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 Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité

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jacotte
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Mer 7 Mai 2008 - 22:12

Fourniret promet qu'il répondra désormais aux questions

Michel Fourniret a promis mercredi qu'il répondrait désormais aux questions sur les sept meurtres aggravés lui valant de comparaître aux assises des Ardennes, une déclaration d'intention arrachée par ses enfants et qui n'a pas été suivie de révélations.

Depuis l'ouverture du procès le 27 mars, le tueur en série présumé n'avait cessé de monnayer sa participation aux débats contre un procès sans public ni journalistes.
Il n'a que très rarement dérogé à cette position et sans jamais vraiment consentir à s'expliquer sur les faits.

Au premier jour, il rappelait aussi qu'il souhaitait voir modifier un acte d'accusation selon lui truffé d'erreurs.
Il se justifiait ainsi : "les écrits restent, mon sort importe peu mais celui de mes descendants si".

Le changement d'attitude s'est produit mercredi alors que sa fille Anne, née en 1972 de son deuxième mariage, témoignait à la barre à la fin du deuxième jour de l'examen de sa personnalité, après sept semaines d'audience.

Michel Fourniret venait d'affirmer qu'il pourrait s'expliquer même hors huis clos à condition que ses deux enfants cités comme témoins le lui demandent : "je crois que ce serait un ordre et dans ce cas je parlerais en public".

Après Jean-Christophe, 44 ans, qui dépose moins de dix minutes pour lâcher un "oui" sans motivation face à un père qu'il n'a pas connu, Anne se présente à la barre, pantalon noir et cheveux relevés en chignon.

"Oui tu peux prendre la parole maintenant", répond-elle à son père soucieux une dernière fois de savoir si c'est bien son voeu.

Celui-ci acquiesce ensuite devant Me Alain Behr, avocat des parties civiles, qui lui demande "nous avons donc votre parole?".

A la surprise de la salle, aucun avocat n'enchaîne avec une question de fond, et c'est sur un aspect secondaire du dossier que l'accusé est appelé à s'exprimer, renouvelant au passage ses critiques acerbes contre son épouse et complice présumée Monique Olivier, "cette bonne femme malhonnête".

En début d'audience, il s'en était pris vivement à "ses assertions vagues et filandreuses", dans une allusion à ses déclarations de la semaine dernière selon lesquelles ils rejouaient des scènes de crime lors de leurs rapports sexuels.

"Et votre fille avez-vous quelque chose à lui dire?", a demandé son avocat Me Pierre Blocquaux.
Debout dans le box, il répond en fixant Anne : "non seulement à toi..." (il fond en larmes) "mais aussi à ton frère et à ta soeur" tous deux décédés.
"C'est une situation où les mots n'ont plus de sens, si ce n'est de te dire que je t'aime, je peux crever je t'aimerai toujours".

Auparavant Michel Fourniret, 66 ans, était resté indifférent face à ses deux ex-épouses Annette (1962-66) et Nicole (1969-84), qui ont raconté leur surprise à la découverte de la part d'ombre d'un mari d'apparence normale.

L'une comme l'autre ont expliqué avoir préféré quitter leur mari dès qu'elles ont appris les soupçons d'attentats à la pudeur ou d'agressions sexuelles pesant sur lui, une première fois dès l'âge de 24 ans en 1966.

Hors audience, des proches de victimes ont fait part de leur espoir mais aussi de leur scepticisme face au revirement de l'accusé.

"Il va bien arriver encore à louvoyer, Fourniret honnête j'ai des doutes", a déclaré Marie-Jeanne Laville, mère d'Isabelle tuée en 1987.

"On souhaite qu'il parle bien sûr (...) on y croit", a dit le beau-père de Mananya Thumpong, assassinée en 2001.

Reprise des débats mardi.
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Jeu 8 Mai 2008 - 20:13

Les deux ex-épouses de l’accusé témoignent


Les deux femmes ont en commun d’avoir aimé un homme « prévenant et gentil, mais autoritaire », un « travailleur acharné ».
L’accusé n’est pas l’être qu’elles ont connu.


Elles ne se ressemblent pas, mais décrivent le même mari avec ses sautes d’humeur et sa courtoisie, le même ouvrier aux doigts d’or.
Elles disent aussi qu’il était dominateur et qu’il ne fallait pas se laisser faire.
Annette et Nicole ont résisté à Michel Fourniret qui, il est vrai, ne leur a jamais demandé de l’aider à tuer des adolescentes. « Monique était une femme fragile qui lui était totalement soumise, indique Nicole, un être faible qui ne comptait pas. Michel, il fallait constamment le contrer. »
Annette n’a pas vu la troisième épouse, mais confirme qu’il cherchait toujours à marquer son ascendant sur les femmes. Elle a du mal à témoigner : entre eux, c’est de l’histoire ancienne (divorce en 1966), et puis il y a les dégâts causés à tous ceux qui ont croisé sa route.
« Je pense aux familles, à leur douleur incommensurable, et aussi à mon fils qui a tant souffert. »
Annette ne dit pas « notre » fils : les relations sont rompues depuis quarante-deux ans, l’homme qu’il est ne veut pas entendre parler de ce père dont il a renié jusqu’au nom.


« Ce n’était pas n’importe qui »

Annette, surveillante-chef à l’hôpital de Sedan, dirigeait 80 personnes lorsque Michel, son mari, dérapa pour la première fois avec la petite fille d’un de ses aides-soignants : « Imaginez… Se retrouver face à un gars que l’on aime et à des faits irrationnels… Au commissariat, il était contrit. Moi, j’étais effondrée », explique la sexagénaire qui ne s’est « jamais remise ».
Petite dame chic, barrettes en strass sur coupe brune au carré, veste à carreaux verts et pantalon blanc, elle ne veut pas l’accabler : « Il avait un fond humain. Ce n’était pas n’importe qui. Je décelais deux personnalités : l’une attachante, l’autre introvertie, avec des absences psychologiques que je mettais sur le compte de la guerre d’Algérie, qui l’avait marqué. »
Cependant, elle s’étonne qu’il se dise marqué par sa virginité perdue avant le mariage : « Il ne m’en a jamais fait le reproche, ni parlé. Tous les pédophiles ont cette explication pour se disculper. Ils invoquent la virginité inconnue. » L’accusé, qui peu à peu recouvre l’usage de la parole, la toise de son 1,67 mètre: « Ce n’est pas devant Mme Annette qui n’a que la qualité de première épouse, de premier espoir, que je réagirai. »


« C’était le bonheur… »

Nicole, deuxième femme, fait son entrée sous les regards pesants.
C’est une femme que l’on devine maternelle, avec des bras solides qui se referment sur ses petits.
Elle a eu trois enfants de Fourniret.
Deux sont morts : Nicolas, mutilé par une fendeuse à bois ; Marie-Hélène, la malheureuse qui s’est tuée aux barbituriques.
Le dos large de Nicole s’est arrondi sous la peine, ses cheveux sont gris de malheur.
Etrangement, on remarque la métamorphose du prévenu.
Il revoit enfin son grand amour, celle à qui il envoie encore une lettre par mois.
Nicole insiste à son tour sur la dualité de l’homme, dont elle n’a « pas eu à se plaindre même si l’on ne savait jamais de quoi seraient faits les lendemains.
Tout allait bien, c’était le bonheur, et soudain le ciel s’assombrissait ».
Nicole parle, parle encore, Michel pleure, se mouche.
A 18 heures, il se lève : « Si tu m’en donnes l’ordre, je parlerai. »
La cour stupéfaite ordonne une suspension.



Hier, il est 19h30. Michel Fourniret, en larmes s'adresse à sa fille Anne : "Je veux te dire quelque chose à toi, à ton frère et à ta soeur (ils sont morts) et aux personnes qui sont là : Il y a des situations où les mots n'ont plus de sens. Je peux crever. Je vous aimereai toujours..."
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Ven 9 Mai 2008 - 22:34

L'ombre d'Estelle


Sur la cour d'assises planent les souvenirs et les visages des sept victimes de Michel Fourniret.
Mais à leurs ombres, s'ajoutent souvent celles d'autres disparues.
Joanna Parish et Marie-Angèle Domèce bien sûr.
Michel Fourniret et Monique Olivier sont depuis peu mis en examen dans ces deux dossiers.
Et Monique Olivier accuse son mari.
Pourtant, c'est en particulier à la petite Estelle Mouzin, disparue en janvier 2003 à Guermantes, que certains avocats des parties civiles pensent plus particulièrement.

Plusieurs fois, ils ont demandé à Michel Fourniret s'il avait tout dit, s'il n'effaçait pas de son tableau criminel quelques-uns de ces crimes.
Ils ne peuvent pas croire qu'il serait resté presque 10 ans sans partir "en chasse" pour reprendre sa propre expression.
Stéphanie Duchatel est capitaine de police au SRPJ de Versailles.
Son dossier à elle, justement, c'est celui d'Estelle.
Elle vient témoigner à la demande de Michel Fourniret.
"On a passé une journée ensemble", explique-t-elle.
Elle se souvient qu'avec lui le courrant est passé.
Ensemble, ils ont même évoqué sa famille et Michel Fourniret se serait ému à l'évocation de Nicole, sa seconde épouse, et de ses enfants.

"Message reçu 5 sur 5"

Stéphanie Duchatel admet aussi qu'en tant qu'enquêteur, bien sûr, elle voulait rencontrer, un brin fascinée, LE personnage.
Elle veut s'adresser directement à Michel Fourniret : "Vous avez collaboré, je garde un bon souvenir de cette journée, je vous repose la question en espérant de la sincérité et de la vérité, vous êtes le seul à savoir".
"Ma réponse est tout à fait claire, assure l'accusé, je n'ai rien à voir, rien à voir ni de près ni de loin avec l'enlèvement d'Estelle Mouzin".
La policière se souvient qu'en montrant la photo de cette enfant de 9 ans, Monique Olivier lui avait assuré : "ça, ça pourrait lui plaire" ; mais elle lui avait dit aussi : "quand on a vu sa photo à la télé, il a dit, ça, ça n'est pas moi". Stéphanie Duchatel précise que Michel Fourniret a répondu à toutes les questions qu'elle et trois autres de ses collègues lui ont posées ce jour-là.

Maître Didier Seban, l'avocat du père de la petite Estelle, revient à la charge.
"Ça, ça aurait pu vous plaire ?"...
Long silence de Michel Fourniret...
Hier déjà, la lancinante question du sort d'Estelle était venu sur le tapis.
Réponse de l'accusé : "Monsieur Seban tient à obtenir, pour les parents en attente d'une réponse, des aveux. Je n'ai eu de cesse de lui dire que je ne suis pas concerné".
A la policière, il ne répète pas autre chose mais y met cette fois les formes.
Elle lui explique qu'elle aurait aimé faire avec lui le point et "un peu de bien si c'est possible".
L'accusé ne dit pas non : "Message reçu 5 sur 5", mais évidemment pas ici.
Il lui propose donc de la rencontrer un autre jour en un autre lieu.
Stéphanie Duchatel accepte le rendez-vous mais concède que dans ce dossier Estelle, elle et son équipe, si aguerris soient-ils, n'auraient pas pu faire plus. Michel Fourniret a toujours démenti son implication dans la disparition de la fillette.

Mais attention, il a déjà juré sur la tête de SA petite fille qu'il n'avait pas tué Céline Saison en 2000 ; sa famille est pourtant sur le banc des parties civiles et il a reconnu les faits.
Michel Fourniret avait aussi étrangement associé aux noms de ses deux dernières victimes, Céline Saison et Mananya Thumpong, celui d'Estelle Mouzin.
Depuis il assume.
Céline et Mananya ont bien été ses proies.
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Mar 13 Mai 2008 - 15:54

Michel Fourniret se définit comme encore «extrêmement dangereux»


Michel Fourniret, qui accepte désormais de répondre aux questions à son procès aux assises des Ardennes, sera interrogé jeudi matin et vendredi matin sur les sept meurtres aggravés dont il est accusé, lors de deux demi-journées d'audience supplémentaires, a annoncé le président mardi.

En attendant, Michel Fourniret répond aux questions qui lui sont poosées dans le cadre de l'examen de sa personnalité.
Il a ainsi expliqué mardi qu'il se considérait comme toujours «extrêmement dangereux» car il doutait toujours d'avoir fait perdre sa virginité à une femme.
«A partir du moment où ce doute existe, je reste en situation d'être un individu extrêmement dangereux», a déclaré l'accusé, au troisième jour de l'examen de sa personnalité, alors qu'une de ses victimes, agressée sexuellement dans les années 1980, témoignait à la barre.

«Ca veut dire que vous vous considérez encore comme dangereux?», a alors interrogé un avocat des parties civiles.

«Oui», a répondu Fourniret.

Expérimenter la défloration


Dans des écrits échangés en 1987 avec Monique Olivier - alors qu'il était emprisonné pour une série d'agressions sexuelles -, Fourniret avait expliqué sa quête de jeunes filles vierges par le fait de n'avoir jamais pu expérimenter la défloration.

Si ni sa première épouse Annette, ni l'actuelle Monique Olivier --sa coaccusée dans ce procès-- n'étaient vierge lors de leur rencontre avec Fourniret, en revanche sa deuxième femme Nicole avait assuré à la barre la semaine dernière que Fourniret avait été son premier amant.
Des affirmations dont il a à nouveau douté mardi, parlant de l'«autodéfloration commise» par cette dernière.

Dans ce procès dont le verdict est attendu le 29 mai, Michel Fourniret doit répondre de sept meurtres de jeunes filles précédés de viols ou tentatives entre 1987 et 2001.
Monique Olivier est accusée d'être coauteure d'un des sept meurtres et complice de plusieurs autres.

Questions des parties civiles


Un peu plus tôt, Gilles Latapie, le président de la cour d'assises qui juge Monique Olivier et Michel Fourniret depuis le 27 mars, avait expliqué qu'il avait demandé aux avocats des parties civiles de recueillir auprès d'elles les questions qu'elles souhaiteraient voir poser au principal accusé.

«De manière à aborder plus spécifiquement ces points», a ajouté le président, des audiences supplémentaires auront lieu jeudi 15 et vendredi 16 mai de 9h30 à 11h30.
Jusqu'alors le planning prévoyait à ces dates des débats entre 13h et 19h, comme chaque jour depuis la fin avril.

D'ici à jeudi les débats continueront de se focaliser sur l'examen de la personnalité de deux époux, a souligné Gilles Latapie.
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Mer 14 Mai 2008 - 18:35

Fourniret promet son aide pour retrouver le corps d'une de ses victimes



Michel Fourniret s'est engagé, mercredi lors de son procès, à reprendre avec les enquêteurs de la police judiciaire de Versailles les recherches visant à retrouver le corps de Farida Hamiche, une femme de 30 ans qu'il a avoué avoir tuée en 1988.

Farida Hamiche, compagne d'un ancien codétenu de Fourniret dans les années 80, est une des huit jeunes femmes ou adolescentes que le tueur en série présumé a reconnu en 2004 avoir tué après les dénonciations de son épouse Monique Olivier.

Mais ce crime sans cadavre - le corps, enterré dans une forêt des Yvelines, n'a jamais été retrouvé - n'est pas jugé au procès ouvert le 27 mars devant la cour d'assises des Ardennes, où Michel Fourniret doit répondre de sept meurtres aggravés et son épouse de complicité.

L'affaire, qui fait toujours l'objet d'une enquête au tribunal de Versailles et dans laquelle Fourniret n'est pas poursuivi, a été abordée mercredi dans le cadre de l'examen de personnalité des accusés en présence de multiples témoins.

Peu avant la déposition de Jean-Pierre Hellegouarch, compagnon de Farida Hamiche, une commissaire de la PJ de Versailles, Carole Pitolet, a demandé à Fourniret s'il était prêt à nouveau à guider les enquêteurs vers le lieu où il a enterré la jeune femme après l'avoir étranglée.

"Je ne suis pas contre (le fait) de reprendre, avec la volonté d'aboutir, les recherches", a répondu l'accusé.

"J'y suis décidé", a-t-il ensuite promis au président Gilles Latapie qui l'invitait à "faire un effort", alors qu'après ses aveux il avait déjà été interrogé par la PJ mais avait refusé de collaborer.

Fourniret a dit avoir tué Farida Hamiche pour s'emparer de plusieurs dizaines de kg d'or qu'il venait de déterrer avec elle peu auparavant, sur les indications de M. Hellegouarch.
Ce "trésor" caché provenait des braquages du gang des postiches démantelé dans les années 1980.
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MessageSujet: Michel Fourniret laisse éclater sa colère contre Monique Olivier   Mer 14 Mai 2008 - 22:17

Michel Fourniret a laissé éclater sa colère contre Monique Olivier mercredi devant la cour d'assises des Ardennes, où il a été dépeint tour à tour par son épouse et par un ex-codétenu comme un homme "lâche" et "déloyal".

A la fin d'une audience consacrée à la dynamique criminelle du couple, Michel Fourniret a insulté son épouse et élevé la voix contre elle comme jamais depuis le début du procès le 27 mars.

Les débats s'attardaient alors sur leur complicité présumée lors du meurtre de Farida Hamiche en 1988, un des huit homicides que Michel Fourniret a reconnus en 2004, mais pour lequel il n'a jamais été poursuivi et qui n'est pas ceux pour lesquels il est jugé à Charleville-Mézières.

A l'audience, le tueur en série présumé a répété avoir étranglé cette femme de 30 ans, compagne de son ancien codétenu Jean-Pierre Hellegouarch, afin de s'emparer de dizaines de kilos d'or qu'il venait de déterrer avec elle.

Mais il a aussi laissé entendre que son épouse, présente à ses côtés, aurait participé au meurtre en portant des coups de baïonnette à la victime agonisante, ce que Monique Olivier a fermement contesté.

"C'est un mensonge flagrant Madame, un de plus!", a alors crié l'accusé.
"Arrête tes conneries merde!", a-t-il poursuivi avant de lâcher à haute voix : "Connasse!".

Michel Fourniret a également nié avoir fait subir des sévices sexuels à Farida Hamiche, ce dont Jean-Pierre Hellegouarch l'accusait.
"J'étais dans un schéma d'une crapulerie sans vergogne", a-t-il justifié.

Mais "pour voler il n'y avait pas besoin de tuer", a souligné Hellegouarch, 65 ans, crâne rasé et silhouette massive.

Extrait de prison pour déposer à la barre, ce dernier a raconté d'une voix calme comment il avait été "dupé" par cet ex-codétenu a priori "inoffensif", à qui il avait confié la mission de récupérer avec sa compagne un magot issu des casses du gang des postiches.

Hellegouarch apprendra plus tard que Fourniret vit dans un château dans les Ardennes.
C'est là qu'il se convaincra qu'il a tué Farida.

Il se rend là-bas armé "avec des intentions très précises", croise dans une allée du château Fourniret qui s'enfuit en voiture.
Il tire deux cartouches dans sa direction, sans l'atteindre, puis pénètre dans la bâtisse où il renonce à s'en prendre à Monique Olivier et leur fils en pleurs.

Un récit circonstancié qui donne à Monique Olivier l'occasion de relever la lâcheté de son mari : "Il a détalé comme un lapin laissant femme et enfant".

"Il était assez lâche pour ne pas s'attaquer à un homme. C'était de la comédie", ajoute-t-elle dans une allusion au projet de son mari de s'attaquer plus tard à Hellegouarch en plaçant un "engin explosif" sous sa voiture.

"La trahison, la déloyauté, la criminalité toujours sur les faibles, je ne vois pas comment ça peut exister!", renchérit le témoin, accusant Fourniret de "ne tuer que des femmes".

A sa suite, Aïcha Hamiche, une soeur de Farida, a fustigé la duplicité des époux Fourniret, qui après le crime ont participé aux recherches et l'ont emmenée en voiture à Bourges, où un radiesthésiste avait détecté la présence de la jeune femme.

"Pour moi ils sont identiques, ce sont les mêmes!", a-t-elle dit sans un regard vers les accusés, "deux monstres", selon elle.

Une enquête préliminaire ouverte en 2004 est toujours en cours au parquet de Versailles sur le meurtre de Farida, que Fourniret a dit avoir enterrée dans une forêt des Yvelines sans jamais désigner un lieu exact.
Il s'est engagé mercredi à collaborer désormais avec les enquêteurs.
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MessageSujet: Fourniret dans "un état second" quand il tue, incapable d'expliquer   Jeu 15 Mai 2008 - 20:31

Michel Fourniret a commencé jeudi à son procès à raconter les derniers instants vécus par ses victimes, tout en reconnaissant être incapable d'expliquer ce qu'il ressentait lui-même au moment de tuer, en raison d'"un état second".

Lors d'une matinée d'audience supplémentaire aux assises des Ardennes, après sa décision de participer aux débats, l'accusé a été interrogé sur les meurtres d'Isabelle Laville et de Fabienne Leroy - tuées l'une en 1987 dans l'Yonne, l'autre en 1988 dans la Marne -, les premiers des sept homicides aggravés dont il répond.

Isabelle Laville, 17 ans, enlevée par le couple, a été violée puis étranglée dans leur maison à Saint-Cyr-les-Colons (Yonne). Son corps ne sera retrouvé qu'en juillet 2006 dans un puits.

"Quand vous l'étranglez vous la regardez ? Quand vous affrontez son regard c'est là qu'apparaît le grand Fourniret, que vous vous sentez tout puissant?", demande Me Alain Behr, l'avocat de la famille.

"Comment voulez-vous que je réponde à une question comme ça ?", dit Fourniret, avouant son incapacité à expliquer : "c'est un maelström de sentiments qui se produit (...) On voudrait se réveiller, je vous ai parlé d'un état second".

Face au père de la victime, qui saisit le micro puis l'interroge en le fixant, l'accusé maintient qu'il est tombé par hasard sur sa fille, même si un enlèvement avait été prémédité.

Certes les médicaments pour endormir la victime étaient prêts à l'avance, mais Isabelle "a été l'instrument du destin placé sur la route de ma préméditation", affirme Fourniret.

"Je partais exactement comme un braconnier qui ne savait pas s'il allait ramener un faisan, un garenne ou rien du tout", assène-t-il.

A propos de Fabienne Leroy, tuée à 20 ans d'une balle en pleine poitrine, il répète que l'"accostage", au prétexte de la recherche d'un médecin, n'était pas prémédité.

Debout dans le box, Michel Fourniret se concentre, esquive une question par des digressions, temporise quand il est pris de court: "l'alimentation de mon cerveau par la source de ma mémoire ne se fait qu'au goutte-à-goutte".

Sur l'acte de tuer, un psychiatre témoin à la barre, Bernard Dufossez, a rappelé que Fourniret s'était expliqué lors de l'instruction par le souci de "garantir son impunité" après avoir perpétré un viol.
"C'est un énorme gâchis sans émotion", avait-il dit également.

Bien embarrassé par la question "Comment devient-on Michel Fourniret?", le Dr Dufossez a brossé le portrait d'un homme "mégalomane, orgueilleux, incapable d'autocritique" et "jouissant" de ses crimes "même si ça ne se voit pas physiquement".

Concernant Monique Olivier, accusée d'être coauteure d'un des meurtres et complice de plusieurs autres, il a affirmé qu'elle avait "supporté l'insupportable".
"Pour ça il faut avoir une structure perverse", a-t-il souligné.

Un autre psychiatre, Paul Belvèze, a ébranlé la défense de la complice présumée, qui n'a cessé de se présenter au procès comme une femme soumise à un mari autoritaire.

"Elle a une très forte personnalité (...) Elle a l'allure soumise mais est capable de s'opposer", a déclaré le Dr Belvèze, évoquant aussi "une adhésion complète et spontanée aux desseins de son mari".

Dans le cas d'Isabelle Laville, elle est accusée de complicité de viol en réunion pour avoir pratiqué une fellation à son mari afin de le "mettre en condition", "une tentative vaine", a fait remarquer l'accusé.
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Ven 16 Mai 2008 - 20:53

9h30. Début prévu de l'audience.
Hier matin, Michel Fourniret est revenu sur ses deux premiers meurtres présumés, ceux d'Isabelle Laville et de Fabienne Leroy, parfois de manière provocatrice.
Ce matin, il doit poursuivre ses confessions à la cour, en évoquant les assassinats de Jeanne-Marie Desramault, Elisabeth Brichet, Natacha Denais, Céline Saison, et Manyana Thumpong.
Audience éprouvante pour les familles en perspective.


9H40. Début d'audience mouvementé.
Didier Seban, avocat de la famille de Jeanne-Marie Desramault, 21 ans, assassinée le 18 mars 1989, prend la parole.
Pendant de longues minutes, il va raconter son calvaire.
Comment Michel Fourniret et Monique Olivier ont séduit cette jeune femme très croyante, en se faisant passer pour un couple modèle avec un enfant sous de faux prénoms, Paul et Pierrette.
A deux reprises, le couple a rencontré Jeanne-Marie pour la mettre en confiance.
Puis le 18 mars 1989, invitée chez eux à Floing, "la mise à mort est lancée".
"Un couple avec enfant, qui pourrait penser que la mort est au bout du chemin?", déclare Didier Seban.
Jeanne-Marie mourra étranglée par Fourniret, sous les yeux de Monique Olivier qui lui a entouré les jambes de sparadrap


10h. "Est-il possible de réagir?", demande Michel Fourniret à la fin de la prise de parole de Didier Seban.
Le tueur en série commence alors à s'embarquer dans un comparatif entre les plaques d'immatriculation belges et françaises.
Didier Seban l'interrompt : "vous vous moquez des familles, Michel Fourniret".
L'accusé tonne : "écoutez Seban, c'est pas une loque émotive comme moi qui va se laisser impressionner par une petite merde d'avocat! Je suis en train de parler de l'essentiel."


10h05. Après cet incident d'audience, Michel Fourniret continue ses révélations contre Monique Olivier.
Il affirme qu'elle lui aurait dit en voyant Jeanne-Marie Desramault : "c'est facile à embarquer".
Dans le même temps, il ajoute que la jeune femme "n'a été victime d'aucune action de Monique".
Chaud et froid en permanence.
Interrogée, Monique Olivier nie tout.
"J'ai pas dit c'est facile à embarquer, je ne l'ai pas regardé étrangler."



10h10. Encore un autre souvenir de Fourniret contre son épouse.
"Au lendemain de l'enlèvement d'Elisabeth Brichet (en décembre 1989), j'ai dû lui raconter le déroulement du fiasco, elle a eu cette réflexion, ce jaillissement verbal : "Tu ne devrais pas leur parler"", raconte Fourniret.
Monique Olivier a une moue d'incompréhension.
Fourniret précise, s'adressant à son épouse : "quand la personne est en face de vous, une personne dont on entend la voix, qui me parlait, c'est un autre monde, c'est un être humain… les fantasmes nés à 100 mètres de distance n'existaient plus.
Je t'ai parlé de ça, et avec le même détachement que si tu mâchais du chewing-gum, tu me l'as dit : "tu ne devrais pas leur parler".
Monique Olivier nie de nouveau. "Je crois que je vais m'écrouler de stupéfaction", réplique Fourniret.


10h20. Fourniret retourne dans sa coquille.
Nouveau coup de théâtre au procès.
L'avocat général, Francis Nachbar, revient sur les insultes de Michel Fourniret envers Didier Seban, et les lui reproche.
Vexé, Fourniret répond : "je vous garantis l'absence de tout écart de langage, j'ai voulu reprendre la parole, j'ai toutes les raisons de le regretter donc je reprends ma parole".
Fourniret s'assoit, croise les bras, et ne répond plus aux questions, comme durant les premières semaines du procès.


10h25. Le président suspend l'audience pour que Fourniret réfléchisse à sa décision de se taire


10h45. L'audience reprend. Le président Gilles Latapie s'adresse à Michel Fourniret : "monsieur Fourniret, d'autres familles attendent, on ne va pas se mettre à jouer, je ne vais pas vous supplier. Alors, vous allez vous arrêter au milieu du guet?".
Fourniret se lève : "oui, je m'arrête au milieu du guet".
Bruits dans la salle


10h50. L'avocat Gérard Chemla exhorte longuement Fourniret à parler.
"Chemla, j'entends, je sais parfois écouter, même si Me Lombard (avocat de la partie civile, star du barreau) dont j'ai admiré la première intervention hier, me le demandait, je n'aurais pas eu d'autre choix que d'interrompre le processus", lui répond Fourniret.
Chemla reprend : "comme d'habitude, vous jouez avec nous, on est le yoyo au bout de votre main".



10h55. Paul Lombard, avocat de la famille d'Elisabeth Brichet, s'adresse à Fourniret, face à face.
"C'est un homme comme vous qui s'adresse à un autre homme qui est sorti ô combien des normes, et qui lui dit : "retournez dans la communauté"".
Fourniret ne bronche pas.


11h. C'est au tour de Monique Olivier de se taire.
Pressée de questions par Paul Lombard sur les lettres qu'elle envoyait à Fourniret en prison alors qu'il lui décrivait leur futur pacte criminel, elle répète plusieurs fois : "j'ai déjà répondu à ces questions, ce n'est pas mon tour de parler".
"Le silence est contagieux madame", réplique Lombard, qui "tend une perche à Fourniret".
"Monsieur, si Monique Olivier n'avait pas fait la toilette intime d'Elisabeth Brichet, n'auriez-vous pas un crime de moins sur la conscience?".
Fourniret refuse toujours de répondre.
"Vous avez tort, vraiment vous avez tort, monsieur", regrette Lombard, citant Baudelaire : "je ne suis pas arrivé à signer le silence".


11h05. La plupart des avocats des parties civiles s'adressent un à un à Fourniret pour le faire parler, certains sur le ton de la menace, d'autres sur celui de l'émotion.
En vain à chaque fois.


11h20. La mère de Mananya Thumpong, une des victimes de Fourniret, lui demande de parler.
"Madame, je souhaitais un dialogue avec les familles, avec vous. J'ai pris une position, je suis revenu dessus, je le regrette profondément. Les avocats n'ont pas d'importance, les familles si, libre cours à vos insultes que je mérite, mais je ne répondrais plus à vos questions", déclare Fourniret


11h25. Jean-Pierre Laville, père d'Isabelle, prend le relais.
"Monsieur Fourniret, vous avez promis à votre fille de parler. Vous avez perdu deux enfants, est-ce qu'aujourd'hui, vous êtes prêt à perdre un troisième enfant? Vous lui avez promis de parler!".
"Je vous ai entendu, monsieur", dit simplement Fourniret.


11h30. Marie-Jeanne Laville s'emporte face à Fourniret.
"Vous jouez une comédie vis-à-vis des familles. La vérité, c'est que vous avez décidé de vous taire par peur de trop en dire", lui lance-t-elle.


11h35. Michel Fourniret refusant toujours de parler, le président Latapie lève l'audience pour ce matin. Reprise prévue à 13h15.


13h30. Reprise de l'audience.
Le président Latapie rejette l'incidence soulevée par la défense de Monique Olivier contre Jean-Luc Ploye, un des experts censés déposer cet après-midi.
Ce psychologue avait donné une interview à la radio avant le procès, outrepassant ses droits selon la défense.
La cour décide finalement qu'il pourra déposer.


13H35. Audience décidément mouvementée aujourd'hui.
Alors que le procès a repris devant la cour, les familles de victimes convoquent la presse dans le hall du tribunal pour annoncer qu'elles quittent les débats durant une demie-heure, en réaction au nouveau mutisme de Michel Fourniret.
"C'est une mesure symbolique. Puisqu'il a choisi de ne plus parler, ce n'est pas la peine qu'on soit là, explique Jean-Pierre Laville. Toutes les familles ont donc décidé de quitter le procès un certain temps. C'est un choix unanime". Jean-Pierre Leroy, le père de Fabienne Leroy, ajoute que "le seul responsable de cette situation, c'est Fourniret, personne d'autre".


13h45. La cour écoute la déposition du psychologue Philippe Herbelot, qui a examiné Michel Fourniret en prison.
Il raconte notamment que lors de leurs entretiens, le tueur en série lui avait déclaré : "je sais que je suis différent de la norme, mais c'est la norme qui n'est pas normale".


13h50. L'expert explique que pour Fourniret, "il y a deux types de femmes : la Vierge Marie d'un côté, et les autres, qu'il considère comme des putains".
Il estime que "dès l'adolescence, le sujet Fourniret est posé, avec d'un côté un fonctionnement narcissique, être toujours le plus fort, être toujours celui qui agresse; et un fonctionnement obsessionnel, qui explique son goût de la manipulation, de la tromperie, de la dissimulation, du contrôle".


14h. Philippe Herbelot estime que le mythe de la virginité, avancé par Fourniret pour expliquer ses crimes, est "du pipeau, de la foutaise".
"La motivation de Michel Fourniret n'est pas sexuelle, c'est le sentiment de toute-puissance narcissique vis-à-vis des victimes, de leurs familles, et plus globalement de toute la société".


14h05. Concernant Monique Olivier, l'expert estime qu'elle est "sa première victime, mais elle, elle est consentante".
Il en parle comme de la "muse" de Fourniret qui lui permet d'assouvir "ses pulsions narcissiques" et "sa mégalomanie".
"Elle est son faire-valoir, son miroir en quelque sorte."


14h15. L'expert affirme que "Michel Fourniret n'est pas curable".
"Il aura toujours envie de se montrer plus fort que les autres", estime-t-il.
Il revient sur l'incident de ce matin : "son narcissisme est toujours actif, on l'a vu ce matin, il ne supporte pas qu'un autre soit plus fort que lui".
L'expert estime également que "la cour s'est fait berner par Michel Fourniret" quand il a promis de parler.
"Il a dit à la cour ce qu'il disait à ses victimes. Il forçait ses victimes à lui dire "demandez moi poliment de vous faire l'amour".
De la même manière, il a dit à la cour : "demandez moi poliment de parler".


14h45. Philippe Herbelot évoque la période de dix années, entre 1990 et 2000, durant laquelle aucun crime connu n'est reproché à ce jour à Fourniret. L'expert ne croit pas à une pause criminelle du tueur en série.
"Mon hypothèse est qu'il y aurait eu d'autres crimes pendant cette période; ou des crimes ratés aux yeux de Fourniret, ou des crimes encore plus horribles que ceux qui sont connus, et qu'il n'assume pas".
Dans cet ordre d'idée, le psychologue ajoute que "Monique Olivier cache des choses" liées à cette décennie sans crimes recensés.


15h05. L'expert estime que l'on devient Michel Fourniret.
"Si le modèle paternel n'avait pas été aussi pathétique, Michel Fourniret n'aurait peut-être pas été Michel Fourniret", explique-t-il, précisant que "si son père avait été un modèle non discrédité par la mère et par l'alcool, Michel Fourniret aurait pu être un type bien, même si un peu rigide".
Un peu plus tôt, il avait amusé ou inquiété la cour, c'est selon, en déclarant qu'"un destin possible pour Fourniret aurait pu être curé ou militaire, c'est-à-dire quelque chose qui l'aurait tenu, un milieu qui aurait contenu ses pulsions narcissiques".


16h. Le psychologue Jean-Luc Ploye répète avec des mots différents le diagnostic de son confrère Philippe Herbelot.
"Michel Fourniret est un pervers narcissique. Dans la typologie des pervers, c'est le summum. On ne peut pas faire pire".
Il rappelle qu'en entretien, Michel Fourniret lui avait dit que les familles de victimes devraient le remercier, "parce qu'en tuant leurs enfants, il a écourté leurs souffrances".


16h05. "Alors, on parle trop de lui?", plaisante le président de la cour Gilles Latapie, qui interpelle aussitôt Michel Fourniret.
"Si je pouvais parler, je le ferais, monsieur le président", répond sans surprise le tueur en série. "Dans ce cas-là, asseyez-vous et taisez-vous", réplique le président.


16h15. L'avocat Paul Lombard revient à la charge.
"Quelle trace vous allez laisser?", demande-t-il à Michel Fourniret.
L'accusé se lève et pour quelques secondes, sort de son silence.
"Je ne crois pas, maître, que l'importance de ce procès soit cette question-là, le sort de l'accusé… le sort du coupable. Ce qui est important, c'est les familles", lâche-t-il.
"Alors, répondez pour ces familles!", réplique Me Lombard.
"Je n'ai pas pris une décision à la légère et je m'y tiens", assène Fourniret.
Qui retombe dans le silence.
Depuis deux mois, on a le sentiment d'avoir vécu cette scène des dizaines de fois déjà.


16h35. L'expert Jean-Luc Ploye raconte que durant un entretien, alors qu'il regardait les mains très larges de Michel Fourniret, le tueur lui avait dit : "vous savez que je peux vous étrangler avec ces mains".
Francis Nachbar, l'avocat général, lui demande alors : "et vous avez eu peur?".
Réponse : "Oui, malgré 25 ans de métier, j'ai eu peur, et Michel Fourniret l'a bien senti, c'est ça le pire".


17h. La cour suspend l'audience pour une pause d'une trentaine de minutes.


17h30. L'audience reprend avec l'audition de l'experte psychologue Corinne Prouvost.
Elle confirme le "souci de toute puissance" amplifié par "la jouissance de faire souffrir l'autre" chez Michel Fourniret
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Lun 19 Mai 2008 - 15:19

Monique Olivier a demandé à son fils de témoigner en sa faveur


Monique Olivier, jugée aux assises des Ardennes pour complicité au côté de son époux Michel Fourniret, accusé de sept meurtres aggravés, a écrit en avril à leur fils Sélim pour qu'il témoigne en sa faveur par écrit devant la cour.

L'existence de cette lettre, écrite un mois après l'ouverture du procès le 27 mars, a été mentionnée en début d'audience lundi par le président de la cour d'assises, Gilles Latapie, qui a indiqué qu'il la versait au débat.

"Si tu pouvais témoigner par écrit, tu pourrais aussi parler de moi, je sais que je n'ai pas été méchante envers toi", écrit Monique Olivier dans cette lettre de cinq pages, envoyée le 27 avril à son fils Sélim, aujourd'hui âgé de 19 ans, et citée devant la cour par Me Pierre Blocquaux, un des avocats de Michel Fourniret.

"Tu sais qui est responsable de ma dégringolade (...) Je ne suis pas l'auteur principal des faits évidemment, étant donné qu'il profitait de ma présence, je suis considérée comme co-auteur", poursuit-elle dans cet écrit.

"PS: pense-bien à envoyer ton témoignage au président (de la cour) par l'intermédiaire de mes avocats", conclu la lettre, selon l'avocat.

Michel Fourniret, à nouveau muet après avoir renié sa promesse de s'exprimer sur les faits vendredi, a néanmoins réagi à cette lettre par l'intermédiaire de ses avocats en la qualifiant "d'abjecte".

Sélim, né le 9 septembre 1988, un an après la rencontre des époux Fourniret, n'a pas été cité comme témoin devant la cour, malgré une première demande des avocats de l'épouse du tueur en série présumé qui sont ensuite revenus sur leur décision.

"Cela n'aurait pas été un service à rendre ni à la justice, ni à ce jeune", a souligné l'avocat général, Francis Nachbar.

Outre Sélim, Michel Fourniret, 66 ans, est père de quatre enfants - dont deux décédés -, issus de deux premiers mariages. Monique Olivier, 59 ans, a eu deux fils d'un premier mariage.

En début d'audience lundi, M. Nachbar a également mentionné l'existence d'une lettre de huit pages, adressée dimanche par l'accusé à son épouse.
Dans cette lettre, "on lit qu'à tous les moments Michel Fourniret est obsédé par le souvenir de la superpuissance sexuelle" du premier mari de Monique Olivier, a souligné à l'audience un des avocats des parties civiles.
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Mar 20 Mai 2008 - 19:52

Michel Fourniret et Monique Olivier ont une «culpabilité identique»


«A culpabilité identique, qu'il y ait verdict identique!»
C'est ce qu'a déclaré l'avocat de la famille d'Elizabeth Brichet, tuée à 12 ans en 1989, en évoquant le couple Fourniret devant les assises des Ardennes ce mardi.

«Je vais vous parler non d'un assassin, non de la complice d'un assassin, mais d'un couple assassin, ce qui est rarissime dans l'histoire de la criminologie française», a souligné Paul Lombard lors de sa plaidoirie, longue de près d'une heure.

«Aucune circonstance atténuante»

L'adolescente belge avait été enlevée en 1989 près de Namur puis étranglée au Chateau du Sautou, l'ex-propriété du couple Fourniret dans les Ardennes.
Le corps de la fillette n'avait été retrouvé qu'en juillet 2004 sur les indications de Michel Fourniret.

L'avocat a demandé aux jurés de ne reconnaître «aucune circonstance atténuante» pour les deux accusés.
«Elle aurait pu être plaidée s'ils avaient eu une autre attitude» pendant le procès, a-t-il ajouté.

Mardi après-midi, la cour a commencé à entendre les plaidoiries des parties civiles qui doivent se dérouler sur deux demi-journées.

Un père «colérique» et une mère «soumise»

Dans la matinée, trois dépositions du fils unique du couple Fourniret, recueillies par la police entre 2003 et 2005, qui ont été lues devant la cour.
Sélim, 19 ans, y décrit son père comme un homme «colérique» auquel était «soumise» sa mère, Monique Olivier.

«Mon père était d'un naturel sévère, il m'a quelquefois giflé, mais je n'ai jamais été maltraité», a-t-il encore expliqué aux policiers en 2004 dans une autre déposition où il souligne le caractère «dirigiste et donneur d'ordres» d'un père «peu affectueux».
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Mer 21 Mai 2008 - 23:53

place aux plaidoiries

13H30. Début prévu de l'audience, avec la plaidoirie de Didier Seban, avocat de la famille de Jeanne-Marie Desramault, troisième victime du couple Fourniret-Olivier, assassinée le 18 mars 1989 à Floing.
Mardi après-midi. Les premiers avocats à avoir plaidé ont, sans surprise, demandé à la cour de n'avoir "aucune circonstance atténuante" pour les deux accusés.
Pour les parties civiles, Monique Olivier, complice de Michel Fourniret, mérite la peine la plus lourde qu'elle encourt : perpétuité avec 22 ans de sûreté.
Quant à lui, il risque la "perpétuité perpétuelle", peine extrêmement rare en France - seuls deux accusés y ont été condamnés, les deux tueurs d'enfants Christian Beaulieu et Pierre Bodein.
Cette peine prévoit que Fourniret n'aurait droit à aucune peine de sûreté, ni aucun aménagement de peine durant sa détention.
Seules sorties possibles pour le détenu : la grâce présidentielle ou la grâce médicale accordée par un collège d'experts.
"Je vais vous parler non d'un assassin, non de la complice d'un assassin, mais d'un couple d'assassin", a déclaré mardi Paul Lombard, avocat du père d'Elisabeth Brichet.
Alain Behr, défenseur de la famille d'Isabelle Laville, première victime connue du duo, a estimé, lui, que Monique Olivier est "autant coupable" que Michel Fourniret.
Sur ce premier meurtre, c'est elle seule qui a enlevé la victime en voiture, et par la suite, elle a "mis en condition" son époux en lui pratiquant une fellation avant la tentative de viol.

13h45. Didier Seban s'adresse à la cour.
"Nous avons vécu ensemble pendant deux mois l'impossible, l'indicible, les mêmes colères, les mêmes boules au ventre, les mêmes cauchemars", lance-t-il aux jurés.
"Nous sortirons changés de ces deux mois", mais "ces deux dans le box, sont sans regrets, eux ils dorment tranquilles depuis vingt ans sur les morts qu'ils ont causées".
Seban se fait direct : "j'ai un fils de 11 ans, un jour, il devait aller chez un copain, il a eu dix minutes de retard, et moi j'ai paniqué, j'ai appelé partout, mais lui, heureusement, est arrivé à bon port".
Parlant aux jurés, il leur dit "vous avez eu envie comme moi de secouer Monique Olivier, vous avez eu envie comme moi que Michel Fourniret parle, et puis, comme moi, qu'il se taise. Tais toi Fourniret!".

14h. Didier Seban parle de Jeanne-Marie, "cette jeune fille blonde qui ne demandait qu'à vivre".
il parle de la mère de Jeanne-Marie, morte de chagrin, "une victime aussi de ce couple maudit".
Il parle du père de Jeanne-Marie, qui "a enterré les deux femmes de sa vie" et qui "attend le verdict pour partir lui aussi".

14h05. Didier Seban s'en prend à la justice et à la police françaises.
"Aucun service ne centralise aujourd'hui le parcours de Michel Fourniret, aucun n'enquête sur les dix ans" sans crime imputé à Fourniret entre 1990 et 2000.
"Il devrait y avoir des services qui n'enquêtent que sur les parcours de ceux-là", demande-t-il "pour que nos enfants grandissent en paix". I
l rappelle que dans le couple Fourniret-Olivier, "il y a les crimes qu'il avoue, ceux qu'elle avoue, et ceux qu'aucun des deux n'avoue!".

14h10. Didier Seban revient sur Jeanne-Marie "jeune fille souriante qui rougissait facilement" et qui dans son agenda, quelques jours avant sa mort, avait écrit "écouter Goldman".
"A l'époque, Goldman chantait Puisque tu pars", rappelle l'avocat. Se tournant vers Michel Fourniret qui ferme les yeux, il lui crie : "oui Fourniret, ferme les yeux, baisse la tête sur Jeanne-Marie!".
Il s'en prend aux accusés, "un pauvre type et une paumée".
"Il n'a jamais rien réussi, elle a tout raté", dit-il de Michel Fourniret et Monique Olivier.
"Ils se sont accomplis dans le crime."

14h15. Pour Didier Seban, "Monique Olivier n'est pas celle qu'elle veut bien dire".
Il raille le duo "maître et esclave", citant Hegel "le maître devient l'esclave de l'esclave".
Il estime que durant le procès, leur pacte "s'est poursuivi".
Il accuse Monique Oliver "d'être le responsable de ce Michel Fourniret".
Il rappelle que le 28 juillet 1989, ils se sont mariés, après trois meurtres connus.
"C'est leur mariage sur le sang de leurs victimes!".
Le "modèle" de Monique Olivier : Michèle Martin, la femme de Marc Dutroux.
"Pire que Dutroux! Pire que Martin!"

14h20. Didier Seban provoque Michel Fourniret. Il le traite de "bricoleur du crime, incapable de construire une machine, et c'est avec ses mains qu'il fabrique sa machine à tuer".
De Monique Olivier, il ajoute que c'est elle qui a "appuyé sur le bouton" de la machine.
Il cite Hannah Arendt et la "banalité du mal".
"Michel Fourniret n'est pas un héros négatif, c'est un médiocre assassin qui n'existe que par le mal qu'il a fait". Michel Fourniret ne réagit pas, il écoute les bras croisés sur son torse, comme depuis le début de l'audience.

14h30. Didier Seban rappelle que Michel Fourniret a déclaré que la mort de Jeanne-Marie a duré cinq minutes.
"J'ai réfléchi à me taire pendant cinq minutes, s'adresse-t-il à la cour. Je ne le ferai pas, mais dites-vous que cinq minutes, c'est très long quand on hurle, quand on crie, quand on se débat, quand on est étranglée, comme Jeanne-Marie".
A Charleville-Mézières, il cite Rimbaud et son poème "Les mains de Jeanne-Marie"; à Monique Olivier, il ne reconnaît "pas un seul geste d'humain" pour aucune des victimes.

14h40. Didier Seban conclue sa plaidoirie en déclarant à Michel Fourniret et Monique Olivier : "vous êtes deux tueurs en série qui n'en font qu'un pour tuer plus encore".
Aux jurés, il affirme : "la hauteur de cette salle n'est pas assez grande pour entendre les cris des jeunes filles", victime du couple.
Suspension d'audience.

15h. L'audience reprend avec la plaidoirie de Me Sabine Barz, avocate de la famille de Natacha Danais, assassinée à 13 ans le 21 novembre 1990 à Rezé, près de Nantes.
"Aujourd'hui, si Natacha était vivante, elle aurait mon âge, 31 ans", lance à la cour ce jeune conseil.
Elle rappelle que Natacha "venait de tomber amoureuse pour la première fois", qu'elle "attendait avec impatience un futur voyage scolaire à Paris".

15h05. Sabine Barz raconte le jour de la disparition de Natacha, partie avec sa mère au supermarché.
Retournée au domicile familial pour récupérer le portefeuille de sa mère, Natacha a été enlevée sur les cent mètres qui sépare le supermarché de l'appartement.
"Mettez vous à la place de la maman de Natacha. Elle ne la voit pas, elle cherche dans les allées, elle fait le chemin de retour, Natacha n'est pas à l'appartement, l'angoisse monte, on appelle la police, la police dit c'est encore trop tôt, il faut attendre, sa maman retourne au supermarché, toujours pas de Natacha, retour à l'appartement, on appelle les amis, la famille, on rappelle la police, c'est un cauchemar, ça n'arrive pas dans la vie, Natacha va revenir".
Mais "cet espoir disparaît après trois jours quand Natacha est retrouvée morte".
Et "l'incompréhension, l'incertitude vont durer quatorze ans.
Qui a fait ça?
Est-ce que c'est quelqu'un qu'on connaît?
Est-ce que c'est un proche?".

15h10. L'avocate affirme que "c'est Monique Olivier qui a chargé la gamine comme elle dit" dans la fourgonnette blanche.
C'est elle "qui a pris le volant" pour un parcours "de une à trois heures", un "trajet interminable pendant lequel Monique Olivier dit ne rien entendre de ce qui se passe à l'arrière" du fourgon.
Elle raconte comment Michel Fourniret "met trois coups de couteau" à Natacha, la main sur la bouche pour "l'étouffer".
Elle rappelle aussi que le procès a confirmé "l'hypothèse insupportable" d'un viol post-mortem.

15h20. Sabine Barz revendique une "responsabilité équivalente" de ce "couple assassin".
"Comment c'est possible d'être Michel Fourniret, d'être Monique Olivier? Ce ne sont pas des monstres, sinon ce serait dire qu'ils n'avaient pas le choix.
On est face à deux êtres humains qui ont choisi de tuer.
" Monique Olivier écoute, tête baissée; Michel Fourniret est toujours bras croisés, regardant l'avocate.

15h30. Sabine Barz conclue en répétant que, si elle n'avait pas croisé "ce couple assassin" le 21 novembre 1990 "à 17 heures sur le parking d'un supermarché", "Natacha aurait 31 ans, elle serait peut-être styliste, elle serait mariée avec l'amour de sa vie".
Suspension de quinze minutes.

16h. L'audience reprend avec la plaidoirie d'Hervé Dupuis, l'avocat de la famille de Céline Saison, tuée à 18 ans le 16 mai 2000, à la sortie de son lycée de Charleville-Mézières où elle venait de passer un bac blanc de philosophie.
"Vous savez quel était le sujet, demande l'avocat.
C'était "Existe-t-il une servitude volontaire?".
Céline ne pensait pas qu'en sortant, elle allait passer du sujet théorique à l'épreuve pratique".

16h05. Hervé Dupuis tient à rappeler aux jurés que "le calvaire de Céline a duré quatre heures, c'est Fourniret qui nous l'a appris".
Il évoque ensuite "un autre calvaire, celui subi au cours de ce procès".
Il rappelle que depuis le début des audiences, il n'a posé "aucune question" à Michel Fourniret car "nous l'avons méprisé depuis le début, et nous continuerons".
Il confie à la cour sa "satisfaction à penser que dans quelques jours, ces deux-là vont retourner dans l'oubli dont ils n'auraient jamais dû sortir".

16h10. Comme ses confrères, Hervé Dupuis estime que Monique Olivier "est aussi coupable que son mari".
Il note que les deux accusés sont "toujours mariés", comme si "le pacte qu'ils ont passé est éternel, peut-être même perpétuel".

16h20. Hervé Dupuis continue sa charge contre Monique Olivier.
"Comme père, je ne peux pas comprendre comment elle a pu pendant toutes ces années regarder grandir son fils Sélim, avec des yeux d'assassin", déclare-t-il à la cour.

16h30. S'adressant à Monique Olivier, Hervé Dupuis lui dit : "dans quelques jours, c'est la fête des mères.
Pour les mamans ici, ça ne sera pas une fête, mais ce qui me console, c'est que pour vous non plus, ce ne sera pas une fête, je suis sûr que personne ne vous la souhaitera".

16h35. Concluant sa plaidoirie, Hervé Dupuis souligne le "pacte de solidarité" des familles des victimes, en miroir du "pacte de criminalité" des accusés.
Se tournant vers les familles assises aux premiers rangs dans la salle, l'avocat leur lance "vous êtes les plus forts! c'est vous qui avez gagné!".
Puis revenant vers Fourniret, il lui crache : "nous ne sommes pas sur la même planète Fourniret.
Vous êtes face à des hommes et des femmes de cœur, et vous, vous êtes un minable!".
Suspension d'une dizaine de minutes.

17h. L'audience reprend avec la plaidoirie de Me Beyer, une des avocates de la famille de Fabienne Leroy et de Mananya Thumpong, mortes le 4 août 1988 et le 5 mai 2001.
D'une voix calme et presqu'enfantine, l'avocate raconte le calvaire des deux victimes de 20 et 13 ans sur le ton d'un conte de Perrault, avec de "jolies demoiselles dévorées" par "un loup affamé et sa louve".
Un loup qui "ordonne" à ses victimes de lui dire "monsieur, voulez-vous que je vous suce?", rappelle Me Beyer. Comme ses confrères, elle attaque particulièrement Monique Olivier.
Elle montre à la cour "le dernier dessin" de fête des mères réalisée par Manyana Thumpong en 2000, quelques mois avant son enlèvement, sa tentative de viol et son assassinat à Sedan.

17h20. A Michel Fourniret, Me Beyer indique que son "sort est scellé" et qu'il "représente la désespérance".
A Monique OIivier, l'avocate livre "un monologue de femme".
"Les femmes de la planète entière ne vous comprennent pas, vous êtes une insulte à toutes les femmes du monde", assène-t-elle à l'accusée.
Elle reproche à Monique Olivier d'être "lisse comme un papier gras", mais l'avocate a noté que lorsque la cour a examiné les photos des corps des victimes, "vous regardiez de tous vos yeux".

17h30. Me Beyer conclue en demandant aux jurés de ne "pas accorder de circonstances atténuantes" à Monique Olivier "pour le principe, au nom de tous les enfants de la planète et de l'amour avec un grand A".

17h40. Me Gérard Chemla prend le relais.
Il représente lui aussi les familles de Fabienne Leroy et de Manyana Thumpong.
"Depuis deux mois, on touche au mal absolu", estime l'avocat.
Il parle de "ces cris qu'on entend tous : "madame, aidez-moi! monsieur pitié!".
De "ses mains qu'on imagine autour de cous d'enfants".
Parlant de Michel Fourniret, il se dit "épuisé", confiant qu' "il ne nous quitte plus".

17h45. Des familles de victimes, Gérard Chemla loue "la solidarité, l'amour entre eux".
A ceux qui crient "Fourniret à mort" ou qui se plaignent de "dépenser tant d'argent pour lui", l'avocat répond "nous avons besoin de justice".
"Les familles ne demandent pas A mort Fourniret!
Elles demandent que justice passe, sans pitié ni vengeance".
Il regrette que le système judiciaire français "nul", qui sait "faire avec le voleur", mais qui ne sait pas "gérer" Fourniret et les tueurs en série comme lui.

17h50. Gérard Chemla compare la perversion individuelle de Michel Fourniret à la perversion sociale des Etats fascistes qui autorisaient à "tuer l'autre".
Et l'avocat de considérer que c'est Monique Olivier "qui donne le permis de tuer".
"Michel Fourniret croit que c'est lui, moi je pense que c'est le contraire, madame Olivier", déclare Me Chemla, ajoutant que "les excuses de Monique Olivier qui se dit otage obligé d'obéir, on les a entendues au procès de Nuremberg".

18h. "Je ne vous oublierai pas monsieur Fourniret, parce qu'il faut qu'on sache que des gens comme vous existent", confie Gérard Chemla.
Mais au-delà du cas Fourniret, il estime que "ce procès n'a qu'un seul intérêt : démontrer qui est la femme de l'assassin".
"Des hommes pervers, malheureusement on sait que ça existe; par contre, des femmes qui assistent, des femmes qui mettent le doigt, là on a un problème", avoue Gérard Chemla.
Surtout, il s'en prend à la stratégie de victimisation de Monique Olivier : "non madame, on n'est pas otage quand on lave le sexe d'une petite fille qui vous appelle à l'aide", rappelle-t-il à propos d'Elisabeth Brichet, la fillette victime du couple.

18h15. Gérard Chemla conclue sa plaidoirie.
"Monique Olivier, vous êtes celle qui a dit à Michel Fourniret, vas-y, je te regarde, je te tiens la main, à nous deux, nous devenons invincible".
A l'accusée qui au début du procès appelait quasiment à la pitié de la cour, Chemla lance : "ne nous en demandez pas madame, nous risquerions d'être sourd".
Fin de l'audience. Reprise prévue jeudi à13h.
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Jeu 22 Mai 2008 - 15:58

le réquisitoire


13h. Début prévue de l'audience. Si le ton du réquisitoire est encorte inconnu, les peines que devraient demander le parquet contre les deux accusés ne font guère de doute.
Michel Fourniret encourt la perpétuité "réelle", une peine rare en France qui interdit tout aménagement de peine et toute période de sûreté au condamné.
Seule possibilité de sortir de détention : la grâce présidentielle, la grâce médicale accordée par un collège d'experts en dernier recours… ou la mort.
Deux condamnés seulement purgent cette peine actuellement en France : les deux tueurs d'enfants et de jeunes filles Christian Beaulieu et Pierre Bodein.
Monique Olivier, elle, poursuivie pour homicide dans le meurtre d'Elisabeth Brichet, et pour complicité dans quatre autres meurtres, encourt la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 30 ans

13h10. L'audience démarre.
Francis Nachbar, l'avocat général, commence par citer les prénoms des sept victimes.
"Au nom de la société, après un long et douloureux procès, je m'incline sur votre mémoire", déclare-t-il.
Il rappelle "l'innocence et la pureté" de leurs visages.
Il rend ensuite hommage aux familles des victimes à qui "nous devons beaucoup".
Il souligne leur "courage", leur "force d'âme" et leur "dignité".
Enfin, il félicite les jurés populaires qui, pendant huit semaines, ont découvert "le monde de l'horreur, le monde des ténèbres morales, de l'inhumanité absolue".

13h20. L'avocat s'adresse à Michel Fourniret.
"Fourniret, vous avez raison de dire que l'avocat général parle comme il pense", lui dit-il, mais son discours "est trop simple pour votre cervelle tordue".
Il dénonce des "faits nauséabonds, abjects", et "deux accusés immondes", "un couple assassin", "la fusion de deux tueurs en série".

13h25. Francis Nachbar commence le rappel des faits à partir de l'arrestation de Michel Fourniret en 2003, dénoncé par sa dernière victime, Marie, 13 ans, qui avait réussi à s'échapper de sa camionnette.
"Marie, nous vous serons à jamais reconnaissant, vous avez sauvé des dizaines d'autres enfants", déclare l'avocat général.
Puis regardant l'accusé, il lui lance : "Pitoyable Fourniret! Vous, avec votre orgueil délirant, pathologique, vous vous êtes fait berner comme un idiot par une enfant de 13 ans!".
Le magistrat rappelle que Monique Olivier n'était pas présente lors de ce rapt.
"Sans Monique Olivier, votre égérie du crime, vous êtes et ne serez jamais qu'un petit Fourniret", lance-t-il à l'accusé.

13h30. Il s'attaque à Monique Olivier, affirmant que dès sa rencontre avec Fourniret en 1987, elle prend "possession totale" de l'homme.
Il dénonce la "manipulation sournoise" d'Olivier de la "pauvre cervelle bouffie de vanité ridicule" de Fourniret.
Il rappelle qu'en 1987, Monique Olivier écrit en parlant d'eux, "qui se ressemble, s'assemble".
"Le pacte est scellé, ce pacte inhumain, monstrueux" : Fourniret doit tuer le dernier mari d'Olivier, en échange elle lui donnera des vierges, "des membranes sur pattes! comme il l'écrit".

13h40. Il démonte la défense de Monique Olivier, affirmant dans le dossier penser que Michel Fourniret n'appliquerait pas réellement les points de leur pacte.
Francis Nachbar cite alors une lettre de réponse de Monique Olivier à Fourniret alors incarcéré en 1987.
"Ta Natouchka veut travailler auprès de son fauve.
Je suis prête à aller très loin pour toi, comprends-tu ce que je dis?", écrit Monique Olivier à son futur mari qui lui a déjà fait part de son obsession de déflorer une jeune fille vierge.
"Oui, Monique Olivier, on le comprend trop bien!", lance l'avocat général.

13h45. Il décrit le premier meurtre du couple, celui d'Isabelle Laville, le 11 décembre 1987.
Le corps de la jeune fille ne sera retrouvé que dix-neuf ans plus tard.
S'en prenant alors à Monique Olivier qui n'a rien dit pendant tout ce temps, Francis Nachbar hurle : "comment pouvez-vous encore manger, dormir, faire vos mots croisés, sourire, rire? Comment pouvez-vous madame Olivier!". L'avocat général raille les "aveux dit spontanés" de Monique Olivier en 2004 qui interviendront "après 120 interrogatoires" de la police belge.
"120, c'est amusant, c'est presque le QI de Monique Olivier".

13h50. Comme durant les plaidoiries mardi et mercredi, Michel Fourniret écoute l'avocat général, les bras croisés et le teint gris. Monique Olivier, elle, garde la tête baissée, se frotte parfois les yeux et les joues, mais sans pleurer.

14h. Francis Nachbar décrit le calvaire d'Isabelle Laville, en insistant à chaque fois sur la participation totale de Monique Olivier. Il rappelle que c'est elle seule qui fait monter la victime en voiture, c'est elle qui prend ensuite le faux autostoppeur Fourniret, c'est elle qui donne des somnifères à Isabelle Laville pour qu'elle ne se débatte pas, c'est elle enfin qui pratique une fellation à Fourniret avant la tentative de viol.
"Ah, ce mot que vous avez eu tant de mal à prononcer à l'audience! Pourtant, vous avez eu moins de mal à SUCER Fourniret ce jour-là!", tonne l'avocat général.

14h15. L'avocat général affirme que le meurtre d'Isabelle Laville, qui est "la parfaite exécution du scénario" prévu auparavant par le pacte de Fourniret et Olivier, est déjà suffisant pour condamner le couple.
"A lui seul, ce crime vous vaudrait la condamnation la plus ferme à tous les deux", déclare-t-il. Puis, il rappelle, détail terrifiant d'incompréhension, que "juste après ce premier meurtre, Sélim (le fils de Fourniret et Olivier) est conçu!".

14h25. Après Isabelle Laville, l'avocat général affirme que "les crimes s'enchaînent à une cadence infernale, juste le temps d'en jouir et on passe à un autre".
Selon le magistrat, Michel Fourniret et Monique Olivier sont "un couple de tueurs en série froid et d'une cruauté telle que notre pays n'en a jamais connu".
L'avocat général demande alors une suspension d'audience d'une dizaine de minutes.
A noter, depuis le début de son réquisitoire, Francis Nachbar appelle systématiquement l'accusé "Fourniret" et sa complice "madame Olivier".

14h50. L'audience reprend avec l'évocation du meurtre de Fabienne Leroy le 4 août 1988. Francis Nachbar continue à appuyer sur la complicité totale de Monique Olivier dans cet assassinat.
C'est encore elle qui, enceinte de huit mois, aborde Fabienne Leroy. "Le bébé, Sélim, il a bougé dans votre ventre?", lui demande l'avocat général. Il rappelle que c'est elle qui a déshabillé la victime, qui a vérifié sa virginité, qui a assisté à son viol par Fourniret. "Votre inhumanité dégoûline, Monique Olivier!", crache le magistrat.

15h. Vient l'assassinat de Jeanne-Marie Desramault, la "Vierge Marie". Le couple rencontre la jeune fille de 21 ans à plusieurs reprises début 1989, "pour endormir sa méfiance", dira aux enquêteurs Monique Olivier. "La veille du meurtre, elle a confié Sélim à une nounou, comme des parents qui vont au spectacle!".
"Pourquoi tant de haine à l'égard de ces jeunes filles, madame Olivier?", demande Francis Nachbar.

15h10. "Je ne sais pas si le diable existe, mais s'il existe, il est à double visage : un recto boursouflé du petit Fourniret et un verso impavide, lisse, la face de Monique Olivier." Voilà comment l'avocat général décrit le couple meurtrier.

15h15. L'avocat général indique que Monique Olivier est poursuivie comme co-auteur pour l'assassinat de Jeanne-Marie Desramault, car l'enquête a établi que c'est elle qui a ligoté la victime. "Monique Olivier est mère de trois enfants, au cœur de pierre, qui a trahi la cause de toutes les femmes, qui aime voir souffrir ces jeunes filles suppliciées qui représentent ce que vous n'êtes pas : la gentillesse, l'humanité, la pureté".

15h20. Racontant la découverte du corps de Jeanne-Marie Desramault en 2004, enterrée au château de Sautou, Francis Nachbar se souvient que Fourniret était "décomposé" à la vue du cadavre coupé en deux par la pelleteuse. Mais Monique Olivier, elle, ne semblait pas touchée. "Elle m'a regardé, deux larmes sur ses joues, et fixant les menottes à ses poignets, elle m'a dit ''Et moi, monsieur, vous voyez dans quelle situation je suis''", précise l'avocat général qui à l'époque était le procureur en charge de l'affaire. "Cette phrase inhumaine, je ne l'oublierai jamais, messieurs et mesdames les jurés."

15h30. La charge continue contre Monique Olivier. Francis Nachbar rappelle que l'épouse de Fourniret a lavé le sexe de Jeanne-Marie alors que la fillette de 13 ans "avait alors ses règles", le tout "avant de la donner à son fauve". Ambiance très lourde dans la salle d'audience au bord de l'écœurement. Monique Olivier garde la tête baissée. "Vous pouvez la baisser votre tête, baissez la encore plus, c'est la petite fille qui vous le demande!", lui crie l'avocat général. Puis s'adressant à Fourniret, il clame : "vous n'êtes pas un fauve, Fourniret! Vous n'êtes rien, RIEN!".

15h45. Francis Nachbar attaque Fourniret et affirme qu'il a violé "post mortem" Natacha Danais et Isabelle Laville, et qu'il a "caressé les seins post mortem" de Jeanne-marie Desramault, ce que le tueur nie toujours. "Fourniret, vous êtes un être humain, mais pour la première fois de ma vie, j'ai peine à imaginer que nous sommes de la même espèce. Vous n'êtes qu'un monstre nécrophile!", hurle l'avocat général, ajoutant à l'égard des deux accusés, "vous n'avez que l'apparence de l'être humain".

15h50. En détention, Michel Fourniret a dessiné la mort qu'il aimerait pour lui, dans un délire pervers et mégalo selon les experts. Il se dépeint écrasé sous un ascenseur rempli par les familles de ses victimes, avec en fond sonore "L"hymne à la joie". Francis Nachbar le prévient que son vœu ne sera pas exaucé : "nous les êtres humains civilisés, nous ne sommes pas des barbares comme vous, nous ne tuons personne".

16h. Francis Nachbar s'attarde sur la période de 1990 à 2000 durant laquelle à ce jour, aucun crime du couple n'est connu. Il rappelle néanmoins différentes tentatives de viols et d'agressions commises par Michel Fourniret et avouées par Monique Olivier devant les enquêteurs belges. "Rien pendant dix ans? Mais tous les experts, tous les magistrats français, tous les magistrats belges, tous les enquêteurs français, tous les enquêteurs belges, sont persuadés du contraire", affirme l'avocat général. "Mais rassurez-vous, petit Fourniret, on ne vous lâchera pas!".

16h15. L'avocat général arrive à la fin de son réquisitoire, en évoquant la mort de Céline Saison, 18 ans, assassinée le 16 mai 2000 à Charleville-Mézières. Monique Olivier, qui n'a pas participé à ce meurtre, n'est pas poursuivie dans ce dossier. Francis Nachbar rappelle qu'au moment de la violer, Fourniret avait obligé sa victime à lui dire : "puis-je faire l'amour avec vous monsieur, s'il vous plaît". "Quelle abjection, Fourniret. ÇA VOUS FAIT PAS GERBER FOURNIRET!", hurle le magistrat. Francis Nachbar semble atteint. il s'adresse alors à la cour : "Cela fait cinq ans que je supporte toutes ces horreurs, cinq ans que je mobilise toute mon énergie pour les familles, pour la société… mais je n'en peux plus de ces horreurs, le visage de toutes ces jeunes filles me hantent". Encore quelques secondes et l'avocat général repousse un cri en fixant les deux accusés : "A GERBER FOURNIRET! A GERBER OLIVIER!"

16h30. On touche peu à peu à la fin du réquisitoire de Francis Nachbar, l'atmosphère est particulièrement pesante. L'avocat général se penche sur l'ultime assassinat connu de Michel Fourniret, celui de Manyana Thumpong, 13 ans, le 5 mai 2001 à Sedan. Le magistrat rappelle qu'après le viol et le meurtre, Fourniret racontera tout en détail à Monique Olivier, précisant notamment qu'il avait obligé la fillette à lui demander avant d'être violée : "puis-je vous sucer monsieur s'il vous plaît", et l'obligeant après à lui dire "merci". Il compare la maison des accusés à "une toile d'araignée, avec une grosse araignée, femelle, gluante, Monique Olivier, et au centre, une toute petite araignée, vibrionnante, pathétique, le petit mâle Fourniret qui veut exciter sa grosse araignée".
L'audience est alors suspendue pour 25 minutes.

17h. L'audience redémarre. Xavier Lenoir, avocat général adjoint, prend la parole pour retracer pendant plus d'une heure la biographie des deux accusés. Faisant doublon avec son confrère Francis Nachbar, le magistrat revient également sur plusieurs des affaires reprochées au couple Fourniret-Olivier comparé aux Thénardier.
Comme Nachbar, il accable Monique Olivier "qui aime que Fourniret tue".

18h. Xavier Lenoir rappelle la manière dont Fourniret et Olivier, une fois leur parcours criminel entamé, coupent peut à peu les ponts aves leurs familles respectives. Il souligne également les déménagements fréquents du couple, entre la France et la Belgique, de Floing à Sart-Custinne, de Clairefontaine à Charleville-Mézières… "une bougeote et des fausses adresses pour brouiller les pistes".

18h20. Pour l'avocat général adjoint, Michel Fourniret et Monique Olivier ont "une complémentarité criminelle totale".

18h30. Xavier Lenoir estime que "la soi-disante soumission de Monique Olivier est une comédie". Pour preuve, rappelant plusieurs affaires, elle n'a jamais paniqué, parvenant à conduire ou à maîtriser les victimes. "Elle n'est jamais paralysée de terreur", affirme le magistrat.

18h50. Pour Xavier Lenoir, le couple Fourniret-Olivier "se maintient contre vents et marées". C'est "à la vie, à la mort", "l'équilibre de la terreur", même durant le procès où l'avocat général adjoint estime qu''"ils ne sont pas vraiment accusés jusqu'au bout" pendant les audiences.

19h. La responsabilité de Michel Fourniret est "absolue". "La seule solution, c'est l'enfermement, dans l'attente d'une folie possible ou d'un suicide d'orgueil", estime Xavier Lenoir. Quant à Monique Olivier, elle n'est "pas réadaptable". "C'est du vent, à 60 ans, car elle n'a aucune souffrance… peut-être un jour demandera-t-elle des soins, mais ce sera par calcul". L'avocat général adjoint conclue et passe la parole à l'avocat général Francis Nachbar pour les réquisitions.

19h30. Après un long rappel technique de la loi française, l'avocat général requiert les peines maximales prévues pour chaque accusé. Il demande la perpétuité incompressible contre Michel Fourniret, "on est sûr comme ça qu'il ne sortira pas". Et la prison à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 30 ans contre Monique Olivier. Francis Nachbar rappelle que si la cour ne condamne pas Monique Olivier à la perpétuité, mais à 20 ans de réclusion, "elle sortira au bout de neuf ans" en vertu des réductions de peine. Les deux accusés n'ont aucune réaction à l'énoncé des réquisitoire. Michel Fourniret reste bras croisés, et Monique Olivier tête baissée. L'audience est terminée.
Elle reprendra lundi après-midi avec la plaidoirie des avocats de Monique Olivier
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Jeu 22 Mai 2008 - 23:31

Le cercueil pour Fourniret, la carte vermeil pour Olivier

Le ministère public a requis les peines les plus sévères prévues par la loi, jeudi au procès de Charleville-Mézières. Contre Michel Fourniret a été réclamée par l’avocat général, Francis Nachbar, la réclusion criminelle à perpétuité «incompressible», établie par la loi du 1er février 1994, et qui interdit tout aménagement de peine au condamné.
Contre Monique Olivier, sa complice, le parquet a demandé la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 30 ans.
En clair, pour l’accusation, Michel Fourniret ne doit pas sortir de prison autrement que dans un cercueil, et Monique Olivier, 59 ans, ne doit pas retrouver le monde libre avant l’âge de 89 ans.
La journée de jeudi a été particulièrement éprouvante, frôlant même parfois l’insoutenable, tant le rappel des faits – certains dans un détail extrême – par l’avocat général, a été pénible pour toutes les parties. P
endant quatre heures, Francis Nachbar s’est attelé à détruire Michel Fourniret et Monique Olivier.
En particulier cette dernière, au point parfois de faire oublier qu’il y avait deux accusés dans le box.


«Le petit Fourniret»

Pour le magistrat, le cas «abject» de Fourniret mérite à peine que l’on s’y attarde.
Le tueur en série, surnommé tout au long du réquisitoire «le petit Fourniret», est un «clown grimaçant et grotesque au service du mal», un «monstre nécrophile» qui n’a «que l’apparence d’un être humain».
En deux mois de procès, Michel Fourniret a reconnu laconiquement les sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes assorties de viols ou tentatives de viols, qui lui sont reprochés.
Refusant de parler à la cour, l’homme âgé de 66 ans n'a rompu son vœu de silence que pendant quatre jours, ne s’exprimant donc que sur trois meurtres: ceux d'Isabelle Laville dans l'Yonne en 1987, de Fabienne Leroy dans la Marne en 1988 et de Jeanne-Marie Desramault tuée en 1989 dans les Ardennes.
Qu’est-il ressorti de ses explications souvent ampoulées et polluées de digressions inutiles?
Il a reconnu être dans «un état second» lors de l'étranglement d'Isabelle, et avoir jeté son dévolu sur Fabienne de manière «non préméditée».
Bien maigre récolte pour la cour.


Monique Olivier, la «muse sanglante»

En revanche, le cas de Monique Olivier est presque plus important aux yeux de l’accusation.
Francis Nachbar a estimé que sans la complicité de cette ancienne garde-malade, le «petit Fourniret», condamné exclusivement pour des violences sexuelles avant de la rencontrer, ne serait sans doute pas passé au meurtre. Monique Olivier a été son «égérie du crime», sa «conseillère en impunité», une «muse sanglante» qui lui a permis d’assouvir ses pulsions.
Par ces accusations, l’avocat général a voulu mettre à bas le système de défense de Monique Olivier depuis le début du procès et même depuis le début de l’affaire, après l’arrestation de Fourniret, en 2004.
Si, jusqu’à présent, Monique Olivier a pu reconnaître sa complicité dans plusieurs des assassinats de Michel Fourniret, elle a toujours affirmé avoir été sous l’emprise et la contrainte de son «fauve».
«De la comédie!», a estimé l’avocat général, certain que celle-ci n’a «pas été l’otage» de celui-là, mais qu’au contraire, ces «deux fêlés» se sont nourris l’un l’autre.
«Si le diable existe, il est à double visage, avec le recto boursouflé du petit Fourniret, et le verso impavide, lisse de toute humanité d’Olivier», a tempêté Francis Nachbar, allant même un peu plus tard jusqu’à hurler «A gerber Fourniret ! A gerber Olivier!».

Haro sur Olivier

L’avocat général a particulièrement insisté sur la participation de Monique Olivier aux crimes.
Il a rappelé que c’est elle, «grosse araignée gluante», qui a abordé en voiture Isabelle Laville, Fabienne Leroy, ou Natacha Danais, leur demandant sa route pour mieux les amadouer.
C’est elle aussi qui, enceinte de huit mois de son fils Sélim, a menacé avec un revolver Fabienne Leroy, l’a ensuite déshabillée et «vérifié sa virginité» avec son doigt, avant de la livrer à son mari.
Elle qui a ligoté Jeanne-Marie Desramault avant son viol par Fourniret, «petite araignée vibrionnante».
Cette aide à maîtriser et étouffer Jeanne-Marie Desramault – que Monique Olivier nie – lui vaut d’être poursuivie pour homicide dans ce dossier.
Elle encore qui a fait la toilette intime de la petite Elisabeth Brichet, 12 ans, avant son viol.
Elle enfin, qui a drogué Isabelle Laville et «sucé» Fourniret pour «le mettre en condition» avant le viol, selon les termes utilisés par Francis Nachbar.
Après cette litanie accablante, l’avocat général s’est tourné vers Monique Olivier, en lui crachant: «Comment pouvez-vous encore manger, dormir, faire vos mots croisés, sourire, rire?»


Des accusés impassibles

Durant toute la durée du réquisitoire, les deux accusés se sont comporté comme depuis le début des débats.
Michel Fourniret a écouté, la tête droite et les bras croisés sur son torse, fermant parfois les yeux comme pour se reposer.
Monique Olivier, elle, est restée en permanence tête baissée et épaules voûtées, sa main droite passant parfois sur sa joue ou dans ses cheveux.
Mais pas un mot, pas une larme, aucune émotion visible de la part des époux, qui n’ont pas eu un semblant de réaction lorsque l’avocat général a énoncé les peines requises.
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Lun 26 Mai 2008 - 20:20

«Monique Olivier n’est pas Michel Fourniret»


L’argument mérite d’être entendu.
Sans Michel Fourniret, «Monique Olivier ne serait pas» assise dans le box des accusés, alors que sans Monique Olivier, «Michel Fourniret serait sûrement devant une cour d’assises».
C’est le message qu’a tenté de faire passer lundi devant le tribunal de Charleville-Mézières, Richard Delgenés, un des trois avocats de Monique Olivier.

La défense de la complice présumée de Michel Fourniret a plaidé pour ôter des épaules de leur cliente «le costume du monstre» qui, selon elle, «ne lui convient pas».
Depuis deux mois, le procès de Charleville tend à unifier les responsabilités des deux accusés, quitte à faire passer Monique Olivier pour «aussi coupable» que Michel Fourniret, un argument utilisé à la fois par les parties civiles que par l’accusation.
Argument inacceptable selon la défense de l’ancienne garde-malade.
«Monique Olivier n’est pas Michel Fourniret», a résumé Richard Delgenès, pointant d’un côté «un tueur», de l’autre «une complice».

Les aveux de la sorcière

Principale preuve de cette «différence» entre les accusés: les aveux de Monique Olivier.
Pour sa défense, ils «la distinguent de Michel Fourniret».
Des aveux intervenus en 2004 et que Monique Olivier aurait fait pour «se libérer du joug» de Fourniret et pour «se libérer de tout, même et surtout des crimes où elle est impliquée».
Des aveux où pointerait déjà «le germe de la repentance».

«Sans ses aveux, Monique Olivier ne serait pas en prison, Michel Fourniret serait déjà sorti, et les familles des victimes seraient toujours dans l’ignorance de la vérité», a rappelé Me Jean-Paul Delgenès, père de l’autre.

Fourniret l’illusionniste

Surtout, ses aveux sont pour la défense la preuve que Monique Olivier n’est pas «la sorcière» au QI «génial» de 131, qui manipulerait Michel Fourniret. Une lecture du couple faite dans jeudi dernier par l’avocat général dans son réquisitoire.
«Si Monique Olivier est si intelligente, la logique est de se taire, pas d’avouer», estime Jean-Paul Delgenés, comparant «le chemin d’aveux, de honte et de regret» de l’une au «chemin d’aveux froids, de manipulation et d’absence de regret» de l’autre.

Une manière surtout pour la défense de redonner à Michel Fourniret son diplôme de pervers en chef, pointant sa «brutalité» et son «pouvoir de manipulation».
«Incroyable Fourniret qui a réussi à se faire tout petit», explique Me Delgenés, estimant que l’accusé, en deux mois d’audience, est parvenu à passer du statut «d’accusé principal à celui de témoin à charge contre Monique Olivier», de «général en petit soldat».

Les limites du genre

Si les plaidoiries de la défense ont été parfois remarquables d’intelligence, elles ont marqué les limites du genre à quelques reprises.
Au premier chef, le «pacte criminel» passé entre les deux accusés en 1986 au moment de leur rencontre alors que Michel Fourniret est en prison pour agressions sexuelles.
Dans un échange de lettres, «le fauve» et sa «mésange» promettent de s’épauler dans le pire: lui tuera son ex-mari si elle l’aide à trouver «une vierge».

Pour Richard Delgenès, «sur ce pacte, on n’a fait que des raccourcis», affirmant que Monique Olivier «n’a pas vu, n’a pas voulu voir, n’a pas cru au projet criminel».
La femme, «seule et sans idée de haine ni sentiment de vengeance», aurait été manipulée et endormie par le scripte Fourniret.
«Ce pacte n’est pas un pacte, c’est un diktat criminel!», selon Me Delgenés.

Autre limite, le premier meurtre présumé du couple, celui d’Isabelle Laville en décembre 1987.
Pour Jean-Paul Delgenés, Monique Olivier «s’est sentie piégée» quand «Michel Fourniret entre en action». Elle «panique» et découvre alors «le vrai Fourniret».

Et si après le meurtre, «elle reste et ne le dénonce pas, c’est par peur de la prison, peur de lui, et parce qu’elle est devenue complice».
Un peu court quand l’enquête a établi que Monique Olivier a séduit seule la jeune femme pour la faire monter en voiture, avant de prendre le faux auto-stoppeur Fourniret, acceptant donc le stratagème prémédité du tueur.

Enfin, Richard Delgenés a évoqué le meurtre de Jeanne-Marie Desramault, en mars 1989, le seul qui vaut à Monique Olivier d’être poursuivie pour homicide.
L’accusation estime qu’elle aurait étouffé la jeune fille qui se débattait entre les mains de Fourniret, en lui posant une bande d’élastoplast sur la bouche.
Pour Richard Delgenés, «ce sparadrap n’est pas meurtrier», affirmant que sur ce meurtre, «Monique Olivier est complice, sur le côté, mais pas co-auteur, car l’instant ultime n’appartient qu’à Fourniret, le film ne se joue qu’à un, à ce moment-là».

Le procès, la suite

La défense a demandé aux jurés «une différence symbolique» dans les peines qu’elle infligera aux deux accusés. L’accusation a réclamé la perpétuité incompressible pour Michel Fourniret, la perpétuité avec une période de 30 ans de sûreté pour Monique Olivier.
Mardi après-midi, les débats se terminent avec les plaidoiries des avocats de Michel Fourniret.
Verdict attendu mercredi.
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MessageSujet: Re: Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité   Mar 27 Mai 2008 - 16:25

Fourniret parle et vomit contre la cour


14h. Début prévu de l'audience.
Des trois avocats commis d'office de Michel Fourniret, seul Me Pierre Blocquaux devrait plaider.
A 60 ans, ce ténor du barreau ardennais a prévu de faire une intervention courte, moins d'une heure environ.
Depuis le début de l'affaire, le tueur en série présumé a toujours indiqué qu'il ne voulait pas être représenté à son procès.
Le verdict étant entendu depuis longtemps selon lui - la prison à perpétuité - il avait refusé de prendre un avocat. C'est pourquoi ses défenseurs ont été commis d'office, et choisis parmi le barreau des Ardennes.

14h15. L'audience commence.
Le batonnier Blocquaux prend la parole.
"C'est quoi défendre Michel Fourniret?", demande-t-il en préambule.
"A quoi servent des avocats contre un silence?
A quoi ça sert de défendre quelqu'un qui ne veut pas être défendu car il s'estime indéfendable?".


14h25. Fourniret écoute, la tête légèrement penchée en arrière et les bras croisés.
Pierre Blocquaux rappelle que pendant deux mois "épouvantables", ils ont été "non pas du côté, mais au côté de Michel Fourniret".
Il rappelle "l'horreur de chaque crime" et leur "succession", comptant lentement jusqu'à sept, comme le nombre de meurtres reprochés à l'accusé.


14h30. Me Blocquaux explique que Michel Fourniret lui a dit avant qu'il prenne la parole : "vous pouvez dire ce que bon vous semble pour servir ce que votre conscience vous dicte".
Il rappelle que "quoi qu'il ait fait, c'est un homme que l'on juge, que ça plaise ou non".
"Oui, monsieur Fourniret appartient à notre humanité, hélas!".


14h35. L'avocat considère que l'on aurait pu arrêter plus tôt Fourniret s'il n'y avait pas eu "un ensemble d'occasions râtées, d'incuries, de fautes, de rendez-vous manqués".
Me Blocquaux fait alors en creux le procès de la justice dans l'affaire. Il rappelle que la plainte de Jean-Pierre Laville liée à la disparition de sa fille Isabelle en 1987, a été à l'époque "classée sans suite" par le parquet d'Auxerre.
Il rappelle que Fourniret, ancien condamné et rmiste qui possède un château, "ça n'évoque les soupçons de personne".
Il rappelle que la plainte contre Fourniret du taulard Jean-Pierre Hellegouarch, qui soupçonne Fourniret d'avoir tué sa femme Farida pour lui dérober de l'argent, a elle aussi été classée sans suite en 1998.


14h45. Avant de conclure, l'avocat annonce que Fourniret ne fera pas appel de la décision de la cour.
"Michel Fourniret connaît son sort depuis le début, il sait qu'il terminera son existence en prison… c'est normal". Puis il prononce lentement les sept noms des victimes et termine sa plaidoirie digne en citant Baudelaire :
"Sois sage ô ma douleur/ Et tiens toi plus tranquille/ Tu réclamais le soir/ Il descend, le voici".


14h50. La parole est donnée à Monique Olivier. "Je… je regrette tout ce que j'ai fait…", dit l'accusée.
Après un long silence, elle ajoute "c'est tout", sans regard pour les familles de victimes au premier rang.


14h51. Puis vient la parole à Michel Fourniret.
Il se lève, prend une respiration, et se lance dans un charabia hallucinant pendant plusieurs minutes, le tout en vers. Un texte qu'il dit écrit par "Michel noir" et "Michel blanc", comme l'avait surnommé son frère aîné pendant le procès.
A plusieurs reprises, il s'en prend à l'avocat général Francis Nachbar qu'il traite de "roquet qui crache l'anathème", de "petit Francis", estimant que Francis "fait plus dans l'opérette que dans le grégorien" avec "une grosse tête coiffant un avocat général empourpré".
Vexé d'avoir été présenté dans le réquisitoire comme un "petit Fourniret", il se décrit comme un "pékin à grosses paluches" qui "impliquent la petite tête".
Il va très loin dans la provocation, se définissant comme un "SPP, simplet sur patte", faisant écho au "MSP", les "membranes sur pattes" comme il surnommait les jeunes filles vierges dans ses courriers criminels avec Monique Olivier.
Mais derrière le "petit Fourniret", il y a aussi "un cœur de grand bonhomme", affirme-t-il.
De Monique Olivier, il plaint "la femme qui sans âme geint tel un paillasson", mais qui est "une pauvre bonne femme incapable de nuire à quiconque dans la société".
Près de cinq minutes de diarrhée verbale, avec citations en latin, en partie incompréhensible, et qu'il conclue d'un petit sourire en disant "voilà c'est tout"'. Incroyable et malsain, à la hauteur du personnage.

15h. Fin de l'audience. Le jury entre en délibéré
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Procès Fourniret (suivis du proces) Perpétuité

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