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 Trahi par son ADN, il est accusé de viol et de meurtre... 22 ans après ( Perpétuité)

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jacotte
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MessageSujet: Trahi par son ADN, il est accusé de viol et de meurtre... 22 ans après ( Perpétuité)   Lun 28 Sep 2009 - 7:12

Robert Greiner clame son innocence depuis son arrestation en 2006.
Son procès en appel commence aujourd'hui à Lyon.
Pendant une semaine, un terrible face-à-face va opposer ce père de famille de 56 ans, originaire de Sorgue (Vaucluse), à la famille d'Évelyne Boucher, la victime. Une affaire qui a ému la France entière.


Réclusion à perpétuité.
Un verdict prononcé le 11 avril 2008 par la cour d'assises du Gard à l'encontre de Robert Greiner, 56 ans.

Ancien sapeur-pompier à Avignon, dans le Vaucluse, il sera dès aujourd'hui sur le banc des accusés de la cour d'assises du Rhône.
Son procès en appel pour le viol et le meurtre d'Évelyne Boucher va durer toute la semaine.

"Si je viens à Lyon, c'est pour arracher l'acquittement", indique Me Patrick Gontard. Avocat de la défense, assisté de Me Lina Mourad, il insiste : "Il y a des doutes sur l'emploi du temps de mon client. J'ai des éléments et des témoins nouveaux qui n'ont pas encore été cités."

8 décembre 1987.
Évelyne Boucher, lycéenne de 16 ans, domiciliée à Villeneuve-lez-Avignon (Gard), est retrouvée morte non loin de chez elle, près d'un champ de tir des Angles, par deux chasseurs.

Elle a été violée.
Étranglée.
Et achevée d'une balle dans la tête...

Un témoin prétend que, quelques heures avant la découverte du cadavre, il a aperçu la victime à l'arrière d'une voiture conduite par un homme.
Un peu plus tôt, Évelyne Boucher était descendue du bus qu'elle avait pris avec ses amis.
Elle était à 200 mètres de chez elle.
Plus personne ne la reverra vivante.

Un prélèvement ADN sera effectué sur le corps de la victime (lire ci-contre).
Il s'avérera décisif, 19 ans plus tard...

"Il l'a suivie comme un fauve suit sa proie"

Pendant des années, la famille de la malheureuse met tout en œuvre pour retrouver l'auteur de ce crime horrible.
Un appel est lancé dans l'émission télévisée "Témoin N°1".
Parents et amis vont jusqu'à offrir 200 000 F, soit plus de 30 000 €, pour tout témoignage permettant de faire avancer l'enquête.
Sans résultat.

Le corps de Roberto Succo, dit le tueur fou, a même été exhumé pour des prélèvements ADN : il aurait été aperçu dans la région de la Cité des papes à cette période-là.

Là encore, rien.

Rien, jusqu'en juin 2006.
La nouvelle tombe.
L'ADN retrouvé sur le corps d'Évelyne Boucher correspond à celui de Robert Greiner.
Il a 53 ans à l'époque.
Il est mis en examen pour "viol et meurtre en concomitance", puis écroué.

"Greiner est un prédateur sexuel. Il a repéré Évelyne dans un bar. Et l'a suivie comme un fauve suit sa proie", a plaidé Franck Gardien, lors de son premier procès.

L'enquête psychologique menée sur l'accusé le décrit comme un homme violent, séducteur et irascible.

Aujourd'hui encore, même s'il a admis qu'il a peut-être eu des relations sexuelles avec Évelyne, Robert Greiner continue de clamer son innocence.

Et Me Patrick Gontard de conclure : "C'est un homme très abattu. Il est affaibli par une récente attaque cardiaque."

Les parents d'Évelyne aussi.
Par le chagrin.......



REPÈRES


l'accusé

Originaire de l'Est de la France, né en 1953, père de deux enfants.
Il devient pompier professionnel à Avignon en 1981.
Il est arrêté le 19 juin 2006 et mis en examen deux jours plus tard

La victime

Née le 11 avril 1971.
Élève au lycée Théodore-Aubanel à Avignon.

Le crime


Évelyne Boucher disparaît près de chez elle, le 7 décembre 1987.
Elle est retrouvée le lendemain, violée et tuée d'une balle dans la nuque.


Dernière édition par jacotte le Sam 3 Oct 2009 - 20:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Trahi par son ADN, il est accusé de viol et de meurtre... 22 ans après ( Perpétuité)   Mer 30 Sep 2009 - 23:27

« Je n’étais pas un séducteur même pas un dragueur. Je n’avais aucune difficulté à plaire aux filles. Pas besoin de les forcer. Je les invitais à boire un verre et... elles montaient dans ma chambre à la caserne ».
Si l’on en croit Robert Greiner l’uniforme des sapeurs-pompiers serait absolument irrésistible.
Les femmes tomberaient dans les bras des soldats du feu comme les feuilles mortes en automne.

Aujourd’hui le sapeur-pompier avignonnais n’arbore plus son statut de « présumé » don juan.
Il ne postule que pour le rôle de victime que les jurés ne lui ont pas accordé en le condamnant en avril 2008 à la réclusion criminelle à perpétuité pour le viol et le meurtre d’Evelyne Bouchet, une adolescente de seize ans.

Depuis lundi en appel devant la cour d’assises du Rhône Robert Greiner joue son va-tout.
Un quitte ou double pour lequel il semble prêt à davantage de concession.
Sans trop ergoter cette fois il admet ses infidélités, ses frasques.
Après avoir tout au long de l’instruction soutenu être l’objet d’une erreur scientifique, il reconnaît - comme en première instance - avoir eu une relation sexuelle avec Evelyne le 8 décembre 1987 jour de sa mort.
Mais comment faire autrement quand l’ADN retrouvé dans le corps de la victime est le sien ?
C’est prouvé depuis que, suite à une bagarre au Pont-du-Gard en 2003, des prélèvements ont été réalisés malgré une forte réticence de l’intéressé.
« J’avais peur qu’on se rende compte que je buvais, j’aurais pu perdre mon emploi » prétend pour la première fois le quinquagénaire.
Il n’a cependant aucun souvenir de cette relation sexuelle « à la va-vite » avec la jeune fille qu’il ne connaissait même pas (sic).
Le lendemain la région avigonnaise était sous le choc après la découverte dans la garrigue des Angles du corps de la lycéenne violée, étranglée et achevée d’une balle dans la tête.
Mais lui - sapeur-pompier professionnel - n’aurait jamais entendu parler de ce drame.
« Je ne lis pas les journaux » lance benoîtement l’accusé aujourd’hui âgé de 57 ans qui a parfois du mal à avoir réponse à tout.
Le calvaire d’Evelyne était hier égrené au travers des rapports des légistes et des constatations du SRPJ. Kidnappée, la jeune fille a tenté de se défendre, elle s’est débattue, elle a eu tellement peur qu’elle a vomi.
« De la bile de stress » comme le précise les médecins.

Dans le box des accusés les traits tirés le visage amaigri et livide Greiner ne réagit pas...
Comme absent.
Dans la salle d’audience une mère et une soeur affrontent encore une fois l’insurmontable... en larmes
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MessageSujet: Re: Trahi par son ADN, il est accusé de viol et de meurtre... 22 ans après ( Perpétuité)   Ven 2 Oct 2009 - 7:41

L’entêtement quand il est outrancier devient accablant...
Durant ces quatre jours devant la cour d’assises du Rhône, Robert Greiner n’a eu de cesse que d’éviter les questions embarrassantes par des tirades stéréotypées et vaseuses avec un seul leitmotiv : convaincre de son innocence.

En dressant un épais rideau de fumée autour de sa personnalité et de sa ville, le sapeur-pompier d’Avignon tente maladroitement de semer le doute dans l’esprit des jurés.
Il adopte ainsi la même stratégie que devant les assises du Gard.
Un système de défense qui n’avait pourtant pas persuadé les jurés qui l’ont condamné, en 2008 à Nîmes, à la réclusion à perpétuité pour le viol et le meurtre d’Evelyne à Villeneuve-lès-Avignon le 8 décembre 1987.

Aveu proposé, aveu extorqué, aveu spontané…
L’accusé virevolte au fil de ses interventions devant la cour pour finalement concéder qu’il a bien eu une relation sexuelle avec la lycéenne de 16 ans le jour où… elle a été battue, violée, tuée.
Aveu obligé puisque son ADN a été retrouvé dans le corps de la victime. Preuve en a été faite 18 ans après, quand le caporal des pompiers âgé de 57 ans a dû – suite à une condamnation pour violence – se prêter avec beaucoup de réticence à un examen génétique.

Hier matin, Greiner s’est drapé dans un autre rôle. Celui que le président François Martin qualifie de « père la pudeur » de la caserne.
Comme s’il avait toujours tenté de ramener un peu de moralité dans un monde de turpitude.
Pour cela, Greiner semble prêt à se dédoubler.
L’homme à femmes, décrit comme violent et alcoolique, se ripoline dans un costume d’honnête citoyen bien sous tout rapport.
Tout ce qui arrive, c’est la faute des autres…
Aux autres pompiers, à la société et peut-être aussi à la science.
« Il pense que la terre entière se ligue pour l’envoyer en prison. Les preuves sont accablantes mais il voudrait faire passer Evelyne pour une traînée qui venait le relancer à la caserne. »

Après Me Lionel Fouquet, Me Franck Gardien au nom de la mère et du beau-père d’Evelyne adjure Greiner d’avouer la vérité.
Méticuleusement, l’avocat de la partie civile effectue une analyse très serrée et noue un filet dont le pompier ne semble pas pouvoir s’évader.

La réclusion criminelle à perpétuité requise – et prononcée – en terre gardoise est assortie ou plutôt alourdie d’une période de sûreté de 18 ans par l’avocate générale Jacqueline Dufournet.
Des réquisitions qui ne laissent rien au hasard et très peu d’espace à la contradiction.
« Alors qu’elle rentrait chez elle, Greiner l’a forcée à monter dans sa voiture. On a retrouvé une boucle d’oreilles à 300 m de sa résidence. Il l’a frappée, attachée et violée. Puis il l’a étranglée et achevée d’une balle dans la nuque, comme on exécute une bête agonisante. »
A ce moment-là, l’accusé cherche le regard de son épouse dans la salle d’audience.
Désespérément…
Peut- être en a-t-elle trop entendu ces derniers jours.

La défense n’a que très peu de cartes maîtresses dans son jeu.
Me Lina Mourad épluche l’emploi du temps de l’accusé et de la victime pour tenter d’y insérer un rendez-vous à la caserne en ce tragique 8 décembre.
Des relations alors consenties avant qu’Evelyne ne reparte et rencontre son meurtrier.
Face au dossier, Me Gontard marche dans les pas du Petit Poucet.
Une harassante et périlleuse course de fond pour tenter d’atteindre l’acquittement
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MessageSujet: Re: Trahi par son ADN, il est accusé de viol et de meurtre... 22 ans après ( Perpétuité)   Sam 3 Oct 2009 - 20:36

En reprenant la peine prononcée par la cour d’assises du Gard en avril 2008, les jurés du Rhône n’ont pas voulu faire payer à Robert Greiner son obstination.
Hier, le caporal des pompiers a été condamné en appel à la réclusion criminelle à perpétuité pour le viol et le meurtre d’Evelyne Boucher, en décembre 1987 à Villeneuve-lès-Avignon.

Les jurés n’ont, en effet, pas suivi les réquisitions de l’avocate générale, Jacqueline Dufournet, qui réclamait en sus une période de sûreté de 18 ans, soit le maximum de la peine encourue à l’époque des faits, en 1987. Ce qui, pour la représentante de l’accusation, correspondait à l’aveuglement de Robert Greiner ; celui-ci n’a effectivement pas pris, ou pas voulu prendre conscience de l’extrême gravité des faits dont il avait à répondre.

Hier, avant que les jurés lyonnais ne se retirent pour délibérer, le sapeur-pompier avignonnais s’est encore englué dans un interminable monologue.
Alors que le président lui donnait la parole pour la dernière fois, Greiner, après ses avocats, s’est lancé – conclusion écrite à l’appui – dans un nouveau plaidoyer, pour tenter de démonter les conclusions pourtant accablantes de l’accusation.

Il a tenté une nouvelle fois de se présenter comme un bouc émissaire, victime de toutes les instances qui se sont intéressées à son affaire.
Ainsi, outre la cabale policière, le rouleau compresseur judiciaire et les supposées trahisons de son environnement professionnel ou personnel, il s’en est pris à la presse qui n’aurait été obnubilée que par son profil génétique.
Ceci après que son sperme a été retrouvé dans le corps de la victime martyrisée, violée, étranglée, et achevée d’une balle 22 long rifle dans la tête.
De même, il affirme que s’il avait découvert sur les journaux, qu’il soutient ne jamais lire, la photo d’Évelyne, il se serait vite manifesté pour témoigner qu’il avait eu avec elle une relation sexuelle consentie le jour du drame.
Son destin, comme il le dit, aurait assurément pris une autre tournure.

Pour la mère et les proches d’Évelyne, ce plaidoyer a été ressenti comme une nouvelle crucifixion.
A l’issue du verdict, Greiner est, comme à Nîmes, demeuré de marbre, ne laissant transparaître aucune émotion…
Peut-être seulement un rictus dédaigneux en direction de ceux qui n’ont pas voulu croire en son histoire. Gisèle Cronier avait promis à sa fille, après sa mort, d’aller jusqu’au bout pour que son crime ne demeure pas impuni. Son combat a déjà duré 22 ans.
Va-t-il s’arrêter à Lyon ? Le quinquagénaire vauclusien a cinq jours pour se pourvoir en cassation.
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