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 Pierre Brossolette

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jacotte
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MessageSujet: Pierre Brossolette   Dim 23 Fév - 1:53:43




Pierre Brossolette (Paris, 25 juin 1903 — Paris, 22 mars 1944), est un journaliste et homme politique socialiste français.
Il fut un des principaux dirigeants et héros de la Résistance française


Fils de Léon Brossolette, inspecteur de l'enseignement primaire à Paris et ardent défenseur de l'enseignement laïque au début du xxe siècle, neveu de Francisque Vial, directeur de l'enseignement secondaire, il entre premier à l'École normale supérieure en 1922.

Ses deux sœurs ainées, Suzanne et Marianne, sont toutes deux agrégées, fait rare à l'époque.
Cacique de sa promotion, il est reçu seulement deuxième à l'agrégation d'histoire, derrière Georges Bidault, à la suite d'un petit scandale1.

Il épouse en 1926 Gilberte Bruel, avec qui il aura deux enfants, Anne et Claude, et qui, après sa mort, prendra le relais de ses idées et deviendra la première femme sénateur en France.

Membre de la Ligue des droits de l'homme, de la Ligue internationale contre l'antisémitisme et de la Grande Loge de France où il est initié en 19272, il adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) en 1929.

D'abord fervent défenseur des idéaux pacifistes et européens d'Aristide Briand, ses conceptions évoluent lorsqu'il prend conscience de la réalité de la menace nazie et de l'inévitabilité de la guerre.

Il se présente à la députation de l'Aube3 sous l'étiquette du Front populaire en 1936 sans succès, et entre au cabinet du Ministère des Colonies.
Journaliste au sein de plusieurs journaux (l'Europe nouvelle, le Quotidien, le Progrès civique, les Primaires, Notre Temps, Excelsior, Marianne et à la Terre Libre), ainsi que celui de la SFIO

Le Populaire (où il est rédacteur de politique étrangère) ; il travaille également pour Radio PTT, dont il est licencié en janvier 1939 lorsqu'il s'oppose dans une émission aux accords de Munich.




Au début de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint l'armée le 23 août 1939 au 5e Régiment d'Infanterie (21e Bataillon) avec le grade de lieutenant, est promu capitaine avant la défaite de la France et a été décoré avec une première Croix de Guerre en 1940 en raison de son attitude au cours de la retraite de son unité, en ramenant tous ses hommes avec leurs armes à Limoges.

Hostile au régime de Vichy, il rejoint le Groupe du musée de l'Homme présenté à Jean Cassou par Agnès Humbert, écrit le dernier numéro du journal Résistance et échappe de peu à son démantèlement. Puis, il participe à la formation des groupes de résistance Libération-Nord et Organisation Civile et Militaire (OCM) dans la zone occupée et devient, après sa rencontre avec le Colonel Rémy, chef de la section presse et propagande de la Confrérie Notre-Dame (CND).

Quand le régime de Vichy lui interdit d'enseigner, Brossolette et son épouse rachètent une librairie russe à Paris, au 89 rue de la Pompe, qui sert de lieu de rencontre et de « boîte aux lettres » pour les résistants grâce notamment à la bibliothèque tournante disponible dans son sous-sol.


À la suite de deux perquisitions successives effectuées par les autorités allemandes à son domicile en mai 1942, il vend la librairie et son appartement est occupé par Jean Dutourd.

Il fait franchir à sa famille, cachés dans une charrette à foin, la ligne de démarcation à Libourne en juillet 1942 et les fait embarquer aux calanques de Cassis vers Gibraltar sur la felouque "polonaise" Seawolf, puis vers Greenock (Glasgow) en convoi à bord du S.S.

Llanstephan Castle le 29 août 1942. Il continue la résistance seul en France tandis que sa femme assure la liaison entre le Commissariat à l'Intérieur de la France libre et la BBC.



En avril 1942, Brossolette entreprend un voyage à Londres en tant que représentant de la Résistance pour rencontrer Charles de Gaulle.

Il travaille dès lors, promu commandant, pour le B.C.R.A. (Bureau central de renseignements et d'action, les services secrets de la France Libre), en liaison avec la section RF du SOE (Special Operations Executive) britannique.

Le 1er octobre 1942, prend la tête de la section opératoire, service chargé de faire le lien entre les résistances extérieure et intérieure.

Il est parachuté à trois reprises en France:

la première fois pour organiser le mise en sécurité de sa famille menacée par les perquisitions et surtout pour mener à bien l'exfiltration de Charles Vallin, haut cadre du PSF, qui devrait à ses yeux permettre de jouer un coup dur au régime de Vichy.

la deuxième fois avec André Dewavrin, alias le colonel Passy, le chef du B.C.R.A et Forest Yeo-Thomas, alias Shelley, agent du SOE surnommé familièrement « Le Lapin Blanc ».
Ils vont parvenir à unifier l'ensemble des mouvements de résistance de la Zone Occupée, dans le cadre de la mission « Arquebuse-Brumaire », du nom de code de Passy et Brossolette.



la dernière pour aider à réorganiser la Résistance suite à de nombreux dysfonctionnements ayant amené une réelle percée du Sicherheitsdienst (les services secrets de la SS, chargés du renseignement) dans son organisation et, partant, de nombreuses arrestations effectuées par la Gestapo (la police secrète de l'État allemand, chargée de l'action).


Pierre Brossolette est aussi le porte-voix à Londres des combattants de l'ombre. Dans un discours à l'Albert Hall le 18 juin 1943, il rend un vibrant hommage aux "Morts de la France Combattante" (lire le discours ici) ou sur son allocution à la BBC en l'honneur des résistants qu'il a appelé les « soutiers de la gloire », expression qui deviendra par la suite usitée


Il prendra la parole à 38 reprises au micro de la BBC en remplacement de Maurice Schumann et écrira des articles, dont un dans La Marseillaise qui par la suite sera considéré par certains comme un des textes fondateurs du gaullisme de guerre





Après avoir échappé plusieurs fois à des arrestations, Brossolette veut rentrer à Londres pour présenter au Général de Gaulle le nouveau délégué général du CFLN auprès du CNR, Émile Bollaert.
Plusieurs tentatives d'exfiltration par Lysander échouent. Brossolette et Bollaert décident de rentrer par bateau. Le 3 février 1944, partant de l'Île-Tudy, la pinasse le Jouet des Flots qui doit les conduire à une frégate britannique au large de l'île de Sein fait naufrage à cause du mauvais temps près de la pointe du Raz.
Les deux chefs de la Résistance ainsi qu'une trentaine d'hommes, marins et aviateurs alliés échouent sur la côte, où ils sont accueillis par la résistance locale.
Lors d'un barrage de routine, alors qu'ils arrivent à Audierne dans une voiture à gazogène, ils sont dénoncés par une collaboratrice, contrôlés par un poste volant de la Wehrmacht et emmenés en prison à Rennes, siège de la Kommandantur locale.

Plusieurs semaines passent sans qu'ils soient reconnus. Finalement, Ernst Misselwitz (Hauptscharführer du Sicherheitsdienst, ou SD) se rend en personne pour identifier Brossolette et Bollaert sur place et les fait transférer, le 19 mars, au quartier général de la Gestapo à Paris, 84 avenue Foch. On sait aujourd'hui à travers le témoignage de Roger Lebon (Roussel, 2011) que son identité a été découverte à la suite d'une imprudence de la part de la Délégation générale à Paris représentée par Claude Bouchinet-Serreules et Jacques Bingen sous la forme d'un rapport semi-codé rédigé
par les services de Daniel Cordier qui aurait été intercepté sur la frontière espagnole, alors que son grand ami Yeo-Thomas se trouvait déjà parachuté solo en urgence à Paris depuis le 25 février pour préparer une évasion audacieuse de la prison de Rennes en uniforme allemand avec l'aide de Brigitte Friang.
Les deux amis seraient eux aussi capturés dans les jours suivants à la suite du démantèlement de nombreux réseaux parisiens consécutifs à l'affaire dite « de la rue de la Pompe » (siège de la Délégation générale) et aux aveux de Pierre Manuel (Seaman, 1997).




Opérations et missions

Opération Bridge (pour le réseau CND) - Nuit du 27 au 28 avril 1942 - 1,5 km est de Saint-Saëns - 1re exfiltration - Lysander - avec Jacques Robert

Opération Python - Nuit du 3 au 4 juin 1942 - Chalon-sur-Saône - parachutage blind - avec Jacques Robert

Opération Leda - 5 septembre 1942 - Narbonne - 2e exfiltration - felouque Seadog - avec Charles Vallin

Opération Atala - 26 au 27 janvier 1943 - terrain MARABOUT, près d' Issoudun - Lysander - seul

Mission Brumaire - Janvier-avril 1943 - avec André Dewavrin (mission Arquebuse) et Forest Yeo-Thomas (opération SEAHORSE du SOE, section RF)- détails de la mission sur le lien suivant: cliquez ici.

Opération Liberté/Juliette - 15 au 16 avril 1943 - terrain PAMPLEMOUSSE, près de Rouen - 3e exfiltration - Lysander - avec André Dewavrin et Forest Yeo-Thomas

Voyage à Alger - 13 août 1943 - 3 septembre 1943

Opération Bomb - 18 au 19 septembre 1943 - terrain SERIN, près d'Angoulême - Lysander - déposé (avec Forest Yeo-Thomas)

Mission Marie-Claire - Septembre 1943 - février 1944

Opération Sten - 10 au 11 décembre 1943 - annulée (Lysander abattu) - avec Émile Bollaert




Pour le faire parler, Pierre Brossolette est torturé pendant deux jours et demi. Le 22 mars, profitant d'un moment d'inattention du gardien, il se serait levé de sa chaise, menotté dans le dos, aurait ouvert la fenêtre de la chambre de bonne dans laquelle il était enfermé, et serait tombé d'abord sur le balcon du 4e étage et ensuite devant l'entrée de l'immeuble côté avenue.
Gravement blessé, il succombe à ses blessures vers 22 heures à l'hôpital de la Salpêtrière, sans avoir parlé.



Plaques commémoratives

Des immeubles comme celui de l'ancienne librairie rue de la Pompe, ainsi que de la cour du Lycée Janson-de-Sailly (avec l'inscription : "Sa bouche s'est tue, son exemple parle, son sacrifice commande") ; de sa résidence rue de Grenelle ; de son lieu de naissance rue Michel-Ange ; la Maison de Radio France et la cour d'honneur du Ministère de l'Intérieur rue des Saussaies affichent des plaques commémoratives.


Hommages


La promotion 2003 d'élèves officiers du 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr a choisi Pierre Brossolette comme parrain et créé un chant de promotion à l'occasion, sur le lien suivant: http://musique-militaire.fr/ecoles/iveme-bataillon/pierre-brossolette



La Grande Loge de France, a baptisé son cercle de conférences publiques Condorcet-Brossolette.
Une de ses loges à Paris porte le nom « Pierre Brossolette, Compagnon de la Libération ».

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