a PJ toulonnaise a définitivement démantelé un réseau international de fraude à la carte bancaire qui a fait au moins 2.000 victimes à l'aide d'un système ultra-perfectionné dont l'inventeur, un ancien technicien de l'armée de l'air, avait même déposé le brevet.
Le cerveau présumé de ce trafic, membre du milieu marseillais recherché depuis plus de quatre ans par un magistrat de Draguignan (Var), a été interpellé mardi soir à Sanary (Var) par les policiers.
Selon le parquet, Vincent Ammendola, 53 ans, déjà lourdement condamné pour divers trafics, était en relation directe avec une filière bulgare qui fabriquait de fausses cartes bancaires, écoulées sur tous les continents.
Déféré mercredi devant la juge d'instruction Véronique Maugendre, il a été mis en examen des chefs d'escroquerie, tentative d'escroquerie, accès frauduleux à des données informatiques protégées, le tout en bande organisée.
L'affaire avait débuté au cours de l'été 2002, à Draguignan, où des personnes avaient vu leur compte bancaire débité pour des achats qu'ils n'avaient pas effectués.
Des fraudes similaires avaient très vite été signalées dans tout le Var, puis dans les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes et le Vaucluse avant de s'étendre à l'ensemble du territoire français.
L'enquête, confiée à la section recherches de la gendarmerie de Marseille, permettait l'interpellation, en flagrant délit en mars 2003, d'un ancien technicien de l'armée de l'air, Gérard Moréno, 56 ans, gérant d'une société d'informatique à la Valette (Var).
Ce petit génie avait mis au point un système de vidéo transmission par téléphone, le "vidéo garde", dont il avait même protégé les droits auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI). Associée à une caméra miniaturisée mise en place sur les automates de stations-service, son invention permettait de pirater les codes confidentiels tapés par les clients.
Un second système était installé dans le lecteur de carte pour décoder les pistes magnétiques de la carte elle-même. Les données piratées étaient ensuite transmises par ondes hertziennes dans un véhicule stationné à proximité et équipé d'un ordinateur.
Toutes les données informatiques étaient alors transférées en temps réel en Bulgarie où étaient fabriquées de fausses cartes, diffusées et utilisées dans le monde entier.
"En moins de douze heures, nous avons par exemple un achat à Sofia et un autre à Honolulu (Hawaï)", a expliqué à l'AFP, Michel Raffin, procureur adjoint à Draguignan, à l'origine de la procédure.
"Parmi les victimes, on trouve Monsieur tout le monde, mais aussi des magistrats, des policiers, des greffiers", souligne-t-il.
Le préjudice total de ces fraudes, qui avaient initialement donné lieu à plus de 3.000 plaintes (certains plaignants ont été remboursés), est impossible à évaluer avec précision.