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 la maternelle de Neuilly

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jacotte
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MessageSujet: la maternelle de Neuilly   Mer 5 Mai - 21:29:16

L'affaire de la maternelle de Neuilly désigne la prise en otage d'une classe de maternelle à Neuilly-sur-Seine (France), en 1993, par un entrepreneur chômeur dépressif, Érick Schmitt.



Le jeudi 13 mai 1993 à 9h27, un homme vêtu de noir, la tête cachée par un casque de motard et une cagoule, fait irruption dans la classe maternelle N8 du groupe scolaire Commandant Charcot, à Neuilly-sur-Seine.

Cet homme, armé d'un pistolet d'alarme et d'explosifs, menace de faire sauter la salle s'il n'obtient pas une rançon de cent millions de francs(environ 15 millions d'Euros).
Ces menaces sont rendues crédibles par ses démonstrations passées car il avait pris soin, auparavant, de faire sauter plusieurs poubelles en y laissant volontairement une signature.
Ses otages, vingt et un enfants et leur institutrice Laurence Dreyfus, sont donc bien menacés.
Le RAID est rapidement dépêché sur les lieux.
Les enquêteurs cherchent à identifier le preneur d'otages, mais ils n'y parviendront pas avant la fin de la prise d'otages.
L'homme n'est alors connu que sous le nom de « Human Bomb » (Bombe Humaine) ou « HB », qu'il s'est lui-même donné.
Ce n'est qu'à la toute fin de la prise d'otages que son nom est révélé.



Les médias s'emparent de l'affaire.


Des journalistes campent devant l'école. La prise d'otages devient un évènement national. Nicolas Sarkozy, à l'époque maire de Neuilly, tente de négocier avec Érick Schmitt pour qu'il relâche des enfants ; on voit Nicolas Sarkozy à la télévision sortir de l'école un enfant dans les bras.

Au cours des négociations, Érick Schmitt libère peu à peu la plupart des enfants, jusqu'à n'en garder que six, et ce en dépit du fait qu'il avait précisé dans sa première demande de rançon qu'aucun enfant ne serait libéré avant qu'il ait obtenu la somme demandée.
Il avait également menacé d'exécuter des enfants (par égorgement) en cas d'absence de réponse rapide des autorités mais cette menace ne fut pas mise à exécution.

Après près de deux jours de tension sans dormir, dans un état d'esprit suicidaire, Érick Schmitt montre des signes de fatigue.
Le Raid décide alors de passer à l'action lorsqu'il s'endormira.
Le plan prévu est de faire entrer les hommes du Raid dans la salle pendant le sommeil du preneur d'otages.
Pendant que deux hommes le tiendront en joue, prêts à le neutraliser s'il se réveille, les autres évacueront les otages hors de la salle.
Pour s'assurer qu'Érick Schmitt sera bien endormi au moment de l'assaut, les hommes du Raid versent un somnifère (dont l'efficacité a été préalablement testée sur un homme du Raid) dans le café régulièrement apporté au preneur d'otages.
Par précaution, Évelyne Lambert (alors médecin-capitaine des pompiers de Paris), qui s'occupait des enfants, est mise dans le secret.
Elle devra s'assurer qu'Érick Schmitt est bien endormi, et faire un signal (déboutonner sa veste devant l'objectif d'une mini-caméra placée à travers le mur par le Raid) pour signifier aux policiers qu'ils peuvent intervenir.

Le matin du 15 mai, le preneur d'otages s'assoupit.
Évelyne Lambert vérifie qu'il est bien endormi, en le secouant et en faisant bouger bruyamment des meubles par les enfants.
Celui-ci reste inerte.
Elle fait alors le signal convenu.
Aux environ de 7h25, huit policiers du RAID pénètrent dans la salle de classe pour extraire les six derniers enfants.
Durant l'intervention, Éric Schmitt est tué de trois balles dans la tête tirées à un mètre par le policier Daniel Boulanger.
Les circonstances de cette mort créent une polémique.

Ce n'est qu'après sa mort que l'identité de celui qui se fit appeler « HB » durant toute la prise d'otages est connue : c'était Érick Schmitt, un entrepreneur en situation financière difficile, intelligent, et en dépression. Enfin, il avait révélé à Laurence Dreyfus, quelques heures avant sa mort, ce que signifiait « HB » : c'était les initiales de Human Bomb (bombe humaine).



Érick Schmitt



Érick Schmitt était un entrepreneur du Languedoc-Roussillon, passionné de pêche, né en 1950, et ayant travaillé à Paris dans les années 1970.
Il arrive à Cers près de Béziers avec sa famille en 1963 après avoir quitté l'Algérie.
Puis il part travailler à Paris, au début des années 1970, où il est employé par une société d’informatique (SSII) en région parisienne.
Suite à son expérience parisienne il crée une société informatique à Béziers qui sera mise en faillite quatre années plus tard.
Erick Schmitt reste alors inscrit comme chômeur à l’ANPE de Béziers durant une année.
La mère d'Érick a été victime d'un malaise cardiaque après avoir appris l'implication de son fils dans cette affaire.
Pour Gilles Nakab, médecin psychiatre travaillant avec le RAID, il « se sentait investi d’une mission, et l’argent ne semblait pas être sa motivation principale ».
« C’est un personnage froid, déterminé, mais qui était très calme. Il n’a jamais été nerveux et n’a jamais dit un mot de trop. »

Pour Gilles Nakab et Évelyne Lambert, médecin-capitaine des sapeurs-pompiers de Paris, Erick Schmitt « était très gentil avec les enfants, ne les a en aucun cas menacés et il a même joué avec eux ».
« Il était déterminé, très structuré, sa parole était cohérente, son vocabulaire correct. Il était poli, voire obséquieux. Parfois, il était atteint de bouffées délirantes. »


Polémique sur la mort d'Érick Schmitt


D'après les témoignages des deux policiers chargés de neutraliser Érick Schmitt s'il se réveillait pendant l'intervention, il se serait réveillé et aurait esquissé un geste en direction de son détonateur.
Les arguments invoqués par les tenants de l'idée de l'exécution préméditée sont nombreux, mais ne prouvent pas formellement qu'une telle exécution s'est réellement produite :
Érick Schmitt était profondément endormi à l'entrée des policiers dans la salle, ce qu'avait vérifié Évelyne Lambert auparavant.
Dans sa déposition, celle-ci a déclaré avoir fait « un boucan épouvantable » en déplaçant des meubles, et avoir fortement secoué Érick Schmitt en lui disant de se réveiller.
L'essentiel de la théorie de l'exécution tient au fait qu'il n'y a aucun témoin autre que les deux policiers du Raid surveillant Érick Schmitt lors de l'intervention, qui ait vu celui-ci se réveiller.
D'où l'idée qu'il aurait été tué dans son sommeil, alors qu'il ne représentait pas un danger direct.
L'entrée des policiers, et l'intervention jusqu'aux tirs, s'est faite dans un silence total, comme le montrent les enregistrements des micros que le Raid avait placés dans les murs de la salle.
Il n'y avait donc pas de bruit susceptible de réveiller Schmitt. Contrairement à ce qu'on a souvent dit, aucun enfant n'a poussé de cri en étant effrayé par les policiers cagoulés.
Les balles qui ont tué Érick Schmitt ont été tirées par un seul des deux policiers chargés de le surveiller.
On peut dès lors se demander pourquoi un des policiers n'a pas jugé nécessaire de tirer alors que son collègue a tiré à trois reprises, atteignant Schmitt à la tête.
Deux des balles ont suivi exactement la même trajectoire, entrant et sortant par les mêmes trous.
On ne peut exclure que ce soient les deuxième et troisième balles tirées, et que Schmitt était déjà mort et immobile après le premier tir.
La cagoule que portait Érick Schmitt a été lavée, avant d'avoir été mise à disposition des enquêteurs.
Certains ont supposé que les policiers du Raid l'ont lavée pour éliminer des traces de poudre qui prouveraient que Schmitt a été tué à bout portant, et donc que les policiers auraient pu s'emparer du détonateur qu'il portait afin de sécuriser la salle au lieu de le tuer.
Du fait du lavage, on ne peut ni confirmer ni infirmer cette version.
Dès le mois de juin, la version officielle des faits est contestée par le syndicat de la magistrature qui estime que Charles Pasqua aurait ordonné l'exécution du preneur d'otages, qui semblait montrer des signes de fatigue (manque de sommeil), au détriment de la solution des pourparlers.
Pour beaucoup, le temps d'action était trop rapide et avec trop d'enjeux pour que les forces d'intervention aient le temps d'estimer la menace réelle. Elles ont agi selon la menace supposée et le principe de précaution.
En entrant, elles savaient qu'elles n'auraient guère d'autre choix que de tuer le forcené, s'il se réveillait.
Quelques mois plus tard, Alain Vogelweith et Béatrice Patrie, deux cadres du syndicat, publient « la Mort hors la loi d’Erick Schmitt » ((ISBN 2841120007)). Selon cet ouvrage, lors du tir le preneur d'otages s'était endormi, le détonateur hors de portée.
Les deux auteurs ont été poursuivis pour diffamation par Charles Pasqua.
En juillet 1993, une plainte contre X a été déposée par la famille d’Érick Schmitt pour « homicide volontaire avec préméditation ».
Aux termes d'une enquête minutieuse, le magistrat chargé d'instruire cette plainte a conclu au non-lieu.
La controverse demeure cependant encore médiatisée.


Autour de l'affaire



Laurence Dreyfus a été surnommée « l'institutrice-courage ».
Peu après la prise d'otages, elle fut décorée de la Légion d'honneur par François Mitterrand. Édouard Balladur, alors premier ministre, l'a invitée à Matignon.

Un père d'élève, Pierre Narboni, participe aux négociations et permet la libération de plusieurs enfants.

Le rôle exact de Nicolas Sarkozy dans les négociations avec le preneur d'otages ne fait pas l'unanimité. Interviewés dans l'émission « Faites entrer l'accusé », le journaliste Jean Pierre About, l'ancien procureur de la République de Nanterre Pierre Lyon-Caen et l'ancien directeur de la Police nationale des Hauts-de-Seine Aimé Touitou, affirment que Nicolas Sarkozy s'est imposé dans la cellule de crise et face aux journalistes.
Dans l'émission « Lundi investigation », Pierre Lyon-Caen revient sur l'affaire : « Il a le réflexe, qui montre l'animal politique, de faire venir le seul homme de communication, le pompier chargé de la communication, qui avait une caméra. »
Selon le reportage, l'attitude de Nicolas Sarkozy a conduit le preneur d'otage à rompre les négociations, et Charles Pasqua a décidé d'éloigner Nicolas Sarkozy du site de la prise d'otages.
Le RAID lui a décerné sa décoration.
Le groupe de rock-fusion français Oneyed Jack en a tiré une chanson : Le choléra, dans l'album "Arise" en 1998.
Ce titre essaye de présenter cette affaire du point de vue du preneur d'otages.
Le groupe de punk Zabriskie Point mené par l'auteur François Bégaudeau présente également une version de cette histoire, dans la chanson Happy end, où le sujet est traité d'un point de vue critique et ironique à l'égard du traitement médiatique de cette affaire, qui tournerait le drame humain et social en téléfilm à sensations
À l'époque des faits, la diffusion du téléfilm "On a tué mes enfants" a été annulée par égard pour les familles des enfants pris en otage.
Le 13 septembre 2007, le téléfilm H.B. Human Bomb - Maternelle en otage, mêlant images réelles d'époque, scènes jouées par des acteurs et témoignages, a été diffusé sur RTL-TVi.
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MessageSujet: Re: la maternelle de Neuilly   Ven 10 Mai - 13:48:08

La prise d'otages de la maternelle de Neuilly,46 heures d'angoisse

"Tout pouvait sauter,à n'importe quel moment..."



Erick Schmitt

Vingt ans après,des témoins de la retentissante prise d'otages de la maternelle,à Neuilly,racontent à l'AFP 46 heures d'angoisse,dont l'issue fut heureuse pour les enfants mais a pourtant laissé un goût amer à certains acteurs.

"La page est tournée",assure Juliette,la mère de l'un des 21 bambins retenus en otage par Erick Schmitt chômeur dépressif qui se faisait appeler "HB" (Human Bomb).

Sa fille,âgée à l'époque de 3 ans et demi et aujourd'hui étudiante en marketing,"va bien" et "n'a eu aucune séquelle".

"C'est un événement de ma vie,mais je ne l'ai pas vécu comme un drame personnel",confie aussi Catherine Ferracci,un des médecins venus dans la classe pour s'occuper des enfants.

"J'ai eu la chance d'être écoutée par mes collègues,pendant et après.

Pour d'autres,comme l'enseignante,cela n'a pas été le cas..."

Laurence Dreyfus,l'institutrice,a confié en 1998 dans un livre (Chroniques d'une prise d'otages) ses angoisses et frustrations,déplorant de n'avoir bénéficié d'aucun suivi psychologique après l'épreuve qu'elle venait de vivre.

"La prise d'otages se termine,un pompier me dépose chez moi et tout est fini...",écrivait-elle.

Jean-Pierre About,à l'époque grand reporter à TF1,se souvient lui de "ces gamins chantant des comptines dans cette classe bourrée d'explosifs".

"C'est l'image qui m'a le plus marqué dans ma carrière,plus que les bombardements à Bagdad",assure-t-il.

Habitué à couvrir les zones de guerre,il se retrouve en tête-à-tête avec l'assaillant,qui veut parler à un journaliste de la première chaîne.

"Petit show"

"Les enfants prenaient HB pour un héros de série télévisée,ils lui demandaient d'arbitrer leurs chamailleries.

Il leur parlait d'une voix douce,leur tapotait la joue,un peu comme un père de famille",évoque à son tour le procureur de Nanterre de l'époque,Pierre Lyon-Caen.

"Assis sur une petite chaise d'enfant",il s'entretient lui aussi avec le preneur d'otages,à la demande de Charles Pasqua,ministre de l'Intérieur à l'époque.

Le premier flic de France veut alors écarter du terrain Nicolas Sarkozy,le jeune maire de la ville huppée et ministre du Budget,qui s'est improvisé un peu plus tôt en médiateur pour faire libérer des enfants.

"Sarkozy était le maire de la ville,il n'était pas encore très connu et c'était dans son tempérament: toutes les conditions étaient réunies pour qu'il fasse un petit show,mais je ne voulais pas qu'il interfère dans l'action du Raid",justifie M. Pasqua,rappelant que "la situation était très préoccupante et prégnante".

Pour Jean-Claude Borel-Garin,alors patron adjoint du Raid,unité d'élite de la police,"la règle est claire: pas de personnalités gouvernementales sur le terrain".

Trop risqué.

Une radio,une télé,de l'argent, de la nourriture...

HB voit certaines de ses exigences satisfaites et relâche 15 enfants la première journée,le jeudi.

Mais le lendemain,six fillettes sont toujours otages.

Les heures passent et la situation s'enlise.

Gérant la crise depuis la place Beauvau,Charles Pasqua donne le feu vert pour l'opération finale.

Human Bomb sera abattu tôt le samedi de trois balles dans la tête,les enfants sont sains et saufs.

"Il a ouvert un oeil,j'ai tiré"

D'emblée,on salue le courage de Nicolas Sarkozy et des policiers.

Mais dans les semaines qui suivent,la polémique éclate.

Le procureur,qui dormait chez lui lors de l'assaut,se fend d'un communiqué dans lequel il regrette de ne pas avoir été associé à la décision finale,le Syndicat de la magistrature,classé à gauche,dénonce une "mort hors-la-loi".

Y a-t-il eu légitime défense,comme le soutient la police,ou "HB" a-t-il été tué dans son sommeil?

"Il a ouvert un oeil,j'ai tiré...

Et si c'était à refaire je le referais",répond très simplement 20 ans après Daniel Boulanger,le tireur du Raid.

"Nous étions en permanence en état de légitime défense.

Tout pouvait sauter à n'importe quel moment",justifie Jean-Claude Borel-Garin,numéro 2 du Raid de 1990 à 1994,qui a donné l'assaut.

Une plainte contre X est déposée par la famille d'Erick Schmitt,qui aboutit à un non-lieu.

Lors de l'enquête,les deux policiers seront cités comme témoins assistés,leurs noms étalés dans les journaux.

"La prise d'otages,ça m'a pourri la vie",lâche M. Boulanger.

Après les événements,le policier passe "deux ou trois ans au placard" avant d'être promu chef de la 1ère section intervention,jusqu'à la retraite.

"Mais l'amertume,elle est restée",confie-t-il,estimant avoir été "lâché par sa hiérarchie".

Pour Jean-Claude Borel-Garin,après la polémique,"on sent le soufre","le succès mondial est devenu infamant".

"Même blanchi,votre honneur est entaché.

C'était la première fois que le Raid abattait quelqu'un",souligne le policier,actuel directeur départemental de la sécurité publique de Gironde.

Aujourd'hui encore,le policier regrette que "l'Intérieur ne capitalise pas l'expérience des anciens dirigeants du Raid" qui,selon lui,auraient pu être utile dans l'affaire Merah,le "tueur au scooter" abattu par le Raid en 2012 à Toulouse après avoir assassiné sept personnes dont trois enfants juifs.













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MessageSujet: Re: la maternelle de Neuilly   Mer 15 Mai - 19:02:05

Un ancien du Raid se souvient des derniers moments de «Human Bomb»

Le 15 mai 1993,il y a tout juste vingt ans,le preneur d’otages d’une classe de la maternelle Commandant-Charcot de Neuilly-sur-Seine,était abattu de trois balles en pleine tête par le Raid...



Un policier du RAID lors de la prise d'otages à l'école maternelle Charcot,par Erick Schmitt,surnomme «HB»

Il est 7h25 en ce 15 mai 1993 et 46 heures se sont écoulées depuis son intrusion dans l'école.

Jean-Claude Borel-Garin,à l'époque numéro deux de l’unité d’élite de la police nationale,se souvient pour «20 Minutes» des derniers moments de la prise d’otages de la maternelle de Neuilly (Hauts-de-Seine).

Vous êtes arrivés le jeudi soir sur les lieux.

Les négociations avaient commencé depuis la fin de matinée...

Oui parce que j’étais au Cap-d’Agde (Hérault) pour les préparatifs des Jeux méditerranéens auxquels devait participer le président de la République.

J’ai appris la nouvelle de la prise d’otages en fin d’après-midi,il m’a fallu le temps de prendre un avion,de passer par la base du Raid à Bièvres,dans l’Essonne et d’arriver à Neuilly vers 21h30.

A partir de là,vous avez assisté les négociateurs?

Laurence Dreyfus,l’institutrice,est sortie de la classe où étaient retenus les enfants et nous a dit: «Donnez-lui ses 100 millions de francs pour qu’il les laisse sortir!»

J’ai essayé de la rassurer,de lui faire comprendre qu’elle ne devait pas avoir de l’empathie pour ce gars-là et que si on lui versait la rançon,peu de temps après,c’est la classe d’à côté qui serait prise en otage!

Comment s’y est pris le Raid pour éviter que le bâtiment n’explose avec les 21 enfants de 3 à 4 ans et leur institutrice à l’intérieur?

Laurence Dreyfus nous a dit que des bâtons de dynamite étaient disposés dans plusieurs points de la pièce et reliés jusqu’à «HB».

Nous l’avons vérifié quand un policier est entré en filmant discrètement.

«HB» avait un boîtier qu’il allumait quand quelqu’un entrait,il n’avait alors qu’à ouvrir la main pour que ça saute.

Le reste du temps,il le déconnectait.

Il devait alors appuyer sur un bouton pour déclencher l’explosion.

C’est à ce moment-là qu’il fallait qu’on intervienne.

Vous ne saviez pas encore à qui vous aviez affaire?

Nous ne savions rien de lui!

Et aucun des psychiatres qui nous accompagnaient ne disait la même chose.

Psychopathe?

Schyzophrène?

Ou personne suicidaire voulant être tuée par la police (suicide by cop)?


La négociation est basée sur l’obtention de choses contre des concessions: une télé,un gosse.

Pour un magnétoscope,un gosse,etc…

Le vendredi,il ne restait plus que six enfants.

Il faut dire que c’était dur pour lui de canaliser une vingtaine de gamins.

Le vendredi,Nicolas Sarkozy,alors maire de Neuilly et ministre du Budget,a apporté de l’argent à «HB» mais beaucoup moins que ce qu’il réclamait...

Et «HB» a compté et n’était pas content!

Ce n’est pas habituel qu’un homme politique entre dans la négociation?

Dans tous les manuels,il est très clairement écrit que les politiques ne doivent pas intervenir directement.

Cela donne de l’importance au preneur d’otages et entraîne de la surenchère.

D’ailleurs,c’est ce qui s’est passé.

C’est à Charles Pasqua,alors ministre de l’Intérieur,que «HB» a voulu parler ensuite.

On ne concède qu’une chose,montrer la carte d’identité du ministre pour lui prouver qu’il suit l’affaire.

Comment se comportaient les enfants à l’intérieur?

Les gamins devenaient de plus en plus difficiles.

Au fil des heures,ils n’arrêtaient pas de demander «Quand est-ce que c’est l’heure des mamans?»

Nous avions installé des micros sous la porte.

Le vendredi matin,nous avons pu faire entrer une caméra.

Quand on a eu de l’image,cela a pu rassurer les parents.

Le vendredi,les négociations ont patiné...

Le soir venu,on n’était pas plus avancé.

Comment s’en sortir?

J’ai eu une idée,risquée: mettre du somnifère dans son café.

J’ai obtenu le feu vert de mon patron et de Charles Pasqua,et à 3 heures du matin j’ai appelé un médecin-anesthésiste du Raid.

Du produit a été mélangé dans le thermos.

Mais à peine ses lèvres trempées,«HB» a dit: «C’est dégueulasse!»

Le café était trop fort à son goût.

Vers 5 ou 6 heures,il s’est assoupi malgré tout.

La médecin-capitaine des pompiers de Paris Evelyne Lambert,qui s’occupait des enfants,est allée le réveiller.

Cela fait plus de quarante heures qu’il n’avait pas dormi et il réagissait peu.

J’avais demandé à Evelyne Lambert qu’elle dégage ce qui était au sol,mette à l’abri les enfants et bouge la caméra pour qu’on puisse le voir.

C’est alors le signal…

Comme convenu,elle a enlevé sa blouse devant la caméra,nous indiquant ainsi qu’elle était prête.

Elle a entraîné les enfants pour un jeu de la tortue en les cachant sous des matelas.

Deux policiers se sont dirigés vers «HB».

Alors que l’évacuation des enfants était en cours,quinze secondes après,trois coups de feu ont retenti.

Je leur avais dit de tirer s’il bougeait un œil.

Daniel Boulanger l’a fait.

Pendant quelques secondes,ça a été la sidération.

Car «HB» aurait pu appuyer,même en fermant les yeux,et c’était fini.

On aurait pu sauter!

Très vite,une polémique a éclaté au sujet des circonstances de la mort d’Erick Schmitt.

Certains accusaient la police d’avoir exécuté «Human Bomb» dans son sommeil...


C’était un succès mondial et on était soupçonnés de ne pas avoir voulu le prendre vivant!

Mais la justice a tranché par un non-lieu.

Pour moi,à ce moment-là,le Raid a été la victime collatérale d’une querelle politique,en pleine période de cohabitation.

A l’époque,j’ai vécu une situation injuste,avec l’impression d’avoir été oublié alors que tous les protagonistes de cette opération avaient été décorés.

Quelle leçon tirer d’un tel événement?

Après de tels événements inédits,le Raid devraient être mieux débriefé.

On peut capitaliser sur l’expérience des autres pour que ce soit un support d’aide à la décision par la suite.

Pour permettre de faire plus attention aux détails.

Dans le cas de «Human Bomb»,savoir comment il aimait le café,fort ou non,aurait permis de le prendre vivant.














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