chez Jacotte Mimi et leurs amis

Jacotte et Mimi vous souhaite la bienvenue....Le forum est sans inscription laisser des commentaires merci .... A bientot
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5  Suivant
AuteurMessage
jacotte
administratrice


Féminin Nombre de messages : 37803
Age : 51
Date d'inscription : 20/02/2005

MessageSujet: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Jeu 24 Jan - 18:46:28

La Société Générale, une des trois premières banques françaises, a révélé jeudi avoir perdu 7 milliards d'euros, dont près de 5 milliards de pertes provoquées par un de ses traders dans la fraude la plus colossale de l'histoire de la finance mondiale.
En pleine tourmente boursière mondiale, la banque a été contrainte d'annoncer cette fraude interne de 4,9 milliards, auxquels s'ajoutent 2 milliards d'euros de dépréciations liées à la crise des "subprimes".

L'employé à l'origine de la fraude, opérant à Paris et dont l'identité n'a pas été révélée, a été relevé de ses fonctions.

Après avoir été suspendue à la demande de la banque, l'action de la Société Générale enregistrait une nette baisse à la reprise de sa cotation à la Bourse de Paris (-4,84% à 11H13 GMT), alors que les spéculations étaient relancées sur un éventuel rachat par une concurrente.

Selon les explications de la banque, la fraude a été découverte le 19 janvier: un trader, opérant dans une sous-division de ses activités de marché, a profité de "sa connaissance approfondie des procédures de contrôle", pour "dissimuler ses positions grâce à un montage élaboré de transactions fictives".

La Société générale a liquidé depuis ces positions mais compte tenu de leur taille et "des conditions de marché particulièrement défavorables", cette fraude a un impact négatif de 4,9 milliards d'euros sur son résultat net.

Lors d'une conférence de presse convoquée d'urgence, le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton , a tenté de s'expliquer sur cette fraude gigantesque et a présenté ses "excuses" aux actionnaires.

"C'est un homme seul qui a construit une entreprise dissimulée à l'intérieur du groupe en utilisant les instruments de la Société Générale et qui a eu l'intelligence d'échapper à toutes les procédures de contrôle", a-t-il déclaré.

Il a précisé que le trader avait "agi tout au long de l'année" 2007 et qu'une plainte allait être déposée à son encontre.

Le trader "a joué, mais pas à son profit", a déclaré une source syndicale à l'issue d'une réunion avec la direction.

De son côté, l'avocat d'une centaine d'actionnaires de la banque a affirmé avoir déposé une plainte pour "escroquerie, abus de confiance, faux, usage de faux et complicité, et recel".

La Banque de France a annoncé dans la foulée qu'une enquête allait être diligentée pour examiner les conditions dans lesquelles cette fraude est intervenue.

Interrogé en marge du forum de Davos, en Suisse, le Premier ministre François Fillon a parlé d'une fraude "très importante" et d'une "affaire sérieuse".
Mais il a souligné qu'elle n'avait "rien à voir" avec la tourmente actuelle des marchés mondiaux et rappelé que la Société Générale affichait malgré tout un bilan positif.

De fait, malgré les 6,9 milliards perdus, la banque a annoncé un bénéfice net en 2007, estimé entre 600 et 800 millions d'euros.
Mais la chute est spectaculaire par rapport au résultat net de 5,221 milliards en 2006.

Pour faire face à la situation, la Société Générale a indiqué qu'elle allait procéder à une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros.

La banque avait déjà été critiquée par les analystes financiers pour son silence ces derniers jours alors que le titre chutait en pleine crise des "subprimes" (prêts immobiliers à risques américains).
Il a perdu plus de 20% de sa valeur depuis le début de l'année, et plus de 40% sur les six derniers mois.

En février 1995, un courtier britannique de 28 ans installé à Singapour, Nick Leeson, avait fait perdre 1,4 milliard de dollars à la Barings, la plus ancienne banque britannique, en raison de "mauvaises positions" prises sur les marchés dérivés. L'établissement avait fait banqueroute.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
jacotte
administratrice


Féminin Nombre de messages : 37803
Age : 51
Date d'inscription : 20/02/2005

MessageSujet: Kerviel en garde à vue   Sam 26 Jan - 17:54:18

Le jeune trader, accusé d'avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros à la Société Générale, est entendu par la brigade financière.
Jérôme Kerviel est en garde à vue. La brigade financière entend depuis le début de l'après-midi le jeune trader de 31 ans, que la Société Générale, son employeur, accuse d'être à l'origine de la plus grave fraude bancaire de tous les temps.

Une voiture banalisée et fortement escortée a pénétré samedi en début d'après-midi au siège de la brigade financière de Paris pour y emmener le jeune homme, qui n'était donc pas en fuite comme on pouvait le penser.

La police s'est par ailleurs rendue vendredi soir au siège de la Société Générale, dans la quartier de la Défense à Paris. La banque a remis aux enquêteurs des «pièces utiles», notamment des fichiers informatiques appartenant à Jérôme Kerviel, le «trader fou» dont les opérations boursières risquées ont coûté 4,9 milliards d'euros à la Société Générale, selon les affirmations de la banque.

Deux plaintes sont instruites par le parquet de Paris, qui a ouvert une enquête préliminaire, confiée à la brigade financière. La première, contre X, a été déposée au nom d'un petit porteur pour «escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux, complicité et recel». La Société Générale a également déposé une plainte pour «faux et usage de faux» et «atteinte au système de traitement automatisé des données».


Scepticisme

François Fillon a réclamé au ministère de l'Economie un rapport «sous huit jours» pour tenter de lever les nombreuses zones d'ombre entourant cette affaire. La commission des Finances du Sénat compte pour sa part auditionner mercredi prochain le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Le député UMP des Hauts-de-Seine Frédéric Lefèbvre annonce samedi qu'il souhaiterait l'audition de Daniel Bouton et du gouverneur de la Banque de France Christian Noyer devant la commission des finances de l'Assemblée.

Pendant ce temps, le scepticisme continue de régner sur la version défendue par le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton, dans nos colonnes. La banque assure de Jérôme Kerviel aurait agi seul, parvenant à déjouer tous les contrôles et à miser des sommes colossales sur des prises de positions boursières risquées, obligeant la Société Générale à liquider en catastrophe et secrètement ces placements, ce qui pourrait avoir aggravé le plongeon des bourses mondiales en début de semaine.

Daniel Bouton réfute totalement les accusations de certains analystes, qui estiment que la banque cherche, au travers de cette affaire, à déguiser des pertes dûes à la crise des submprimes. C'est le cas notamment de Raymond Soubie, l'un des conseillers du chef de l'Etat, qui jugeait vendredi «très étonnant qu'une seule personne» ait pu miser autant d'argent sur les marchés.

En visite en Inde, Nicolas Sarkozy s'est voulu rassurant, évoquant «un problème interne» à la Société Générale, «qui ne touche pas la solidité ni la fiabilité du système financier français».


Royal évoque la «connivance des puissants»

Les réactions politiques se succèdent également. Ségolène Royal a dénoncé devant des militants «cette espèce de connivence, en haut, des puissants et de ceux qui jonglent avec les milliards pendant qu'à la base les petits ont du mal à vivre, à survivre». L'ex-candidate socialiste fustige un «lcapitalisme devenu incompétent, irresponsable, intolérable, désinvolte» et réclame «que les banques, grâce à une loi bien claire, cessent de se faire du beurre sur le dos des plus modestes».

_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Lun 31 Aoû - 21:58:54

Jérôme Kerviel renvoyé en correctionnelle



L'ex-trader de la Société générale Jérôme Kerviel,tenu pour responsable d'une perte de 4,9 milliards d'euros en janvier 2008,est renvoyé en correctionnelle,a déclaré son avocat.


"L'ordonnance de renvoi a été signée ce soir à 17h00",a dit Me Olivier Metzner.

Jérôme Kerviel,32 ans,sera notamment jugé pour "faux et usage de faux" et "abus de confiance".

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Ven 12 Fév - 19:39:17

Kerviel jugé du 8 au 23 juin

Jérôme Kerviel,l'ancien trader de la Société générale accusé par la banque d'être à l'origine de pertes de près de cinq milliards d'euros, sera jugé du 8 au 23 juin,a décidé vendredi le tribunal de grande instance de Paris lors de l'audience de fixation.

Ce procès se déroulera devant la 11e chambre correctionnelle les mardi et mercredi après-midi la première semaine puis les lundi,mardi et mercredi les deux suivantes.

Ces dates conviennent à Me Olivier Metzner,avocat de Jérôme Kerviel,qui doit également défendre Jean-Marie Messier au mois de juin.

Le procès Vivendi est en effet prévu en matinée les mercredi,jeudi et vendredi.

L'ancien trader avait été renvoyé le 31 août dernier devant le tribunal correctionnel par les juges d'instruction Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset.

Jérôme Kerviel,qui a toujours affirmé que sa hiérarchie avait eu connaissance de ses choix,sera jugé pour "abus de confiance","faux et usage de faux" et "intrusion dans un système de traitement automatisé de données informatiques".

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Mar 8 Juin - 16:47:58

Le procès de l'ex-trader Jérôme Kerviel s'ouvre à Paris

Le procès de Jérôme Kerviel,ex-trader de la Société générale tenu pour responsable d'une perte record de 4,9 milliards d'euros en 2008,s'est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Paris.


Jérôme Kerviel


Le jeune homme,en costume-cravate et chemise blanche,visage tendu, yeux cernés,est arrivé au tribunal avec son avocat Olivier Metzner,entouré de dizaines de photographes et de cameramen.

Il a déclaré la profession de "consultant" et le salaire de 2.300 euros par mois lors de son interrogatoire d'identité.

"Nous espérons que la transparence va se faire,que la vérité ne sera pas obstruée par la Société générale,comme elle a pu l'être pendant deux ans", a dit Olivier Metzner aux journalistes.

Près d'une centaine de médias français et étrangers sont accrédités pour suivre ce procès qui coïncidera avec un sommet du G20 au Canada sur l'encadrement du secteur financier.

Une quarantaine de témoins sont convoqués pour les audiences programmées jusqu'au 25 juin.

Poursuivi pour "faux,usage de faux,abus de confiance,introduction frauduleuse de données dans un système informatique",Jérôme Kerviel,33 ans,encourt jusqu'à cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende.

Il se voit reprocher des positions à risque vertigineuses de 2005 à 2008 sur des indices boursiers européens, ayant atteint plus de 49 milliards d'euros, dissimulées selon l'accusation à son employeur.

Les juges d'instruction fondent essentiellement les charges sur les propres déclarations du trader,qui a reconnu que la limite d'engagement au-delà d'une journée pour les huit traders de l'unité où il travaillait était à 125 millions d'euros.

La Société générale,qui est partie civile,lui impute la responsabilité exclusive de l'affaire et entend demander une "sanction exemplaire".

"Nous rappelons que la Société générale a été victime de la fraude.

La banque est partie civile,il faut arrêter de faire croire qu'elle est sur le banc des accusés",a-t-on dit à Reuters avant le procès au sein de la banque.

"Ce procès est important pour tourner la page",ajoute-t-on.

METZNER PROMET DES NOUVELLES PIÈCES

L'ex-trader reconnaît des fautes mais incrimine sa hiérarchie,qui aurait fermé les yeux sur ses agissements.

Il accuse plus largement le système financier qui l'aurait conduit dans un "engrenage",le titre de son livre.

Olivier Metzner entend produire à l'audience des documents montrant selon lui que les agissements de Jérôme Kerviel ne pouvaient être ignorés de la banque,notamment une base de données où sont enregistrés tous les ordres.

Exonérée sur le plan pénal,la Société générale n'est pourtant pas sortie indemne de l'enquête,qui a montré qu'elle avait négligé plus de 70 alertes internes et externes sur le comportement de Jérôme Kerviel.

Le défaut de contrôle a valu à la banque une amende de quatre millions d'euros infligée par la Commission bancaire.

Seront aussi parties civiles plusieurs petits actionnaires représentés par l'avocat Frédérik-Karel Canoy.

Ce procès a pour toile de fond un intense débat international sur les marchés financiers,avec un vaste projet de réglementation aux Etats-Unis.

Le renforcement des contrôles internes et externes des salles de marchés, l'interdiction éventuelle aux banques de dépôt des activités de spéculation pour compte propre et une restriction des activités risquées sont à l'étude.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Mar 8 Juin - 17:14:58

L'ex-PDG de la SocGen refuse de venir au procès Kerviel

L'ancien PDG de la Société générale Daniel Bouton a refusé mardi de venir témoigner au procès de son ex-trader Jérôme Kerviel,tenu pour responsable d'une perte record de 4,9 milliards d'euros en 2008.

Il a communiqué cette décision dans une lettre lue par le président du tribunal à l'ouverture du procès.

Il explique qu'il a déjà déposé à l'instruction et qu'il ne juge pas utile de revenir au procès.

Frédérik-Karel Canoy,avocat de petits actionnaires,a demandé qu'on utilise la force publique pour le faire venir.

Me Olivier Metzner,avocat de Jérôme Kerviel,ne s'est pas rangé à cet avis, expliquant qu'il pouvait se passer de sa déposition et s'en tenir aux dépositions figurant au dossier.

Le procureur a dit s'en rapporter à la décision du tribunal mais ce dernier l'a reportée.

"Il sera apprécié le moment venu s'il faut requérir la présence de M. Bouton",a dit son président Dominique Pauthe.

Daniel Bouton a dû quitter ses fonctions à la suite de l'affaire et sous la pression de l'Elysée.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Mar 8 Juin - 20:09:44

Selon son avocat,Jérôme Kerviel n'était qu'un 'pion'

Le procès de Jérôme Kerviel,l'ancien trader de la Société générale poursuivi pour une perte,qu'il conteste,de près de 5 milliards d'euros début 2008, s'est ouvert,mardi 8 juin.

Lors de la première séance,le président Dominique Pauthe l'a longuement interrogé sur sa personnalité et son profil psychologique,relevant dans le rapport d'un expert que 'l'absence de contrôle' l'aurait conduit à 'réitérer sa stratégie'.


Pour se défendre,M. Kerviel a affirmé que "les encouragements journaliers de [ses] supérieurs" l'ont incité à continuer,répétant qu'ils étaient au courant de ses prises de position dès lors qu'elles rapportaient de l'argent.

Poursuivi pour abus de confiance,faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système informatique,le jeune homme de 33 ans encourt cinq ans de prison,375 000 euros d'amende et 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts que lui réclame la Société générale.

Son avocat,Me Olivier Metzner,a déclaré être en mesure de produire des documents montrant selon lui que les agissements de Jérôme Kerviel ne pouvaient être ignorés de la banque,notamment une banque de données où sont enregistrés tous les ordres.

"Ce n'est pas un homme qui est responsable de cela mais un système.

Celui qui comparaît devant le tribunal est un pion,un pion qu'on a utilisé et dont on a tiré profit,et,quand on n'a plus eu besoin lui,qu'on a jeté",a-t-il dit aux journalistes avant l'ouverture du procès.

Me Metzner plaidera la relaxe.

"AGISSEMENT FRAUDULEUX"

Il aura face à lui sept parties civiles : la Société générale et des petits porteurs,salariés ou retraités actionnaires de la banque.

Les avocats de la Société générale considèrent de leur côté que ce n'est pas parce que ses services de contrôle se sont avérés défaillants que Jérôme Kerviel était autorisé à "la mettre en péril par ses agissement frauduleux".

Exonérée sur le plan pénal, la Société générale n'est pourtant pas sortie indemne de l'enquête,qui a montré qu'elle avait négligé plus de soixante-dix alertes internes et externes sur le comportement de Jérôme Kerviel.

Emblématique des dérives du monde de la finance,très médiatisé,le procès durera près de trois semaines,jusqu'au 25 juin.

Une quarantaine de témoins sont attendus.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Mar 8 Juin - 23:07:29

Kerviel accuse sa hiérarchie

Dès le premier jour de son procès,l'ancien trader s'est montré offensif en affirmant que la Société Générale l'avait "encouragé" à poursuivre ses actions.



L'ancien trader de la Société Générale Jérôme Kerviel s'est montré combatif mardi 8 juin à l'ouverture de son procès.

Il a affirmé d'emblée que sa hiérarchie ne pouvait pas ignorer les opérations qui lui sont reprochées et ont conduit à une perte de 4,9 milliards d'euros début 2008.

"Tout se voit, tout s'entend" dans une salle de marchés,a-t-il déclaré devant le tribunal,alors que la première audience étudiait la personnalité du jeune homme de 33 ans,qui encourt cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende.

"Les encouragements journaliers de mes supérieurs ne m'ont pas freiné, ils m'ont plutôt encouragé" à continuer à prendre des risques,a-t-il affirmé.

Donnant le ton de la défense,son avocat Olivier Metzner a fait projeter sur grand écran un plan de la salle dans laquelle travaillait son client.

Traders alignés,proches les uns des autres,et "cinq hiérarques" à proximité, a remarqué l'avocat.

A la question de savoir s'il était "possible qu'un Kerviel solitaire" passe des ordres pour des milliards d'euros sans que personne ne sache rien,l'ancien trader a répondu "impossible,pas pendant plus d'une journée en tout cas".

"40 personnes pendant 48H00" pour identifier la fraude

En fin d'audience,Me Metzner a montré un extrait du fichier dans lequel étaient enregistrées les opérations des traders de la Société Générale,y voyant la preuve que les engagements de Kerviel étaient facilement repérables.

Mais pour Claire Dumas,adjointe au directeur des "risques opérationnels" de la banque,qui intervenait pour la partie civile,ce n'était aussi simple.

Elle a expliqué qu'en janvier 2008,il avait fallu "40 personnes pendant 48H00" pour identifier la "fraude",preuve de sa complexité selon elle.

Selon l'accusation,Jérôme Kerviel a pris des positions spéculatives exorbitantes sur les marchés financiers à l'insu de sa hiérarchie,en déjouant les contrôles à l'aide d'opérations fictives et fausses déclarations.

Une enquête a démontré les carences des contrôles,mais l'instruction n'a pas établi de complicités,et Jérôme Kerviel est seul poursuivi pour abus de confiance,faux et usage et faux et introduction frauduleuse de données.

Le jeune homme a admis avoir commis des erreurs et perdu le sens des réalités.

Il reconnaît aussi avoir enregistré des opérations fictives pour camoufler des engagements réels,mais assure que c'était monnaie courante et surtout que ses supérieurs savaient.

Au début de l'audience,Jérôme Kerviel,costume gris sombre sur chemise blanche et cravate rose,a sobrement décliné son état-civil devant le tribunal: "célibataire,consultant informatique",avec un revenu de "2.300 euros" par mois.

40 témoins en trois semaines

Juste avant, il s'était difficilement frayé un chemin pour parvenir à la salle d'audience,freiné par des dizaines de journalistes accrédités pour ce procès au retentissement international.

Dès le début,une première passe d'armes a eu lieu entre avocats à l'appel des quelque 40 témoins qui seront entendus au fil des trois semaines d'audiences.

Un représentant de petits actionnaires a cité comme témoin l'ancien PDG de la banque,Daniel Bouton.

Celui-ci a écrit au tribunal qu'il doutait de l'intérêt de son audition,mais se disait prêt à venir si on le lui demandait.

Me Jean Veil,pour la Société Générale,se lève.

"Sauf à organiser le cirque Barnum",l'avocat estime "ridicule" de le faire venir.

Le président Pauthe,se comparant à un Monsieur Loyal,en conclut qu'il en décidera au vu des débats.

Les premiers témoins seront entendus mercredi après-midi.

Parmi eux: un ancien patron de Jérôme Kerviel,Jean-Pierre Mustier,et un ancien président de l'Autorité des marchés financiers (AMF),Jean-François Lepetit.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Mer 9 Juin - 19:34:33

Ce témoin qui "ne connaît pas le dossier" Kerviel



Jérôme Kerviel et son avocat Olivier Metzner à leur arrivée au palais de justice de Paris, le 9 juin 2010.

Deuxième jour d'audience pour le procès de l'ex-trader accusé d'avoir fait perdre 4.9 milliards d'euros à la Société générale.

Le témoin,ex-président de l'Autorité des marchés financiers,veut en rester à une présentation générale.


L'ancien président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) Jean-François Lepetit a été le premier témoin appelé à la barre mercredi après-midi,au deuxième jour du procès de l'ancien trader de la Société Générale Jérôme Kerviel.

Cité par la banque,partie civile,Jean-François Lepetit,68 ans,a commencé par décliner son identité et résumer sa carrière,debout au micro devant le président de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris,Dominique Pauthe.

Il précise qu'il est venu donner un éclairage général sur les salles de marché, et non un éclairage sur l'affaire Kerviel.

"Le risque est la matière première d'une salle",raconte-t-il,"et ce qui est rentable,c'est de prendre des risques calculés".

Selon lui,"il arrive que les limites soient dépassées,mais dans ce cas,la transparence est toujours de rigueur".

"Funambule dans un champ de tir"

L'ancien président de l'AMF précise qu'il a lu le livre Kerviel, ne "connaît pas le dossier","n'a pas compris toute l'histoire",ni "le rôle de Kerviel" au sein du Delta One.

Il répond tout de même aux avocats de la Société générale qui l'interroge sur le fait que la banque a pu passer à côté des opérations frauduleuses de Kerviel,compare l'ex-trader à "un somnambule dans un champ de tir".

Mais il évite les interrogations d'Olivier Metzner, l'avocat de l'ex-trader. "Je ne connais pas le dossier", répète le témoin de la partie civile. Soupirs dans la salle à chaque fois qu'il dit ces mots.

Après avoir cuisiné Jean-François Lepetit pendant près d'une demi heure, Me Metzner lui arrache que la Société Générale avait peut-être des problèmes de contrôle.

"Merci,merci",se félicite l'avocat de Kerviel.

Comme la veille,Jérôme Kerviel,costume sombre,chemise blanche au col desserré cette fois,cravate rose-mauve,s'est assis sur une chaise placée devant le banc des avocats,de la défense et de la partie civile.

Il paraît plus détendu que mardi.

Mais il n'a pas encore pris la parole...

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Jeu 10 Juin - 13:47:38

Kerviel assure qu'il voulait faire gagner la Société Générale


La Société générale impute à Jérôme Kerviel la responsabilité exclusive de l'affaire


Jérôme Kerviel,ex-trader de la Société générale tenu pour responsable d'une perte record de 4,9 milliards d'euros en 2008,a assuré qu'il avait agi dans le but de "faire de l'argent pour la banque".

Au deuxième jour de son procès,il a confirmé avoir pris des positions à risque vertigineuses de 2005 à 2008 sur des indices boursiers européens,ayant atteint plus de 49 milliards d'euros.

Prié de dire s'il pensait que c'était dans la limite des règles fixées,il a répondu : "Probablement pas.

Mon objectif était de faire de l'argent pour la banque".

Le jeune homme a expliqué que la limite globale quotidienne de 125 millions d'euros d'engagement fixée aux huit traders de l'unité où il travaillait n'était que théorique.

"Dans la mesure où elle était tout le temps dépassée,la limite était poreuse et on ne nous a jamais embêtés",a-t-il dit.

Ce point est le coeur de la défense du jeune trader,qui prétend que l'univers de sa banque était hypocrite.

Des documents internes de la Société générale lus à l'audience montrent en effet que les limites étaient dépassées,mais de quelques millions.

Jérôme Kerviel reconnaît avoir saisi des opérations fictives pour dissimuler ses agissements,mais assure parallèlement que sa hiérarchie fermait les yeux,des déclarations que l'accusation voit comme contradictoires.

Le président du tribunal lui a lu des documents contractuels de la banque qui lui prescrivaient d'"être de bonne foi",de "ne pas chercher à gagner de l'argent en faisant décaler le marché",d'"éviter l'envoi d'ordres incohérents" et de respecter les limites fixées.

"A aucun moment entre 2005 et 2008,un manager n'est venu dire à un trader qu'il y avait trop d'engagements",a dit Jérôme Kerviel.

"Ou alors c'était purement informatif."

"Être loyal"

Un témoin cité par la Société générale,l'ancien président de la Commission des opérations de bourse Jean-François Lepetit,a expliqué qu'il arrivait dans le monde de la finance que les traders dépassent les limites théoriques d'engagement.

Il était également d'usage qu'ils le signalent à leur hiérarchie,a-t-il précisé.

"On mesure ce qu'est un bon ou un mauvais trader à la capacité d'être loyal par rapport à ses positions",a-t-il dit.

Poursuivi pour "faux,usage de faux,abus de confiance,introduction frauduleuse de données dans un système informatique",le jeune homme de 33 ans encourt jusqu'à cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende.

La Société générale lui impute la responsabilité exclusive de l'affaire et entend demander une "sanction exemplaire".

L'ex-trader reconnaît des fautes mais incrimine sa hiérarchie,qui ne pouvait pas ne pas savoir selon lui.

Les juges d'instruction fondent essentiellement les charges sur les propres déclarations du trader,qui a reconnu que la limite d'engagement de son unité était à 125 millions d'euros.

Les juges soulignent aussi qu'il a admis avoir entré des transactions fictives dans l'informatique de la banque pour dissimuler ses opérations risquées et avoir fabriqué de faux courriels pour appuyer les explications mensongères répondant aux demandes d'explication.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Jeu 10 Juin - 16:29:32

Kerviel face à ses montants "stratosphériques"


Jérôme Kerviel et son avocat,le ténor Me Metzner,arrivent au Palais de justice de Paris.


Un ancien collègue trader de Jérôme Kerviel,cité à comparaître ce jeudi,a affirmé que dépasser les limites n'est pas "standard" à la Société Générale.

"Ses actes,je ne les explique pas,je suis déçu par son comportement",a déclaré ce jeudi 10 juin devant le tribunal correctionnel un ancien collègue trader de Jérôme Kerviel.

"Tous les traders ont des limites à respecter",a-t-il ajouté.

Salim Ménouchi,31 ans,était le seul des quatre anciens collègues traders du prévenu appelés jeudi comme témoins à s'être présenté au tribunal.

Interrogé par le président Dominique Pauthe,il a notamment affirmé ne pas être au courant de pratiques de trading appliquées par Jérôme Kerviel,telles que le transfert de résultat d'une année sur l'autre.

"Je suis très surpris",a rétorqué Jérôme Kerviel,glissant dans sa réponse un "c'est évident" un rien arrogant qui a agacé le président.

"Mettez-vous dans le crâne que rien n'est évident dans ce dossier",lui a-t-il rappelé.

Comme la veille,l'audience de ce jeudi étudiait les limites supposées assignées aux traders pour leurs prises de positions sur les marchés financiers,et leurs dépassements.

Des montants "stratosphériques"

"C'est faux de dire que tous les traders dépassent les limites,ce n'est pas quelque chose de standard",a poursuivi Salam Ménouchi,contrairement à ce qu'a affirmé le prévenu.

L'ancien collègue a déploré sur ce point que Jérôme Kerviel ait "mis en danger" la banque en l'engageant sur les marchés financiers "pour des montants stratosphériques",prenant des positions "aberrantes".

Tous deux avaient pourtant des "relations amicales",mais n'évoquaient pas ensemble leurs "stratégies de trading",a encore dit Salim Ménouchi.

Il a raconté ses derniers échanges avec l'ancien trader.

Ils ont bu un verre le soir du 18 janvier 2008 et le 19,un samedi,il recevait un sms de Jérôme Kerviel disant: "Je vais me faire virer,content de t'avoir connu".

Ils ont eu ensuite quelques échanges,par téléphone et sms,jusqu'au début de la semaine suivante,puis plus rien,a-t-il dit.

Des sommes "complètement folles"

L'audience avait commencé avec la projection d'un film réalisé par la Société Générale au mois de mai dernier dans une salle de marché.

"Vous n'avez pas d'archives du desk delta One,où travaillait Jérôme Kerviel?", a demandé Me Olivier Metzner,avocat de l'ancien trader,à Claire Dumas,une responsable de la banque présente au procès au titre de la partie civile.

"Non",a-t-elle répondu.

"Eh bien nous vous les montrerons la semaine prochaine!",a rétorqué l'avocat,laissant entendre que les images montrées ce jeudi ne pouvaient en rien attester de l'ambiance et des conditions de travail de Jérôme Kerviel jusqu'en janvier 2008.

Mme Dumas a de son côté affirmé que "Jérôme Kerviel avait chaque matin sur son bureau l'état de ses limites et de ses dépassements".

"Le problème,c'est que ses dépassements étaient masqués par des opérations fictives" et, le cas échéant,"par des faux".

Un premier trader de la Société Générale,Antoine Delorme,38 ans,qui ne connaissait pas personnellement Jérôme Kerviel,était lui aussi venu dire mercredi soir au tribunal qu'il trouvait "complètement folles" les sommes risquées par Kerviel..

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Jeu 10 Juin - 22:06:02

"Toutes les limites avaient été désactivées"



La défense de Jérôme Kerviel,conduite par Me Olivier Metzner,a présenté, jeudi 10 juin,un tableau extrait de "l'automate de trading" qu'utilisait Jérôme Kerviel,montrant qu'aucune limite technique n'était posée aux montants engagés.

"Toutes les limites avaient été désactivées",a lancé Me Metzner.

"Elles n'avaient pas été désactivées,mais à l'époque,il n'y avait pas de limites en nominal […].

On les a activées après la découverte de la 'fraude'",a admis Claire Dumas, une responsable de la banque présente au procès au titre de la partie civile.

Mais "c'est faux de dire que tous les traders dépassent les limites",a assuré Salim Némouchi,le seul des quatre anciens collègues du prévenu à s'être présenté au tribunal.

"Ses actes,je ne les explique pas,je suis déçu par son comportement.

[...] Tous les traders ont des limites à respecter",a déclaré à la barre M. Némouchi,31 ans.

"Je suis très surpris",a rétorqué Jérôme Kerviel,glissant dans sa réponse un "c'est évident" un rien arrogant qui a agacé le président.

"Mettez-vous dans le crâne que rien n'est évident dans ce dossier",lui a-t-il rappelé.

Comme la veille,le tribunal va essayer de comprendre comment Jérôme Kerviel a pu engager sur les marchés des dizaines de milliards d'euros : selon l'accusation,il a agi à l'insu de sa hiérarchie,en dissimulant ses positions à l'aide d'opérations fictives et de fausses déclarations.

Selon la défense,nombreux étaient ceux qui étaient au courant de ces opérations.

"JE VAIS ME FAIRE VIRER. CONTENT DE T'AVOIR CONNU"

"Tout se voit,tout s'entend dans une salle de marché",avait dit à l'ouverture de son procès Jérôme Kerviel,qui encourt cinq ans de prison et 375 000 euros d'amende.

Claire Dumas a de son côté affirmé jeudi que "Jérôme Kerviel avait chaque matin sur son bureau l'état de ses limites et de ses dépassements".

"Le problème,c'est que ses dépassements étaient masqués par des opérations fictives" et, le cas échéant,"par des faux".

"C'est faux de dire que tous les traders dépassent les limites,ce n'est pas quelque chose de standard",a poursuivi Salim Némouchi.

L'ancien collègue a déploré sur ce point que le trader ait "mis en danger" la banque en l'engageant sur les marchés financiers "pour des montants stratosphériques",prenant des positions "aberrantes".

Salim Némouchi parle pourtant d'anciennes "relations amicales" avec Jérôme Kerviel,expliquant que leurs dicussions ne portaient pas sur les "stratégies de trading".

L'ancien collègue a détaillé ses derniers échanges avec l'ancien trader : après avoir bu un verre le soir du 18 janvier 2008,il recevait le lendemain un SMS de Jérôme Kerviel disant : "Je vais me faire virer. Content de t'avoir connu."

L'audience reprend vendredi à 9 h 30,avec l'audition prévue de cinq employés,actuels et anciens,de la Société générale.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Ven 11 Juin - 0:06:40

"il ne s'agit pas d'un fait divers mais d'un fait de société"

Lies Hebbadj a été mis en examen,mercredi,par un juge d’instruction nantais,pour escroquerie,fraude aux aides sociales,escroquerie,travail dissimulé et aide au séjour irrégulier d’étrangers.

Lies Hebbadj a été laissé libre sous contrôle judiciaire avec obligation de remettre son passeport,interdiction de sortir du territoire et versement d’une caution de 10.000 euros.

En avril dernier,alors que Lies Hebbadj défrayait la chronique politique et médiatique,à la suite de la verbalisation,par la police,de sa compagne qui conduisait en niqab,Brice Hortefeux l’avait menacé de le déchoir de sa nationalité française pour "polygamie" et "fraude aux allocations sociales".

Une déclaration qui avait été alors très critiquée par la classe politique.

Mercredi,après la mise en examen de Lies Hebbadj,le ministre de l’Intérieur, s’est une nouvelle fois exprimé sur cette affaire,via une conférence de presse sur son compte officiel Twitter.

"Il ne s'agit pas d'un simple fait divers mais d'un fait de société" a déclaré Brice Hortefeux.

Tout en ajoutant : "Au-delà de cette situation particulière,il y a aujourd'hui des dérives que l'on ne peut ni ignorer ni accepter".

Pour le ministre de l’intérieur,la "polygamie de fait ou la perception injustifiée de prestations sociales ne sont aujourd'hui pas suffisamment réprimées".

Une "polygamie de fait" qui, selon Brice Hortefeux,toucherait en France,16 à 20.000 familles soit 180.000 personnes.

Il est "anormal qu'un étranger naturalisé par mariage conserve sa nationalité s'il est en situation de polygamie avec abus du système d'aides sociales" a insisté le ministre de l’Intérieur.

Un ministre de l’intérieur qui a indiqué que la France n’avait pas besoin de nouvelle loi,"Il faut d'abord appliquer celles qui existent et les adapter à la réalité de notre temps".

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Ven 11 Juin - 23:09:42

Un ancien trader conforte la thèse de Jérôme Kerviel

Un ancien trader de la Société Générale a volé au secours vendredi de Jérôme Kerviel,en se disant convaincu devant le tribunal que «sa hiérarchie directe ne pouvait pas ignorer totalement ses agissements».

«Pour moi c’est une certitude,une évidence»,a déclaré Benoît Taillieu,34 ans, gérant de société en architecture intérieure,trader à la Société Générale de 1999 à 2006.

Des témoins entendus ou que va entendre le tribunal correctionnel qui juge Jérôme Kerviel depuis mardi,«je suis peut-être la seule personne qui soit totalement retirée du monde de la finance».

«Je parle en toute liberté»,a-t-il ajouté.

Jérôme Kerviel est «coupable peut-être,mais en tous cas pas seul»,a-t-il poursuivi,debout au micro,à moins d’un mètre du prévenu,visage habituel, sans réaction particulière,assis devant la table des avocats,costume sombre et chemise au col blanc.

Pour étayer son propos,il a évoqué la nature et le volume des produits financiers que Jérôme Kerviel était censé traiter,ainsi que ses résultats déclarés qui,a-t-il estimé,ne pouvaient pas correspondre au mandat qui lui avait été confié.

«C’est comme si on vous demandait d’acheter dix tonnes de fraises et que vous vous retrouviez avec dix tonnes de pommes de terre»,et que personne ne remarque rien,a commenté M. Taillieu,en contestant «le scénario du trader isolé (…) qui sied au haut management de la banque».

Plus généralement,le témoin a indiqué avoir vu de 1999 à 2006 à la Société Générale «une prise de risque grandissante au fil des années».

Jérôme Kerviel,33 ans,est jugé pour avoir fait perdre à la banque 4,9 milliards d’euros début 2008,après avoir pris à l’insu de sa hiérarchie des positions spéculatives exorbitantes,de dizaines de milliards,en déjouant tous les contrôles à l’aide d’opérations fictives et de fausses déclarations.

Il ne nie pas avoir dépassé les bornes,mais affirme que sa hiérarchie savait ce qu’il faisait.

Il encourt cinq ans de prison et 375.000 euros d’amende.

«Vous imaginez,mais vous ne savez rien»,a fait remarquer au témoin Me Jean Veil,avocat de la Société Générale.

M. Taillieu,qui a précisé être «en procédure» aux prud’hommes avec la Société Générale,n’en a pas moins maintenu son propos,calmement mais fermement.

Un autre témoin,qui s’est présenté comme «chief executive officer» à la Société Générale,chargé des risques,a été entendu.

Mais trois autres prévus,anciens collègues de Jérôme Kerviel,ne se sont pas présentés.

«Surbornation de témoin»

L’audience avait commencé par une passe d’armes entre Me Veil et son confrère Olivier Metzner,avocat de Jérôme Kerviel.

Le premier a reproché au second d’avoir versé au dossier un document datant d’une procédure judiciaire antérieure («Sentier II») et contenant des consignes données par la Société Générale aux employés de la banque quant à ce qu’ils devaient dire ou ne pas dire.

La veille,Me Metzner avait laissé entendre qu’un trader salarié de la banque ne parlait pas librement,de crainte de perdre son emploi.

Les débats se sont achevés sur le même thème,l’avocat enfonçant le clou dans ce qu’il a qualifié de «mode d’emploi du mensonge devant les tribunaux»,assimilable selon lui à de la «subornation de témoin».

Depuis l’ouverture du procès,les témoins avaient plutôt accablé Jérôme Kerviel.

Un ancien collègue et ami s’était dit très «déçu» par ses agissements,un ancien chef l’avait traité de menteur.

Le procès reprend lundi à 09H30.

Il doit durer jusqu’au 25 juin.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Lun 14 Juin - 1:29:23

le combat entre l'incroyable et l'invraisemblable

D'un côté,un trader qui «explose» les limites,de l'autre,une banque qui ne réagit pas aux alertes.



C'est un combat entre l'incroyable et l'invraisemblable.

Ou l'inverse.

Après une semaine d'audience,le procès de Jérôme Kerviel,devant la 11e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris,laisse le choix entre une thèse abracadabrante et une théorie absurde.

Des millions aux milliards

Rangeons la thèse de la défense de Jérôme Kerviel dans la première catégorie.

«J'ai poussé le système au bout du bout»,dit le prévenu.

«Entrait-il dans votre mandat de prendre une position de 50 milliards?»,lui demande Maître Jean Reinhardt,l'un des avocats de la banque.

«Mais le mandat il est flou!»,rétorque Jérôme Kerviel qui semble avoir perdu tout sens de la mesure.

Les huit traders du desk DeltaOne avaient une limite collective de 125 millions d'euros.

Faisons simple,cela fait 15 millions d'euros chacun.

Un trader junior ne devant pas dépasser 1 million d'euros,cela laisse supposer qu'un trader senior va pouvoir monter jusqu'à 30 millions d'euros.

Ne soyons pas obtus,la banque lui fait confiance: il pourra grimper vers des sommets 40 ou 50 millions.

Mais 30 milliards... Cela suppose d'ajouter encore 3 zéros ou de multiplier par 1.000.

«Jamais un manager n'est venu me dire la limite c'est ...»,explique Jérôme Kerviel.

Et le voilà en route pour 30 milliards d'exposition entre mars et août 2007, avec 500.000€ de gains à la clé,30 milliards à nouveau entre août et novembre 2007,avec un bénéfice de 1 milliard à la clé.

En janvier 2008,sa position atteindra 50 milliards! Mille fois l'exposition maximum envisageable par un trader de DeltaOne.

L'opération était risquées mais elle aurait pu être positive au final.

Réponse: non.

Selon les calculs de la Société Générale présenté au tribunal,les positions prises par Kerviel ont été constamment perdantes depuis le 18 janvier 2008,jusqu'à toucher un «plus bas»,pour parler trader,de -29 milliards.

Kerviel aurait été perdant

Et en plus,Jérôme Kerviel choisit une mauvaise contrepartie fictive.

Il met d'abord en face de lui ClickOption.

Le choix est bon,puisque les logiciels chargés d'évaluer le risque mettent le curseur à zéro.

C'est une filiale de la banque.

En même temps,il est (trop) facile de vérifier son caractère imaginaire.

Ensuite,il opte pour un coursier allemand nommé Baader.

Inconnu de la Société Générale,le verdict des neurones numériques tombe: risque maximum.

Il faut mettre en face de l'opération 8 milliards de fonds propres.

Presque un tiers de l'argent dont dispose la banque en cas de besoin immédiat.

8 milliards pour un seul trader sur 1200 et une seule opération sur des centaines de millions.

Pour revenir à l'humain,il y a la colère non contenue de Jean-Pierre Mustier, l'ancien numéro 2 de la banque,celui qui aurait dû succéder à Daniel Bouton.

Il n'y a pas de mots pour qualifier les risques qu'il a pris et qu'il a fait prendre à la banque,à ses salariés... Jérôme Kerviel n'est pas un Robin des bois.

Il est le trader qui vivra et qui mourra en étant celui qui a perdu le plus d'argent au monde.

L'exaspération est à son comble en fin d'après-midi (mercredi 9 juin),le président Pauthe lui demande de modérer ses réactions.

Antoine Delorme,trader à la Société Générale dira avec placidité qu'il n'imagine pas que l'on puisse engager 50 milliards.

Benoît Taillieu,connaît bien le desk DeltaOne et ses marchés,il l'a mis en place.

L'ancien trader est venu expliquer de la thèse du trader isolé ne tenait pas la route.

La banque savait-elle alors? "Je ne dis pas que la banque avait connaissance de ces montants.

C'est inimaginable que la banque ait eu connaissance des montants engagés.

" Voilà,pour l'incroyable.

Il reste l'invraisemblable.

La Société Générale avait un système de contrôle avec des voyants partout, rien ne pouvait lui échapper,sauf que tout lui a échappé.

«Tout le monde savait ou tout le monde pouvait savoir»,répète inlassablement et avec gourmandise Maître Metzner,mettant la banque dans un corner d'où elle ne parvient pas à s'extirper.

74 alertes et... rien

Il faut écouter Claire Dumas,représentant la Société Générale,personne morale.

Quand elle parle,c'est la banque qui s'exprime par ses mots.

Que dit-elle? Vaillante,elle détaille les logiciels,les bases de données dont elle détaille le fonctionnement,les alertes,y compris sonores,et les procédures avec conviction.

Rien de tout cela n'a fonctionné.

«Et les 74 alertes recensées dans le rapport Green [rédigée par l'Inspection générale de la banque,NDLR]?»,lâche Me Metzner insistant là où ça fait mal.

«Elles étaient noyées,elles remontaient vers différents services répartis dans plusieurs tours...»,lui oppose Claire Dumas.

«Nous sommes d'accord...»,peut lui lâcher l'avocat regagnant sa place.

Soixante quatorze alertes internes relevées par l'Inspection générale de la banque deux lettres de remontrances adressée en 2007 à la direction générale de la banque par la Commission bancaire (l'organisme chargé de surveiller les banques lui infligera une amende de 4 millions d'euros en juillet 2008,au terme d'un jugement très sévère) deux courriers d'Eurex (l'organisme chargé d'administrer le marché boursier allemand sur lequel Jérôme Kerviel intervenait jusqu'à infléchir à lui tout seul le cours de la bourse de Francfort),un audit interne du courtier Fimat,filiale de la Société Générale,s'étonnant des montants astronomiques payés par sa maison-mère pour un seul trader.

Conséquence? Rien.

«Ne faisons rien,c'est plus prudent»,dit Estragon,dans En attendant Godot, de Beckett.

Rien n'a été fait et Jérôme Kerviel a pu tenir des mois durant des positions hymalayennes sans se faire repérer.

Nous sommes au cœur de l'absurde.

Comment le croire? Claire Dumas,Me Veil,Me Reinhart et Me Martineau,l'avocat de toujours de la banque,vont devoir faire avec cette quadrature du cercle résolue en son temps par Jean-Pierre Mustier.

«J'ai assumé,in fine responsable: j'ai démissionné»,dira-t-il à l'audience.

La semaine à venir devrait être longue a examiner cette situation ou l'incroyable s'oppose à l'invraisemblable.

La banque avait tous les moyens pour voir et n'a rien vu,le trader ne savait pas que le vol en rase-motte était interdit on ne lui avait jamais donné l'altitude minimale.

Il volait à 10 mètre du sol avec un A-320...

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Lun 14 Juin - 15:22:48

Jérôme Kerviel,un "criminel" pour un dirigeant de la SocGen

Un haut dirigeant de la Société générale a qualifié de criminel l'ancien trader de la banque Jérôme Kerviel,jugé pour des opérations ayant amené une perte record de 4,9 milliards d'euros.



Christophe Mianné,responsable des activités de marchés de la banque, interrogé comme témoin,a estimé au cinquième jour du procès au tribunal correctionnel de Paris qu'aucun membre de la hiérarchie n'était au courant de ces activités à risque.

"La hiérarchie de monsieur Kerviel ne savait pas.

C'est mon intime conviction",a-t-il dit.

Evoquant le week-end des 19 et 20 janvier 2008 au cours duquel la banque a découvert que Jérôme Kerviel avait pris des positions à risque pour un montant de près de 50 milliards d'euros,il a décrit comme incohérente l'attitude du trader.

Interrogé par sa hiérarchie,Jérôme Kerviel a montré alors un "refus absolu d'aider la banque,alors qu'il savait très bien ce qu'on allait découvrir",a-t-il dit.

Par ailleurs,l'ex-trader a montré alors,selon lui,un "déni de la réalité,de la vérité et des pertes".

Enfin,le vendredi où il a été découvert,Jérôme Kerviel a augmenté ses positions,a dit le témoin.

"Il fonce dans le mur et il accélère.

Ça prouve que c'est criminel",a-t-il dit.

Christophe Mianné a souligné avoir l'intime conviction que les responsables hiérarchiques directs du trader ne savaient rien.

Il en veut pour preuve leur affliction lors du fameux week-end de la découverte des problèmes.

"J'ai vu beaucoup d'yeux rouges et de pleurs.

Je ne crois pas qu'ils faisaient du cinéma",a-t-il dit.

"Jérôme Kerviel a été malhonnête,déloyal, tricheur",a-t-il conclu.

"FAUX ORDRES"

Le président du tribunal Dominique Pauthe a alors demandé: "Vous dites que la banque ne savait pas ce qui se passait.

Comment expliquez-vous que cela ait été possible ?".

Christophe Mianné a répondu en répétant que Jérôme Kerviel avait dissimulé ses positions.

Selon le dossier,les agissements du trader duraient depuis 2006 et il avait engrangé fin 2007 une trésorerie créditrice de 1,4 milliard d'euros,un chiffre impossible à réaliser s'il avait respecté les limites qui lui étaient imposées.

La Société générale et ses dirigeants assurent au procès qu'il n'ont pas réalisé que ce problème existait.

Une ancienne déontologue de la banque Valérie Rolland, interrogée comme témoin,a évoqué l'existence de plusieurs bases de données accessibles par l'ensemble de la hiérarchie,où l'on pouvait suivre toutes les opérations en temps réel.

Pour dissimuler ses positions à risque,Jérôme Kerviel y entrait de faux ordres déclarés "pending" (en attente) et qui restaient dans cette situation parfois plusieurs semaines.

"Je ne vois pas comment c'est possible,ça me surprend",a dit la jeune femme.

Toute modification dans cette base de données était repérable,a-t-elle précisé en répondant à une question de la défense.

Valérie Rolland,amie du trader qui aurait dû être son témoin de mariage,a expliqué aux juges qu'elle ne comprenait pas les faits qui lui étaient reprochés.

"Je confirme que Jérôme était quelqu'un de normal,pas un flambeur,un ami", a-t-elle dit avant de fondre en larmes.

Le procès se poursuit dans la journée.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Lun 14 Juin - 19:29:35

Jérôme Kerviel admet n'avoir jamais parlé de ses agissements

L'ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel a admis n'avoir jamais évoqué avec sa hiérarchie ses agissements à risque qui ont conduit à une perte record de 4,9 milliards d'euros en 2008.

Au cinquième jour de son procès devant le tribunal correctionnel de Paris,il a cependant répété qu'à ses yeux il était impossible qu'ils n'aient pas été connus.

Un haut dirigeant de la banque,Christophe Mianné,l'a contesté à la barre, présentant le prévenu en "criminel" qui a souhaité selon lui détruire la banque.

Après une série de témoignages ayant fait apparaître l'insuffisance des contrôles et le flou des limites dans la salle de trading où travaillait le jeune homme,le tribunal lui a fait par un interrogatoire préciser les manoeuvres irrégulières qu'il reconnaît depuis le début de l'affaire.

Il dissimulait le fait d'avoir pris des engagements sur des indices boursiers européens montés jusqu'à 50 milliards d'euros,en simulant des engagements symétriques,en théorie obligatoires,mais qui dans son cas étaient fictifs,a-t-il dit.

"Est-ce qu'un jour je me suis levé pour aller voir un responsable et lui dire que j'avais trente milliards ?

La réponse est non",a-t-il reconnu.

Mais,a-t-il aussitôt ajouté,les systèmes de suivi informatique ne pouvaient laisser aucun doute sur ses pratiques.

Dans ce cas, pourquoi les dissimuler ?,a demandé le président du tribunal.

"Pour sauver les apparences.

Ce que je faisais,c'était au vu et au su de tout le monde,mais j'ai voulu donner l'image de l'apparence d'une couverture".

"IL INVITAIT TOUTES LES JEUNES FILLES"

Claire Dumas,représentante de la banque,a expliqué que personne n'avait pu détecter le caractère fictif de ses opérations en raison de ses intrigues internes auprès des services administratifs.

"Il invitait toutes les jeunes filles des services support.

C'était un des rares traders qui leur parlait poliment",a-t-elle dit.

De plus,Jérôme Kerviel choisissait de passer ses ordres fictifs de la manière le moins visible possible,par exemple par une filiale interne qui était peu ou pas contrôlée,a-t-elle assuré.

Entendu comme témoin,Christophe Mianné,responsable des activités de marchés de la banque,a estimé que le trader était un criminel dont l'intention avait été de ruiner sa banque.

Il en veut pour preuve son attitude le week-end du 19 et 20 janvier 2008, quand a été découvert l'affaire.

Interrogé par sa hiérarchie,Jérôme Kerviel a montré alors un "refus absolu d'aider la banque,alors qu'il savait très bien ce qu'on allait découvrir",a dit Christophe Mianné.

Par ailleurs,l'ex-trader a montré alors,selon lui,un "déni de la réalité,de la vérité et des pertes".

Enfin,le vendredi où il a été découvert,Jérôme Kerviel a augmenté ses positions,a dit le témoin.

"Il fonce dans le mur et il accélère.

Ça prouve que c'est criminel",a-t-il dit.

Christophe Mianné a souligné avoir l'intime conviction que les responsables hiérarchiques directs du trader ne savaient rien.

Il en veut pour preuve leur affliction lors du fameux week-end de la découverte des problèmes.

"J'ai vu beaucoup d'yeux rouges et de pleurs.

Je ne crois pas qu'ils faisaient du cinéma",a-t-il dit.

"Jérôme Kerviel nous parlait d'une martingale,disait avoir gagné 1,4 milliard.

Il n'avait pas la tête de quelqu'un qui a gagné 1,4 milliard.

Il a été malhonnête,déloyal,tricheur",a-t-il conclu.

La banque,assure le dirigeant,n'avait pas du tout l'intention de spéculer ou de mener des aventures financières.

Un avocat de petits actionnaires lui a répliqué en l'interrogeant: "N'avez-vous pas été naïf ? Vous avez mis à la portée de jeunes gens souvent stressés et fatigués des armes de destruction massive des marchés".

Prié de dire si une affaire Kerviel pouvait se reproduire aujourd'hui, Christophe Mianné a répondu par la négative.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Lun 14 Juin - 23:01:24

les opérations fictives examinées par le tribunal

Un ancien responsable hiérarchique accusateur le matin et les opérations fictives examinées à la loupe l'après-midi par le tribunal.

Lors de la cinquième journée d'audience à son procès,Jérôme Kerviel, accusé par la Société générale de lui avoir fait perdre un peu plus de 4,9 milliards d'euros,est resté lundi vague tant dans ses explications que sur ses motivations.


"Je suppose que Jérôme Kerviel veut réécrire l'histoire.

Il se persuade que sa hiérarchie était au courant et l'encourageait",a lancé Christophe Mianné,à l'époque des faits responsable de la salle des marchés et l'un des supérieurs du trader.

Lors de sa déposition,il n'a pas adressé un regard à son ancien subordonné.

"Mais la hiérarchie ne le savait pas",a-t-il martelé.

Rétrogradé à la suite de l'affaire Kerviel,Christophe Mianné peine à saisir les motivations qui ont poussé le trader à prendre des positions à risques, près de 50 milliards en janvier 2008.

En agissant ainsi,"il fonce dans le mur et c'est criminel",analyse-t-il.

Quant aux motivations,il n'ose croire que c'était pour "envoyer la banque dans le mur".

"Personne à la Société générale n'a le pouvoir de miser 50 milliards d'euros", a-t-il souligné en rappelant qu'un trader s'engage à "être loyal,transparent" et respecte les limites fixées par la banque.

Ce que n'a pas fait Jérôme Kerviel,selon l'accusation qui lui reproche notamment d'avoir amplement dépassé les limites imposées par la banque.

Le desk sur lequel il travaillait ne pouvait engager plus de 125 millions d'euros par jour.

Tout au long de l'après-midi, Kerviel a dû s'expliquer sur ses opérations fictives destinées à masquer ses prises de positions à risques sur les marchés.

Pour la banque,son ancien employé est un fraudeur hors pair qui a choisi "des techniques qui permettaient de déjouer les contrôles" mis en place à l'époque,a expliqué la représentante de la banque,Claire Dumas.

Qui indiquera,qu'après enquête interne,la banque s'était aperçue que Kerviel était un "des rares traders à parler gentiment" aux employés du back-office, service s'occupant de la gestion post-négociation des opérations financières.

Comprendre qu'en étant aimable au sein de traders mal élevés,il pouvait faire traîner certaines opérations.

Toujours sur la même ligne de défense,Kerviel,bras croisés et débit staccato,a réaffirmé que toutes ces opérations fictives,qu'il qualifie d'"opérations cosmétiques",étaient décelables et décelées par sa hiérarchie, reconnaissant toutefois s'être laissé emporté "dans une spirale" et/ou une "fuite en avant".

Les trois avocats de la banque,à la manière de catcheurs se relayant sur un ring,ont essayé,sans grand succès,d'immobiliser Kerviel dans ses contradictions.

Si ces opérations à risques étaient connues de sa hiérarchie directe, pourquoi n'est-elle pas intervenue pour faire cesser le désastre lorsqu'il a perdu 2,7 milliards d'euros en juin 2007,lui ont-ils demandé.

Comme souvent,il n'a pas répondu.

Jérôme Kerviel,âgé aujourd'hui de 33 ans,est jugé pour "abus de confiance","faux et usage de faux" et "introduction frauduleuse dans un système de traitement automatisé de données informatiques".

Il encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende.

Il lui est reproché d'avoir spéculé sur les marchés européens en dépassant les limites financières assignées par la banque et en masquant ses positions par des fausses opérations.

La Société générale a toujours déclaré avoir découvert le 18 janvier 2008 l'ampleur de ces positions à risques,puis de les avoir débouclées quelques jours plus tard avant d'annoncer les pertes aux marchés financiers.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Mar 15 Juin - 14:28:05

Bataille sur la trésorerie géante de Jérôme Kerviel au procès

La trésorerie gérée par le trader de la Société générale Jérôme Kerviel,qui fluctuait entre -2,2 milliards d'euros et + 1,4 milliard d'euros en 2007,a fait l'objet d'une querelle au tribunal de Paris.


Jérôme Kerviel


Au sixième jour du procès,la défense a présenté cet aspect de l'affaire comme la preuve que la banque ne pouvait ignorer les agissements de son employé tenu pour responsable d'une perte historique de 4,9 milliards d'euros de la SocGen,mais la représentante de l'établissement Claire Dumas l'a contesté.

"Une situation de trésorerie n'est pas forcément (la conséquence) d'une activité ou d'un résultat",a-t-elle dit.

En juillet 2007,le trader,qui avait accumulé des positions astronomiques de 30 milliards d'euros en volume sur des contrats à terme ("futures") portant sur des indices boursiers européens,avait une trésorerie personnelle négative de 2,2 milliards,a établi le dossier lu à l'audience.

L'enquête a également établi que cette situation de trésorerie était connue de la hiérarchie du desk "Delta 1" où travaillait le jeune homme,puisqu'elle disposait de rapports hebdomadaires avec,ligne par ligne,le crédit ou débit de chaque poste de trading.

La représentante de la banque l'a reconnu à l'audience.

Mais pour Claire Dumas,il n'y avait rien d'inquiétant.

"Quand on voit cela,on ne prend pas du tout une crise cardiaque",a-t-elle expliqué.

VISIBLE DANS LES COMPTES,DIT LA DÉFENSE

Elle a assuré qu'on ne pouvait déduire de ce chiffre la nature des agissements de Jérôme Kerviel.

Elle a pris l'exemple d'un industriel qui, avant d'encaisser le paiement d'une grosse commande,est négatif en trésorerie pour payer la fabrication,sans que ce soit forcément grave.

Par ailleurs,a-t-elle dit,Jérôme Kerviel a réalisé des opérations fictives pour masquer le fait que cette trésorerie était en réalité problématique.

Jérôme Kerviel a contesté cette interprétation.

"(La trésorerie) est le reflet de l'activité que vous avez.

Sur l'activité qui était la mienne, pour info,je faisais un reporting toutes les semaines avec le niveau de ma trésorerie",a-t-il expliqué.

Me Olivier Metzner,son avocat,a souligné que, pour boucher le "trou" de sa trésorerie,Jérôme Kerviel a aussi réalisé à l'été 2007 une vraie opération : un emprunt d'un milliard d'euros à la Société générale,donc en circuit fermé.

"C'était visible dans les comptes de la Société générale et la banque prélevait tous les jours des intérêts sur le compte de trading de Jérôme Kerviel",a souligné l'avocat,sans être contredit par la banque.

La situation de trésorerie de Jérôme Kerviel s'est ensuite redressée pour atteindre 1,4 milliard d'euros en décembre 2007.

C'est lorsque la Société générale,disant découvrir la situation le 18 janvier 2008,a entrepris de déboucler les positions de son trader,en pleine déroute des marchés,que le solde final est passé à une perte de 4,9 milliards.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Mer 16 Juin - 13:25:40

Kerviel admet avoir inventé un faux personnage


Jérôme Kerviel estime que,du fait des évolutions de sa trésorerie,la banque ne pouvait ignorer ses agissements


L'ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel a admis,mardi,avoir inventé un faux personnage qu'il avait baptisé "Matt" pour justifier auprès d'un courtier des passations d'ordres massives sur les marchés.

Au sixième jour du procès mardi à Paris,cet épisode a été relaté par ce courtier,Moussa Bakir,qui a matérialisé sur les marchés,pour le compte de sa société Fimat,les passations d'ordres de dizaines de milliards d'euros de Jérôme Kerviel,ayant abouti à une perte de 4,9 milliards d'euros.

"Il m'a dit qu'il avait développé une moulinette (...).

Après le travail,quand on prenait des verres,il me parlait de Matt,il me disait qu'il l'avait au téléphone.

Il me disait que l'objectif pour Matt était qu'il atteigne le milliard (de résultat, NDLR)",a raconté Moussa Bakir.

Jérome Kerviel,a poursuivi le courtier,assurait qu'il agissait sous la pression de ce "Matt",censé être le représentant d'un fonds d'investissement et qu'il présentait comme un homme de 35 ans qui aimait le rugby.

Quand les choses ont mal tourné,Jérôme Kerviel,découvert à la Société générale,a dit à Moussa Bakir entre deux verres : "Matt pète les plombs".

Appelé à la barre,l'ex-trader de la Société générale a admis son mensonge : "Je lui ai sorti un bobard,c'est vrai,parce qu'il se montrait insistant,et voulait savoir quelle était ma stratégie sous-jacente."

Moussa Bakir,qui dit avoir cru "jusqu'au bout" à l'existence de Matt,a nié toute importance aux échanges de "chats" avec Jérôme Kerviel saisis et lus à l'audience.

Jérôme Kerviel s'y disait déprimé et envisageait de finir "en taule" pour avoir "fait trop de thunes".

Moussa Bakir répondait : "Ça va montrer la puissance Kerviel".

À la barre,Moussa Bakir a justifié cet échange : "Le but d'un trader, c'est de gagner de l'argent,c'est un signe de performance."

Le président a demandé : "La fin justifie-t-elle les moyens ?"

Non,a répondu Moussa Bakir.

"Il faut respecter les règles."

Le courtier de 34 ans,questionné par le tribunal,a expliqué que les ordres passés au nom de Jérome Kerviel lui avaient rapporté un bonus de plus d'un million d'euros.

"Quand on voit cela,on ne prend pas du tout une crise cardiaque"

Le tribunal a,par ailleurs,examiné la trésorerie gérée par Jérôme Kerviel à la Société générale,qui fluctuait entre 2,2 milliards d'euros et + 1,4 milliard d'euros en 2007.

La défense a présenté ce chiffre comme la preuve que la banque ne pouvait ignorer les agissements de son employé tenu pour responsable de la perte historique de la SocGen,mais la représentante de l'établissement Claire Dumas l'a contesté.

"Une situation de trésorerie n'est pas forcément (la conséquence) d'une activité ou d'un résultat",a-t-elle dit.

En juillet 2007,le trader,qui avait accumulé des positions astronomiques de 30 milliards d'euros en volume sur des contrats à terme ("futures") portant sur des indices boursiers européens,avait une trésorerie personnelle négative de 2,2 milliards,a établi le dossier lu à l'audience.

L'enquête a également établi que cette situation de trésorerie était connue de la hiérarchie du desk "Delta 1" où travaillait le jeune homme.

La représentante de la banque l'a reconnu à l'audience.

Mais pour Claire Dumas,il n'y avait rien d'inquiétant ou de significatif.

"Quand on voit cela,on ne prend pas du tout une crise cardiaque",a-t-elle expliqué.

La situation de trésorerie de Jérôme Kerviel s'est ensuite redressée pour atteindre 1,4 milliard d'euros en décembre 2007.

C'est lorsque la Société générale,disant découvrir la situation le 18 janvier 2008,a entrepris de déboucler les positions de son trader,en pleine déroute des marchés,que le solde final est passé à une perte de 4,9 milliards.

Taoufik Zizi,ancien trader junior qui travaillait avec Jérôme Kerviel,a affirmé à la barre que la hiérarchie de leur unité savait forcément que ses méthodes étaient peu orthodoxes,même si elle a pu ignorer l'ampleur des engagements.

"La hiérarchie,peut-être que les positions prises,elle ignorait (les montants).

Mais ça se voyait qu'il prenait de grosses positions",a-t-il dit.

Taoufik Zizi,licencié en octobre 2008,pense que cela a un rapport avec son témoignage quelques mois plus tôt à la police.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Mer 16 Juin - 22:09:10

Jérôme Kerviel admet avoir produit des faux



L'ancien trader de la Société Générale a notamment reconnu mercredi avoir confectionné de faux e-mails pour contourner les contrôles de la banque.

Jérôme Kerviel a explicitement reconnu,ce mercredi,devant le tribunal correctionnel de Paris,avoir commis les délits (abus de confiance,faux et usage,intrusion dans un système informatique) qui lui sont reprochés et lui font encourir cinq ans de prison.

Certes,il s'efforce d'introduire une nuance qui renvoie à son système de défense

«la banque savait tout».

Reste que,après un questionnement long et précis du tribunal,le président Dominique Pauthe et ses deux assesseures se complétant parfaitement, l'ancien trader de la Société Générale n'a pas pu esquiver l'assaut du ministère public.

Le procureur,Jean-Michel Aldebert,chef de la section financière du parquet, l'interroge: «Avez-vous créé des opérations fictives pour masquer des pertes ou des gains ?»

Jérôme Kerviel : «Oui,dans Eliot [ndlr : le système informatique consultable par tous].

-Avez-vous fourni de fausses explications à votre hiérarchie ?

-Des explications non crédibles,oui.

-Avez-vous confectionné de faux e-mails ?

-Oui. »

Mais le magistrat,silhouette sèche,profil aigu d'oiseau de proie,timbre feutré, n'en a pas fini.

Il revient sur les trois jours durant lesquels,début 2008,les montages délirants du trader quelque 50 milliards d'euros non couverts engagés sur les marchés qui entraîneront 4,9 milliards de pertes,ont été mis au jour: «Pendant le week-end du 18 au 20 janvier,vous ne faites rien pour aider la Société Générale.

Pourquoi ?».

Jérôme Kerviel: «Le samedi 19,on m'a interrogé uniquement sur le 1,9 milliard que j'avais gagné en 2007.

J'étais impressionné,intimidé,stressé par les hauts responsables que je n'avais jamais vus...

-On croirait entendre un individu raconter une garde à vue en matière de stupéfiants!

Vous aviez des positions à hauteur de 50 milliards,pourquoi ne le dites-vous pas?

-Ce n'était pas le sujet à ce moment-là.

Je répondais aux questions sur le 1,4 milliard,point».

Quelques minutes auparavant,le prévenu avait répondu sur le même thème aux questions posées,de manière subtile,par la juge Virginie Tilmont.

Notamment celle-ci : «Aviez-vous le sentiment de défier le système ?»

Jérôme Kerviel : «Absolument pas.

Dans les salles de marché,c'est un peu le sport national de planquer [ndlr : une partie de ses activités].

Tout le monde le fait,moi peut-être plus que les autres,mais j'essayais de rapporter le plus d'argent possible à la banque».

Un bon petit soldat,en quelque sorte,même si ses méthodes n'étaient pas toujours orthodoxes.

La perche est parfaitement tendue pour que Me Metzner s'en saisisse.

Le conseil de M. Kerviel sort de sa manche un courriel en date du 17 décembre 2007,soit de l'époque où son client détient 1,4 milliard d'euros et s'apprête à en investir 50 dans les conditions désastreuses que l'on sait.

Ce courriel est signé par un certain Raymond Bunge,supérieur hiérarchique de Claire Dumas qui représente la SocGen à ce procès.

On lit : «Bon soldat doit apprendre à désobéir,sortir plus des sentiers battus».

Me Metzner à Jérôme Kerviel: «Cela vous rappelle ce qu'on vous demandait»?

Le prévenu,sans surprise,tout sourire: «Oui».

Qu'importe si, omme le relève Mme Dumas,cette appréciation concernait une salariée du service informatique,qui n'avait pas le loisir de jouer à fonds perdus avec l'argent de son employeur.

Ce qui compte,après le mauvais moment passé par Jérôme Kerviel,c'est d'avoir le dernier mot.

Me Jean Veil l'a compris,qui lance la formule fétiche de Me Metzner: «Nous sommes d'accord».

Et pour la première fois,la banque met les rieurs de son côté.

En chipant une astuce à la défense.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Jeu 17 Juin - 14:04:02

l'ancien président Daniel Bouton entendu mardi prochain comme témoin



L'ancien président de la Société Générale Daniel Bouton sera entendu comme témoin mardi au procès de l'ex-trader de la banque Jérôme Kerviel, selon une décision annoncée jeudi par le tribunal correctionnel de Paris

L'ancien président de la Société Générale Daniel Bouton sera entendu comme témoin mardi au procès de l'ex-trader de la banque Jérôme Kerviel, selon une décision annoncée jeudi par le tribunal correctionnel de Paris.

"Le tribunal souhaiterait entendre M. Bouton mardi à 16H00",a déclaré à la reprise de l'audience le président de la 11e chambre,Dominique Pauthe.

"Il sera là",a répondu Me Jean Veil,l'un des trois avocats de la Société Générale.

M. Bouton a été cité par des salariés actionnaires de la Société Générale, partie civile au procès.

Une lettre de l'ancien PDG avait été lue à l'ouverture du procès,le 8 juin, dans laquelle il disait douter de l'intérêt de son audition,tout en se disant prêt à venir si le tribunal le lui demandait.

Daniel Bouton a démissionné de la Société Générale le 29 avril 2009,plus d'un an après "l'affaire Kerviel".

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Jeu 17 Juin - 17:30:54

"Tous coupables!",lance au tribunal médusé une prof de finance

L'enseignante s'est aussi attardée sur la psychologie des traders,évoquant les "excès de confiance",les "biais de comportement" qui amènent à ne pas respecter les règles et mentionnant des études selon lesquelles "les traders ont un taux de testostérone supérieur à la moyenne".

"Ils sont tous coupables!",la banque comme le trader,a lancé jeudi au procès de Jérôme Kerviel une enseignante reconnue en finance,s'étonnant qu'un homme seul ait pu engager la Société Générale pour des dizaines de milliards d'euros.

En cette fin de deuxième semaine du procès de l'ancien trader jugé depuis le 8 juin pour avoir causé une perte de 4,9 milliards d'euros début 2008,la salle d'audience du tribunal correctionnel de Paris avait des allures d'amphithéâtre.

Deux professeurs de finance de l'université de Paris II,Catherine Lubochinsky et Jean-Hubert Blanchet, ont usé d'un talent,déployé d'habitude pour soutenir l'attention d'étudiants,pour remettre les débats dans un contexte académique et néanmoins très humain.

Mme Lubochinsky,directrice du mastère finance de l'université,était pleine d'humour,limite gouailleuse.

"Quand l'affaire a éclaté,j'ai trouvé les sommes surprenantes pour une seule personne,sans complicité concrètement,cela ne me semblait pas possible",a-t-elle déclaré.

Elle s'est demandée comment sa hiérarchie avait pu "ne pas voir la taille des positions" prises par l'ex-trader,alors que dès le printemps 2007 se faisaient sentir "les premiers soubresauts des subprime" (crédits hypothécaires) américains.

Elle s'est interrogée sur le résultat du trader fin 2007,trop élevé pour correspondre uniquement à son mandat.

"On le dit à tous les étudiants : il n'y a pas de rendement sans risque".

Le président Dominique Pauthe lui a demandé qui,alors,de la banque ou de Jérôme Kerviel,était coupable.

"Ils sont tous coupables!",a-t-elle répondu sans hésiter.

L'enseignante s'est aussi attardée sur la psychologie des traders,évoquant les "excès de confiance",les "biais de comportement" qui amènent à ne pas respecter les règles et mentionnant des études selon lesquelles "les traders ont un taux de testostérone supérieur à la moyenne".

Pour elle,"à un moment donné",Jérôme Kerviel "n'a plus réalisé ce qu'il faisait",a perdu "toute notion de la réalité".
"Au bout de quelques zéros, on ne fait plus la différence", a-t-elle dit.

Jérôme Kerviel,assis à sa place habituelle,costume sombre,chemise bleue rayée,a esquissé un sourire : c'est ce qu'il répète depuis le début.

Le professeur Blanchet a, lui,évoqué les congés que les traders très sollicités,stressés doivent prendre.

Faute de quoi,on risque "un comportement qui peut amener à des dangers",a-t-il dit.

Jérôme Kerviel prenait très peu de congés.

Ces témoignages sont intervenus alors que le tribunal continuait d'étudier la manière dont Jérôme Kerviel a contourné les contrôles,à coups d'opérations fictives et faux documents,et engager ainsi la banque pour des dizaines de milliards d'euros.

Marine Auclair,salariée de la Société Générale, a raconté comment son service avait repéré des "écarts" anormaux dans ses comptes,finalement validés au vu des explications qu'il avait fournies.

Elle a aussi été amenée à dire qu'on n'employait plus dans la banque le mot "fictif" pour qualifier des opérations comptables purement "techniques".

Me Olivier Metzner,avocat de Jérôme Kerviel,a beaucoup insisté sur ce changement,pas seulement sémantique selon lui.

L'audience avait commencé avec l'annonce par le président Pauthe de son souhait d'entendre comme témoin mardi à 16H00 l'ancien président de la Société Générale,Daniel Bouton.

"Il sera là",a répondu Me Jean Veil,un des avocats de la banque.

Le procès reprend lundi à 09H30,pour une 3e et dernière semaine.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Lun 21 Juin - 12:53:55

Le procès Kerviel en direct



L'ECHEC DU CONTRÖLE

Dès la fin mars 2007,les services de contrôles de la Société Générale émettent auprès de sa hiérarchie de nombreuses alertes sur les opérations fictives de Kerviel.

A chaque fois,l'ex-trader s'en sort grâce à des explications " fumeuses " (selon ses propres termes),et à de faux mails émanant de pseudo-contreparties (BNP,SocGen Italie,JP Morgan,Deutsche Bank...).

Carences

En mars 2008,un rapport interne a mis en cause les supérieurs directs de Jérôme Kerviel pour leur absence de réactivité.

En juillet 2008,la commission bancaire infligeait un blâme et une amende de 4 millions d'euros à la SocGen pour des " carences graves du système de contrôle interne ".

LA DEFENSE DE KERVIEL

Fusible

En novembre 2008,pendant l'instruction,Jérôme Kerviel met directement en cause ses supérieurs,affirmant qu'il " avaient couvert ses transactions pendant plusieurs années " et s'étaient servi de lui " comme un fusible ".

Croissance à 1700% - Selon Kerviel, ses gains auraient dû alerter sa hiérarchie : " En trois ans,j'ai vu croître mes résultats de 1 700%,a-t-il expliqué au juge Van Ruymbeke,qui mené l'instruction.

Dans quelle entreprise peut-on obtenir une telle croissance sans truquer ouvertement les règles ? (...)

Tout le monde savait que je gagnais de l'argent et s'en réjouissait ".

" De nombreux signes auraient dû pousser ma hiérarchie et des contrôleurs à agir,tellement il était évident que je n'étais plus un " market maker ",mais un spéculateur ",explique-t-il dans son livre " L'engrenage,mémoires d'un trader ".

Témoignage à décharge

Pendant l'instruction,Ouachel Meskine,un trader du desk Delta One,affirmait que les supérieurs de Kerviel savaient que ce dernier spéculait : " Tout le monde sur le desk savait que Jérôme jouait et gagnait (...).

Il arrivait à dégager 400.000 euros sur une demi-journée alors que moi je dégageais 700.000 euros dans le mois.

C'était une stratégie qui était payante,(...) Eric Cordelle et Martial Rouyère le savaient parfaitement. "

Limites,version Kerviel

Selon la Société Générale, le desk Delta One,dont Kerviel faisait partie,ne pouvait pas prendre de positions supérieures à 125 millions d'euros.

Le prévenu a engagé jusqu'à 50 milliards.

Il affirme que tout le monde prenait des libertés avec ces limites.

" Pas vu, pas pris ",écrit-il dans son livre-témoignage.

L'important dans une salle de marché,explique-il,étant " d'être une bonne gagneuse ".

Limites,version SocGen

Selon l'accusation,il existait des limites aux prises de risquesque Jérôme Kerviel a ignorées dans des proportions exorbitantes.

Son N+2,Martial Rouyère,a affirmé lors de l'instruction menée par le juge Van Ruymbeke que la limite de 125 millions d'euros était "clairement imposée" et de "notoriété publique".

LA STRATEGIE KERVIEL

Pour dissimuler ses positions,Kerviel saisissait,ou faisait saisir par son assistant,des opérations fictives en sens inverse dans la base de données des traders,la base " Eliot ".

Il utilisait aussi le mode " pending " (en attente),qui lui permettait d'échapper au contrôle de back-office.

Pour la commission bancaire,c'est la diversité des techniques employées par Kerviel qui a brouillé les pistes.

Une analyse reprises par le juge d'instruction Van Ruymbeke : " ce sont les mensonges réitérés qui ont mis en échec les procédures de contrôle ",écrit-t-il dans l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel.

AUDIENCE DU JOUR

9e jour d'audience au procès de Jérôme Kerviel,qui entre dans sa troisième et dernière semaine.

Le tribunal poursuit aujourd'hui son examen des contrôles nfructueuxopérés par la SocGen sur les opérations de son trader.

Les trois supérieurs directs du prévenu,témoins très attendus,doivent se succéder à la barre : Eric Cordelle (n+1),Martial Rouyère (n+2) et Philippe Baboulin (n+3).

Depuis le début de son procès,le prévenu scande sa thèse comme un leitmotiv : sa hiérarchie ne pouvait pas ne pas être au courant de ses prises de risques,qui ont fini par conduire début 2008 à la perte de 4,9 milliards d'euros pour laquelle il est jugé.

Poursuivi notamment pour abus de confiance et faux,l'ex-trader encourt 5 années de prison et 375 000 euros d'amende.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
mimi
administratrice


Féminin Nombre de messages : 44591
Age : 51
Date d'inscription : 27/07/2007

MessageSujet: Re: Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus   Lun 21 Juin - 16:06:59

L'ex-trader Kerviel accusé d'avoir berné son supérieur hiérarchique



Éric Cordelle,l'ancien supérieur hiérarchique direct de l'ex-trader de la Société générale Jérôme Kerviel (photo),a accusé ce dernier de lui avoir fourni des explications mensongères à ses agissements

"Il mentait du début à la fin,mais chaque fois qu'il expliquait quelque chose, c'était crédible",a déclaré lundi devant le tribunal correctionnel de Paris l'ancien supérieur hiérarchique immédiat de Jérôme Kerviel,en affirmant n'avoir rien su des dérapages du trader.

Éric Cordelle,38 ans,était le "N+1" (chef direct) de l'ancien trader de la Société générale jugé depuis le 8 juin pour avoir causé une perte de 4,9 milliards d'euros début 2008.

Éric Cordelle,grand,mince,costume gris clair,a expliqué au début de son témoignage avoir été licencié après l'affaire Kerviel pour "insuffisance professionnelle".

Il s'est dit "à la recherche d'un emploi".

Lorsqu'il est arrivé à la tête du service "Delta One",le 1er avril 2007,Jérôme Kerviel lui a été présenté comme "quelqu'un de fiable,qui travaillait bien,qui avait de bons résultats,en croissance",a-t-il raconté.

À l'époque,Éric Cordelle,polytechnicien,a admis qu'il n'avait pas de connaissance en "trading",mais que sa mission était d'organiser le service et faciliter ses relations avec les autres branches de la banque.

"L'équipe était sous l'eau,elle avait trop de travail,je devais recruter des traders,trouver des stagiaires",a-t-il expliqué.

"J'étais perdu,oui,pas seulement dans le maquis informatique,mais aussi dans le vocabulaire des traders",a reconnu Éric Cordelle,longuement interrogé par le président du tribunal,Dominique Pauthe.

Les témoignages des autres supérieurs hiérarchiques de Kerviel attendus lundi

Concernant l'activité du prévenu,Éric Cordelle a assuré qu'il "ne voyait pas les ordres qu'il passait,c'était totalement impossible".

"Pour vérifier les opérations une à une,il aurait fallu suspecter la fraude",a-t-il ajouté.

"On n'est pas dans une agence bancaire où quelqu'un peut partir avec la caisse on n'est pas dans une culture de fraude,la fraude,personne n'en parlait",a-t-il poursuivi.

Interrogé sur les variations de trésorerie de Jérôme Kerviel,sur les dépassements des limites de risque,sur une "perte latente" de 2,5 milliards à la mi-2007 ou sur des prises de positions de plusieurs dizaines de milliards d'euros,Éric Cordelle a affirmé n'avoir rien relevé d'anormal,rien vu venir.

Ces positions étaient "masquées",et lorsqu'on lui demandait des précisions, Jérôme Kerviel trouvait des explications "cohérentes","mentait","jouait la comédie",a poursuivi son ancien chef.

Les autres supérieurs ("N+2","N+3") de Jérôme Kerviel,qui affirme que sa hiérarchie directe était au courant de ce qu'il faisait,doivent témoigner lundi après-midi.

Poursuivi pour abus de confiance,faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système informatique,l'ancien trader encourt cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende.

_________________










Revenir en haut Aller en bas
http://jacotte26.forumactif.com
 
Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 5Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5  Suivant
 Sujets similaires
-
» Fraude colossale d'un trader de la Société Générale, 5 milliards perdus
» la Société Générale perd ses boutons!
» Société Générale
» Fraude de €4,9 milliards à la Société Générale
» Përipole - Le projet de la Société Générale

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
chez Jacotte Mimi et leurs amis :: affaires judiciaires-
Sauter vers: