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| | Emeutes à Clichy sous-Bois après la mort accidentelle de deux mineurs | |
| | Auteur | Message |
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jacotte administratrice

Nombre de messages: 24577 Age: 46 Date d'inscription: 20/02/2005
 | Sujet: Emeutes à Clichy sous-Bois après la mort accidentelle de deux mineurs Ven 28 Oct 2005 - 10:59 | |
| La ville de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été le théâtre d'"émeutes", impliquant plusieurs dizaines de jeunes qui s'en sont pris aux pompiers, aux policiers et à des bâtiments publics, dans la nuit de jeudi à vendredi, après la mort accidentelle par électrocution de deux mineurs dans un transformateur EDF de la ville.
Les échauffourées se sont terminées vers 3h00 vendredi et n'ont pas encore entraîné d'interpellations, a-t-on appris de source policière. Il n'y a pas eu de blessés du côté des forces de l'ordre et des pompiers.
Vingt-trois voitures ont été brûlées dans le quartier du Chêne Pointu, par propagation de feu, et un dortoir de crèche abîmé, a-t-on précisé de source policière. Au matin, des restes de véhicules calcinés, des vitrines brisées dans un centre commercial et des abri-bus vandalisés témoignaient des "émeutes", selon le terme employé par un porte-parole des pompiers de Paris.
Dans ce quartier du Chêne Pointu, le rez-de-chaussée de la poste du centre-ville a été saccagé et neuf fourgonnettes de la Poste ont été totalement brûlées, a constaté une journaliste de l'AFP. Devant la mairie, on pouvait découvrir au matin une fourgonnette de transports calcinés, des bris de verre, un panneau au sol.
Les violences, qui ont suscité le déclenchement du plan de secours "troubles urbains", ont commencé dans la nuit de jeudi à vendredi, après la mort accidentelle des deux mineurs.
Selon une source policière, une bande de jeunes a été interpellée par la police, jeudi vers 17H30, à cause d'un vol dans un cabanon de chantier à Livry-Gargan, une ville touchant Clichy-sous-Bois.
En tout, six jeunes ont été arrêtés lors de ce vol et trois ont pris la fuite. Ils ont enjambé les grilles d'un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois, où deux d'entre eux ont trouvé la mort en s'électrocutant, selon la même source.
Selon un communiqué des pompiers, transmis peu avant 1H00 à l'AFP, les pompiers avaient été appelés à 18H44 pour porter secours à trois personnes électrocutés qui s'étaient réfugiées dans un transformateur, "après avoir tenté d'échapper à la police".
Les jeunes victimes, deux mineurs (dont l'un avait 15 ans et l'autre entre 14 et 16 ans) ont péri électrocuté dans un transformateur EDF situé rue des Bois, au fond d'une impasse à Clichy-sous-Bois. Une troisième personne, le frère d'une des deux victimes, a été grièvement blessé.
Il n'était pas encore établi vendredi matin si les deux jeunes étaient poursuivis par la police lorsqu'ils sont allés vers le transformateur EDF, car les interpellations à Livry se sont produites vers 17h30 et les pompiers ont été appelés plus d'une heure plus tard.
L'entrée du "local" EDF où les deux jeunes ont péri est protégé par une palissade et du fil barbelé qui a été arraché en haut à gauche, a constaté une journaliste de l'AFP sur place.
Selon la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), des "bandes incontrôlées de plusieurs dizaines de jeunes" s'en sont ensuite pris, dans la soirée, aux engins des pompiers en intervention et au centre de secours de Clichy-sous-Bois et à d'autres bâtiments qu'ils ont caillassés.
Vers 2h00, la BSPP avait évoqué "une stabilisation de la situation". Elle précisait que "les mesures de sécurité avaient permis d'éviter que des pompiers soient blessés". |
|  | | mimi administratrice

Nombre de messages: 19212 Age: 47 Date d'inscription: 26/07/2007
 | Sujet: Re: Emeutes à Clichy sous-Bois après la mort accidentelle de deux mineurs Jeu 28 Avr 2011 - 14:12 | |
| Non lieu pour les policiers dans la mort de Zyed et Bouna"Le feu des émeutes de 2005 n'est pas éteint" Les deux jeunes,Zyed et Bouna,avaient été électrocutés dans un transformateur EDF en 2005.
Un autre,qui s'était réfugié avec eux par peur des policiers, avait été grièvement blessé.
L'affaire était devenue symptômatique du malaise des banlieues: plusieurs semaines d'émeutes avaient suivi,et plusieurs candidats à la campagne présidentielle avaient manifesté leur soutien aux familles,comme Ségolène Royal,qui y avait porté une gerbe en hommage.
La décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris,qui a rendu un non-lieu mercredi,n'a pas suscité beaucoup de commentaires chez les politiques.
Cette décision veut pourtant dire que les deux policiers ne seront pas jugés.
La cour estime que ces policiers ne pouvaient pas aider ces adolescents à s'en sortir.
Cela fait 6 ans que la procédure suit son cours,et la déception est vive du côté des familles.
Des familles qui ont demandé à faire citer à comparaître les policiers.
En gros,une séance publique va avoir lieu,dans laquelle les familles présenteront leurs arguments en public pour décider de l'ouverture d'un éventuel procès.
Mehdi Bigaderne,adjoint au maire de Clichy-sous-Bois,ne cache pas ses craintes,au Parisien-Aujourd'hui en France: "le feu des émeutes n'est pas éteint.
C'est clair qu'un jour ça repartira.
Et à ce moment-là,quelle crédibilité aura-t-on face aux jeunes auxquels on vante les valeurs républicaines?
Ont-ils tort de dire qu'il y a une justice pour les riches et une pour les pauvres?"
Le collectif AC Le feu,forrmé après les émeutes de 2005,ne cache pas sa colère: "c'est une décision anti-républicaine, scandaleuse,honteuse".
Son président,dans Libération: "on a reçu des messages d'étonnement de toute la France.
Quel message est envoyé à la jeunesse?" |
|  | | mimi administratrice

Nombre de messages: 19212 Age: 47 Date d'inscription: 26/07/2007
 | Sujet: Re: Emeutes à Clichy sous-Bois après la mort accidentelle de deux mineurs Jeu 28 Avr 2011 - 21:53 | |
| Désillusion à Clichy-sous-Bois après le non-lieu accordé aux policiers
A Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis),l'attente a laissé place à la désillusion.
Abasourdies,les familles de Zyed et Bouna,les deux adolescents morts le 27 novembre 2005 électrocutés dans un transformateur EDF après une course-poursuite avec les forces de l'ordre,ont pris acte du non-lieu prononcé au profit des policiers,mercredi 27 avril par la cour d'appel de Paris.
Leur mort avait déclenché de violentes émeutes à Clichy-sous-Bois puis dans de nombreuses banlieues.
Dans la ville,les sentiments dominants sont "la déception et l'incompréhension",confie au Monde.fr Samir Mihi,le président de l'association Au-delà des mots,qui soutient les familles des deux adolescents.
"Comment peut-on avoir droit à un non-lieu après tant d'années d'instruction ?
A un an de la présidentielle,ça ne va pas arranger les relations avec les institutions."
Mohamed Mechmache,président du collectif d'associations AC-Le feu, partage la même inquiétude : "On travaille pour que la jeunesse croie en la justice,mais après une décision comme celle-là,c'est dur pour nous." "ON EST MÊME DÉLAISSÉS PAR LA JUSTICE" Cette décision de la cour d'appel,de nombreux jeunes Clichois ne la comprennent pas.
Pour Ousama,19 ans,"on sait qu'on doit régler nos problèmes seuls, qu'on ne peut compter sur personne,la preuve aujourd'hui".
Sébastien,20 ans se souvient des émeutes de 2005 : "C'était la guerre,des voitures brûlaient,et c'était pour se faire entendre,on réclamait justice."
Aujourd'hui,il affirme que les policiers "auraient dû être jugés.
Zyed et Bouna sont morts pour rien,comme on dit".
Employée de l'aéroport Roissy,Khadija Igfa,24 ans,soupire : "On est délaissés,mais qu'il n'y ait pas de justice à ce point là…
On est même délaissés par la justice." L'épisode tragique de la mort de Zyed et Bouna est toujours présent dans les esprits clichois.
"Ça reste très important pour les habitants,affirme Samir Mihi.
On n'oublie pas ça comme ça."
Dans la ville,une stèle et des graffitis en mémoire de Zyed et Bouna agissent comme un piqûre de rappel permanente.
"Sur le marché,on vend encore des tee-shirts à leur nom",assure au Parisien Ikram,une jeune mère de 23 ans. LA COLÈRE "S'EST ATTÉNUÉE" Malgré tout,plus de cinq ans après les faits,la colère n'est plus aussi vive.
"Elle s'est atténuée en cinq ans",confie Sarah,18 ans.
"On a appris à vivre avec,même si tout le monde se souvient d'eux et de la rage qu'il y a eu après leur mort",explique au Monde.fr Amine,26 ans.
Interrogé par BFM TV,Fariz Allili,ami des deux adolescents, explique qu'"à part les amis proches,on n'a plus beaucoup de monde qui suit l'actualité de Zyed et Bouna.
Pour eux,c'est classé depuis très longtemps."
Les suites judiciaires de l'affaire ne sont pourtant pas terminées.
Les familles de Zyed et Bouna vont se pourvoir en cassation et déposer une citation directe (qui permet de faire juger un délit sans passer par le procureur de la République) pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui" concernant les quinze policiers présents sur les lieux du drame le 27 octobre 2005. |
|  | | mimi administratrice

Nombre de messages: 19212 Age: 47 Date d'inscription: 26/07/2007
 | Sujet: Re: Emeutes à Clichy sous-Bois après la mort accidentelle de deux mineurs Sam 4 Juin 2011 - 11:08 | |
| Tribune : "Pour une gauche décomplexée"A un an de l'échéance de 2012,de jeunes élus de gauche somment leurs aînés de réinvestir les champs "sensibles",tels la banlieue et l'immigration. Le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois,deux adolescents,Zyed et Bouna,trouvaient tragiquement la mort après une course poursuite avec la police. Au lendemain du 21 avril 2002,une nouvelle génération politique s'est engagée pour réinventer le modèle républicain et faire barrage aux idées d'extrême droite. Pourtant,deux exemples de l’actualité récente,la question des quartiers populaires et celles des révolutions arabes,révèlent que la gauche demeure incapable d'aborder dans la clarté,le courage et la vérité des sujets dits "sensibles". L’exploitation démagogique de ces thématiques par la droite populaire et la peur d’alimenter la montée du Front National explique cette stratégie d’évitement et laisse la gauche tétanisée. A un an de l'élection présidentielle,au moment où les appareils politiques de gauche finalisent leurs projets et envisagent des accords de gouvernement,c'est le "ministère du silence" qui domine. Le silence de la gauche dans l'affaire de la mort de Zyed et Bouna Le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois,deux adolescents,Zyed et Bouna,trouvaient tragiquement la mort après une course poursuite avec la police. Le 27 avril dernier,la Cour d'appel de Paris a rendu un non-lieu à l'égard des policiers,poursuivis pour "non-assistance à personne en danger". Cette absence de procès,tant attendu par les familles,laisse perdurer l'idée d'une justice à deux vitesses et empêche l'émergence d'une vérité judiciaire. Le silence des partis de gauche face à ce déni de justice est choquant et manifeste l'incompréhension de ceux-ci face aux espoirs des enfants de la République en quête d'égalité et de respect. L'analyse des émeutes de 2005,qui avaient embrasé les banlieues, n'a toujours pas permis à la gauche de régler son rapport aux quartiers populaires. Accusée d'avoir priviligié l’assistanat "faire pour eux",la gauche éprouve des difficultés à imaginer des politiques de partenariats dans la durée "faire avec eux",trop anxieuse d'être taxée de laxisme. Résidentialisation,vidéoprotection,polices municipales sont devenues les axes d'action en vogue de la gauche gestionnaire, négligeant la prévention. Alors que certaines collectivités de gauche ont mené des expériences innovantes,la question des discriminations,de l'école, et du vivre ensemble restent,à contrario,insuffisamment portées à l'échelle du débat public national. La gauche,qui n'a pas gagné l'élection majeure depuis François Mitterrand,devrait oser se réapproprier ces questions pour inventer avec les citoyens une nouvelle politique d'égalité. Les partis de gauche doivent continuer à croire en la richesse de nos territoires,refuser l'existence de zones de non-droit et demeurer intransigeants quant à la présence et l'exemplarité de la puissance publique. Les révolutions arabes restent incomprises La gauche française a également tardé à comprendre les enjeux des révolutions arabes en cours. Le soutien aux forces d'opposition a trop souvent failli en raison de la conviction profonde que les systèmes policiers en place assureraient la stabilité,et protègeraient les intérêts européens face notamment à la menace islamiste. Une frange des altermondialistes a,quant à elle,trop souvent préféré s'associer aux fondamentalistes plutot qu'aux démocrates laïcs dans leurs combats pour les droits humains. La gauche est inaudible sur la politique migratoire,en raison des positions floues de ses différents leaders et de l'instrumentalisation de la question de l'immigration par la droite et le Front National. L'instabilité due aux transitions démocratiques favorise l'arrivée de migrants en France et oblige à repenser la question des flux migratoires,et à mettre un terme au fantasme "d'Europe forteresse". Ainsi,les migrants tunisiens venus avec des titres de séjour (visas Schengen) de Lampedusa à Paris via Parme,Marseille ou Nice, ont été surpris et choqués par leurs conditions d'accueil. Héros de la révolution du Jasmin pour certains,migrants économiques pour d'autres,ils ont été traités en clandestins sans droits. Les collectivités de gauche devraient se saisir de cette crise pour mettre en oeuvre une politique d'accueil respectueuse de la dignité des migrants,et servir de laboratoire d'idées et d'actions. Le courage de dire la vérité Militants loyaux,engagés dans la bataille de la prochaine présidentielle,nous pensons qu'une politique de gauche décomplexée implique le courage de chercher la vérité et de la dire. Nous demandons aux responsables de gauche de s’émanciper de la pression de la droite populaire et de l’extrême droite pour refonder le pacte républicain,et renouer avec sa tradition internationaliste. Face au retournement du monde,seule l'affirmation de nos valeurs rendra possible la victoire de la gauche en 2012. |
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