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 1988, Pascal Castillo

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jacotte
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MessageSujet: 1988, Pascal Castillo    Sam 20 Aoû - 12:49:27

Perpignan, 23 août 1988, 9 h du matin.

Deux hommes font irruption dans la bijouterie de Jean Paulignan, rue des Augustins, en plein centre-ville. Ils sont armés de gros calibres et de grenades, et menacent les employés.

Par la fenêtre, une passante aperçoit la scène et prévient la police.

Quand les deux braqueurs sortent, c'est la fusillade : une quarantaine de coups de feu sont tirés. Claude Marty, un sous-brigadier de 43 ans, est tué.

Trois autres policiers sont blessés par balles : l'un d'eux, Marc Pierre, 36 ans, mourra dix jours plus tard.

Les deux gangsters sont arrêtés : Alain Raspaut, 29 ans, et Pascal Castillo, 27 ans, condamnés précédemment pour des braquages, étaient alors en cavale, après avoir profité d'une permission de sortie pour fuir la centrale de Lannemezan.

L'événement secoue la police : aux obsèques de Claude Marty, des appels à la peine de mort interrompent les déclarations d'Olivier Stirn, ministre représentant le gouvernement.


"C'était l'armée ou la porte, j'ai pris la porte, M. le président"

L'enquête l'établit : seul Alain Raspaut s'est servi de son arme. Pascal Castillo, lui, n'a pas tiré, et raconte en 1992 à la cour d'assises le parcours qui l'a conduit dans le box.

À 16 ans, il réussissait pourtant bien au lycée Jean-Moulin : "Je voulais faire médecine, mon père s'y est opposé. C'était l'armée ou la porte, j'ai pris la porte, M. le président."

Alors il braque, et écope de six ans aux assises.

"On m'a emprisonné à la centrale de Lannemezan en compagnie de truands chevronnés, alors que je n'étais qu'un délinquant primaire."

D'où la cavale, et ce mauvais hold-up achevé dans le sang.

Castillo écope de vingt ans, Raspaut prend perpète, et les deux hommes disparaissent dans la nuit carcérale.

Castillo, toutefois, n'y reste pas inactif.

Sa prof de lettres, à la centrale d'Arles, décrit "quelqu'un de remarquablement intelligent, d'une curiosité intellectuelle insatiable".

Pendant sa détention, il apprend, seul, le russe, l'anglais, l'espagnol et l'italien.

Prépare un Deug d'histoire.

Se forme au métier de tailleur de pierre.

Se lance dans la peinture.

En 2001, après treize années passées derrière les barreaux, Pascal Castillo retrouve la liberté.

Il revient à Béziers, où vit toujours sa mère, et tente de reprendre une vie normale.

L'homme a du charisme, de la séduction aussi, et son passé impressionne les petits malfrats du Biterrois, qui le croisent dans les discothèques et les bars qu'il fréquente.

Il les fascine, avec ses histoires de braquages, d'évasion par hélicoptère, et les portraits qu'il dresse des figures du banditisme qu'il a croisées derrière les barreaux.

Son projet, une ferme en République dominicaine

Pascal a un projet, en apparence honorable : acheter une ferme, en République dominicaine où il a déjà séjourné.

Et il a sa combine pour financer sa nouvelle vie au soleil : il a des connexions pour se fournir en cocaïne et un réseau de petits dealers, prêts à l'écouler à Béziers.

"Pendant la feria, avec tous les gens qui descendent, ça se vend comme du petit beurre", dira l'un d'eux.

Août 2003. Soleil de plomb, canicule.

À Cazoul-les-Béziers, deux ados vont se baigner au Roujas.

Un endroit que seul les gens du coin connaissent.

À l'écart de la route, une colline, de la terre rouge et un petit lac à l'abri des regards : c'est le réservoir d'une ancienne mine de bauxite, un cratère profond où la baignade est interdite, à cause de phénomènes d'aspiration.

Entre deux eaux, flotte une armoire en fer, qui dégage une odeur pestilentielle.

On appelle les gendarmes : à l'intérieur, il y a un cadavre.

Tué de plusieurs balles de 7.65.

Quelques jours plus tard, le mystère est levé : il s'agit du corps de Pascal Castillo, qui réapparaît, à 43 ans et de sinistre manière, au cœur d'une nouvelle enquête criminelle.

Pourquoi a-t-il été tué ?

Qui a tenté de se débarrasser ainsi de son corps ?

Pendant plusieurs mois, les gendarmes de Montpellier mènent une enquête difficile, jusqu'à l'arrestation, en juin 2004, de deux consommateurs et revendeurs de cocaïne de Béziers.

Deux copains d'enfance, Pascal Carbo et Jérôme Salvado, qui ont partagé un parcours commun dans le rugby, à un assez haut niveau, et dans le trafic de drogue.

Devant les enquêteurs, ils se déchirent.

Carbo explique que Salvado l'a appelé un jour pour qu'ils se débarrassent du cadavre de Castillo, qui aurait été tué chez lui par des hommes de la mafia.

Salvado, lui, accuse Carbo d'avoir abattu Castillo, pour ne pas devoir lui rembourser les centaines de grammes de cocaïne qu'il lui devait.

Le 26 octobre 2007, après une semaine de procès, les jurés de l'Hérault tranchent : Carbo est acquitté, Salvado écope de vingt ans et, malgré ses ultimes dénégations, ne fera pas appel.

Huit ans plus tard, Alain Raspaut, le truand qui avait tiré sur les policiers à la sortie de la bijouterie de Perpignan, refait parler de lui : libéré après 24 ans de prison, il a été arrêté à la fin de l'été 2015, après avoir séquestré et racketté un homme d'affaires toulousain en Espagne.


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