La famille Fourcade était venue en nombre, hier, au tribunal de Narbonne depuis leur village de Momères près de Tarbes (Hautes-Pyrénées).
Les parents de la petite Coralie, David et Marie-Cécile, mais aussi ses grands-parents, son oncle et sa tante, sa marraine et son parrain… étaient partie civile dans le procès de l’automobiliste qui a causé la mort de la petite fille le 15 août à Narbonne-Plage.
Très dignes, les Fourcade entendaient avoir des explications et certainement des excuses.
En tout des mots qui leur auraient permis d’atténuer un peu leur douleur.
Il n’en fut rien. Marie-Thérèse Contes, une Montpelliéraine de 79 ans, prévenue d’homicide involontaire, était absente.
Son cardiologue considérant que son état de santé ne lui permettait pas d’assister à l’audience.
C’est donc son avocat, Maxime Martinez, qui s’est fait son porte-parole pour dire qu’il « compatissait à la douleur de la famille » Fourcade.
Expliquant que le drame était la conséquence « d’une sombre fatalité, un enchaînement de circonstances tragiques ».
L’enquête a toutefois démontré la faute de la septuagénaire qui a confondu la pédale de frein et celle de l’accélérateur de sa voiture à boîte automatique.
La famille Fourcade qui traversait alors sur un passage protégé est fauchée.
Pour la petite dernière, âgée de 18 mois à peine, qui se trouvait alors dans une poussette, le choc a été fatal. Au volant de sa Peugeot 607, Marie-Thérèse Contes a continué sa route sur une vingtaine de mètres avant d’être arrêtée par une voiture qui se trouvait devant elle et qu’elle a percutée.
Son mari qui est médecin s’est précipité pour tenter de réanimer la petite Coralie.
En vain.
La conductrice assurera ne pas avoir vu les piétons. Pourtant la visibilité était parfaite ce 15 août à 19 h. « Depuis le jour du drame, personne ne s’est manifesté pour dire : "Je suis désolé. J’ai fait une faute grave". Ça n’aurait rien changé mais bon… » confie David, le père de Coralie.
Et de poursuivre, la gorge serrée,
« c’est regrettable qu’elle ne soit pas là. Ça fait un grand trou dans la famille. Ça fait comme une bombe atomique dans la famille ».
Marie-Cécile, la mère, en larmes, ne peut pas parler.
Leur avocat Didier Sans martèle : « Sur le plan moral, les parents de Coralie se font des reproches. Le père se dit que s’il avait su qu’elle allait accélérer, il ne se serait pas engagé sur le passage piéton. Pour se reconstruire, ils ont besoin d’entendre qu’ils sont victimes et que la conductrice endosse sa responsabilité ».
Même ton de reproche du côté du parquet.
Philippe Romanello n’hésite pas à dire qu’il a pris des réquisitoires plus sévères depuis qu’il sait que la prévenue ne se présentera pas.
Soit deux ans de prison dont un avec sursis, une annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant cinq ans et une amende de 4 000 €.
Finalement, le tribunal a condamné Marie-Thérèse Contes à neuf mois de prison ferme, 15 mois avec sursis, l’annulation du permis avec interdiction de le repasser pendant cinq ans et 4 000 € d’amende.
La partie civile a obtenu plusieurs dizaines de milliers d’euros de dommages et intérêts.