taire.» Les deux accusés sont restés impassibles pendant la diffusion de la vidéo.
15h: Un procès trop médiatique? En début d'audience, Richard Delgenes, l'un des avocats de Monique Olivier, s'est élevé contre la participation de Gérard Chemla, un avocat des parties civiles, à l'émission de télévision «Mots croisés» diffusée lundi soir sur France 2 et consacrée au procès Fourniret. «Si la médiatisation des grands procès est aujourd'hui un phénomène que nul ne remet en cause, il convient de rappeler à chacun que la conviction de la cour et du jury ne peut se fonder que sur des arguments qui ont été contradictoirement débattus à l'audience», a fait savoir dans un communiqué le magistrat chargé des relations avec la presse, Christophe Aubertin. La cour rappelle ainsi que les débats entre les acteurs du procès sur les faits examinés doivent se dérouler devant la cour et non dans les médias, arguant que «le principe est la garantie d'un procès équitable». |
|  | | jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: les temps forts du mercredi 16 avril Mer 16 Avr 2008 - 15:16 | |
| Ce n’est pas le procès du meurtre de leur fille, mais les parents de Joanna Parrish ont choisi d’assister au procès de Michel Fourniret, mercredi, alors que la cour se penche sur l’affaire de Natacha Danais. Le tueur en série présumé a été mis en examen dans cette affaire, avant l’ouverture du procès de Charleville-Mézières, et sera jugé ultérieurement pour l'assassinat de la jeune Britannique, enlevée, violée et tuée en 1990 près d'Auxerre (Yonne), à l’âge de 20 ans.
«Lorsque Michel Fourniret et Monique Olivier sont interrogés, il apparaît qu'ils confondent certaines affaires. Il y a des circonstances communes entre l'affaire de Joanna et celles de Natacha Danais et de Fabienne Leroy. C'est pour cela que nous sommes ici», a expliqué Roger Parrish, 75 ans, le père de Joanna, en présence de la mère de la jeune fille, Pauline Sewell, 63 ans. «Ce que nous savons de Michel Fourniret et Monique Olivier, c'est ce que nous avons lu dans les journaux ou vu à la télé. Il est important que nous nous fassions une idée. Mais nous avons aussi été avertis qu'il n'y avait pas grand-chose à attendre d'eux», a-t-il poursuivi, précisant que lui et sa femme assisteraient également à l’audience de jeudi. |
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