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| | | Maladies nosocomiales: trois chirurgiens de la clinique du sport jugés à partir de mardi | |
| | Auteur | Message |
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mimi administratrice

Nombre de messages: 4374 Age: 44 Date d'inscription: 26/07/2007
 | Sujet: Maladies nosocomiales: trois chirurgiens de la clinique du sport jugés à partir de mardi Lun 5 Oct 2009 - 20:29 | |
| Vingt ans après les faits,trois chirurgiens de la Clinique du sport à Paris,dont son ancien directeur, comparaissent à partir de mardi devant le tribunal correctionnel de Paris,pour "blessures involontaires" et "tromperie" suite à l'opération de 58 patients entre 1988 et 1993 qui ont contracté une maladie nosocomiale.
Le procès se poursuivra jusqu'au 28 octobre. Pendant cinq ans,ces patients opérés du rachis lombaire ou cervical à la Clinique du sport ont été contaminés par la bactérie xenopie qui se trouvait dans le réseau d'eau,a-t-on appris de source judiciaire. Selon le secrétariat d'Etat à la Santé,dans un communiqué datant de 1997,la clinique avait été informée,dès septembre 1989,d'un risque de contamination par la bactérie. Aucune mesure ne semblant avoir été prise avant mai 1993,le secrétariat d'Etat à la santé avait saisi le conseil régional de l'Ordre des médecins. En 1997,une information judiciaire avait été ouverte et la saisine a été étendue au fil des années pour appréhender l'ensemble des victimes. Sur les cinq mises en examen,la juge Sophie Clément avait prononcé un non-lieu,en 2008,en faveur d'un médecin de cette clinique réputée et d'un biologiste qui étaient également poursuivis. L'affaire de la clinique du sport est l'une des premières grandes affaires de maladies nosocomiales qui avait été soumise à la justice. Les maladies nosocomiales,maladies contractées en milieu hospitalier,sont souvent dues à des problèmes d'hygiène dans les établissements. |
|  | | mimi administratrice

Nombre de messages: 4374 Age: 44 Date d'inscription: 26/07/2007
 | Sujet: Re: Maladies nosocomiales: trois chirurgiens de la clinique du sport jugés à partir de mardi Mar 6 Oct 2009 - 9:32 | |
| "Ma colonne était déjà rongée,le mal était fait"
Le procès de la clinique du sport s'ouvre ce mardi,20 ans après les faits.Le directeur de l'établissement de l'époque et deux autres chirurgiens vont comparaître jusqu'au 28 octobre devant le tribunal de Paris
Ils sont jugés pour "blessures involontaires","tromperie" et "mise en danger d'autrui".
Que s'est-il passé ? De 1988 à 1993,58 personnes opérées du dos à la Clinique du sport (Paris Ve),ont contracté une maladie nosocomiale. Ils ont été contaminées par une bactérie qui circulait dans le réseau d'eau : le Mycobacterium xenopi.La mauvaise stérilisation et la réutilisation d'instruments chirurgicaux à usage unique étaient à l'origine de l'épidémie. La clinique était-elle au courant ? Lorsque le scandale éclate, en 1997, 4000 anciens patients sont rappelés, sur injonction du ministère de la Santé pour faire l'objet d'un dépistage, selon Le Parisien. L'enquête démontre que dès 1989,la clinique avait été informée d'un risque de contamination.Il semblerait qu'aucune mesure n'ait été prise avant 1993. La contamination aurait été longtemps niée ou sous-estimée par les autorités sanitaires. Béatrice Ceretti,contaminée par le Xenopi à la clinique du sport en 1991,témoigne de son calvaire: Suite à une opération pour soigner une hernie discale,Béatrice souffre pendant six ans,avant que l'on diagnostique sa maladie. "Les médecins ne triouvaient pas.On me disais que j'étais folle,que je somatisais.On m'a même demandé si j'avais des problèmes de couple",a t-elle expliqué. En 1997,à l'hôpital de la Croix-Saint-Simon à Paris,elle découvre qu'elle est la 31e victime de "la clinique du sport": "J'ai eu dix-huit mois de chimio orale.Mais ma colonne était déjà rongée,le mal était fait",a t-elle rajouté. |
|  | | mimi administratrice

Nombre de messages: 4374 Age: 44 Date d'inscription: 26/07/2007
 | Sujet: Re: Maladies nosocomiales: trois chirurgiens de la clinique du sport jugés à partir de mardi Mar 6 Oct 2009 - 9:44 | |
| le procès d'une bactérie Vingt ans après les premières contaminations de patients de la Clinique du sport par une redoutable bactérie,la justice va se pencher à partir de mardi sur les pratiques,entre 1988 et 1993,de cet établissement réputé,dans un dossier qui avait mis en lumière le problème des maladies nosocomiales.Jugés jusqu'au 28 octobre par le tribunal correctionnel de Paris,trois médecins,dont l'ancien directeur de cette clinique parisienne,sont accusés d'avoir contribué,par négligence des règles sanitaires,à la propagation de la mycobactérie xenopie dans le réseau d'eau de la clinique. Cette bactérie a provoqué chez 58 patients opérés des lombaires ou des cervicales entre janvier 1988 et mai 1993 l'apparition d'une maladie s'apparentant à une tuberculose osseuse.Une quarantaine de victimes se sont constituées parties civiles.Mis en cause pour avoir réutilisé des kits d'intervention à usage unique et pour des carences dans le protocole de stérilisation des instruments chirurgicaux,les trois praticiens sont notamment poursuivis pour "blessures La défense minimise la portée d'un procès Des accusations entièrement contestées par les intéressés qui ne doutent pas de "sortir la tête haute de cette histoire",assure Me Olivier Leclere,avocat du Dr Pierre Sagnet,directeur de l'établissement à l'époque des faits."Au regard des connaissances et des pratiques de l'époque,toutes les précautions sanitaires ont été prises", argumente-t-il en soulignant le "paradoxe" de voir poursuivis les médecins à titre individuel et non la clinique, au titre de personne morale,comme organisatrice du protocole sanitaire."Un chirurgien est-il responsable de la qualité du réseau d'eau de la clinique qui l'emploie? Non,à l'évidence",insiste Me Xavier Flécheux,avocat de Didier Bornert,l'un des médecins ayant opéré les patients contaminés,comme ses coprévenus les Drs Sagnet et Patrick Béraud. Alors que la défense s'attache à minimiser la portée d'un procès "très éloigné des accusations de départ",les parties civiles insistent sur le caractère exemplaire de cette affaire."C'est le symbole de presque tout ce qu'il ne faut pas faire en matière de 'médecine business et le point de départ de la mise en lumière des maladies nosocomiales dans l'opinion publique",estime Me Patrick de la Grange,qui défend les intérêts de plusieurs victimes."C'est le plus gros scandale français en matière de maladie nosocomiale.Il y a eu un avant et un après Clinique du sport",observe Alain-Michel Ceretti,époux de l'une des victimes. L'association qu'il a fondée dans la foulée de cette affaire,baptisée "le Lien",est devenue le fer de lance de la bataille contre les infections contractées à l'hôpital qui ont fait l'objet,ces dernières années,de plusieurs évolutions réglementaires et législatives.Alain-Michel Ceretti est depuis le 1er janvier chargé du nouveau pôle Médecine et Sécurité auprès du médiateur de la République.L'ex-directeur de la Clinique du Sport est également poursuivi pour avoir attendu plusieurs années avant de prendre les mesures destinées à stopper la contamination. En octobre 1997,des milliers de patients de la clinique avaient été rappelés,sur injonction du ministère de la Santé,pour faire l'objet d'un dépistage systématique. |
|  | | mimi administratrice

Nombre de messages: 4374 Age: 44 Date d'inscription: 26/07/2007
 | Sujet: Re: Maladies nosocomiales: trois chirurgiens de la clinique du sport jugés à partir de mardi Mar 6 Oct 2009 - 11:23 | |
| "On est là dans de la délinquance,pas dans de la faute médicale" Le procès de la Clinique du sport ,dans laquelle 600 personnes pourraient avoir été contaminées entre 1988 et 1993 par une redoutable bactérie,s'ouvre mardi.Alain-Michel Ceretti,fondateur du Lien association fer de lance de la bataille contre les infections contractées à l'hôpital et époux de l'une des victimes,revient sur les évolutions enregistrées dans le domaine de la lutte contre les infections nosocomiales depuis cette tragique affaire.Depuis le 1er janvier,il est en charge du nouveau pôle Santé et sécurité des soins auprès du médiateur de la République. Depuis l'affaire de la clinique du sport, la réglementation a-t-elle évolué ? Alain-Michel Ceretti : Oui,les évolutions sont très nombreuses.Elles touchent notamment, depuis 1997,la stérilisation et l'interdiction de réutiliser les instruments chirurgicaux à usage unique, obligations assorties de sanctions pénales.À cela s'ajoute la loi sur les droits des malades de Bernard Kouchner qui prévoit notamment l'obligation d'informer les patients à la suite d'un accident médical.On a également assisté ces dernières années à l'émergence de structures dans les hôpitaux,comme les comités de lutte contre les infections nosocomiales.Enfin,depuis 2005 et grâce à Xavier Bertrand,un tableau de bord des infections nosocomiales qui consiste à avoir des indicateurs qui sont diffusés tous les ans pour chaque établissement permet de noter les établissements les uns par rapport aux autres,de voir comment ils s'engagent dans la lutte et s'ils sont efficaces ou pas. Et,sur le plan juridique ? On a obtenu ce que je réclamais depuis des années : que le doute profite à la victime.Les victimes des maladies nosocomiales n'ont plus à démontrer la faute pour être indemnisées.Le simple fait que l'infection se soit produite engage la responsabilité de l'établissement.Il y a comme une indemnisation automatique en cas d'infection.C'est d'ailleurs le seul accident médical où la victime n'a pas à démontrer la faute. Un tel scandale pourrait-il se reproduire ? Les nouvelles normes ne fonctionnent que si vous les respectez.Or,à la Clinique du sport,ce qui s'est passé va bien au-delà du non-respect des normes en vigueur.On est là dans de la délinquance,pas dans de la faute médicale. Auprès du médiateur de la République,je coordonne aujourd'hui le pôle Santé et sécurité des soins.Nous avons 800 dossiers d'accidents médicaux par mois qui nous arrivent,mais jamais de dysfonctionnements de cette ampleur.Dans l'affaire qui nous préoccupe,il y a de la part des médecins la volonté de cacher la réalité au patient.Ce qui aboutit à ce que ces malades ne soient carrément pas soignés.On a préféré les laisser dériver avec leur infection plutôt que de les prendre en charge.L'objectif était d'éviter que le scandale n'entache la réputation de l'établissement.Cela peut évidemment encore arriver,et c'est précisément pour cela qu'il faut que les sanctions soient lourdes et que les condamnations soient à la hauteur,non seulement des souffrances endurées et qui perdurent pour les victimes,mais aussi des manquements graves à l'honneur d'une profession.L'ensemble de la communauté médicale est derrière nous,parce que ces gens-là ont fait autant de mal aux malades qu'à la profession elle-même. Avez-vous connaissance d'autres affaires de ce type ? Jamais.Depuis 12 ans que je suis engagé dans le combat associatif puis auprès du médiateur de la République où l'on traite plusieurs milliers de dossiers par an,je n'ai jamais vu de tels comportements coupables dans un établissement et chez des chirurgiens.Encore une fois,pour qu'une chose pareille se reproduise,il faut non seulement des méthodes coupables de la part des chirurgiens qui préfèrent la rentabilité aux soins,mais aussi une direction qui se rende complice. Votre femme fait partie des victimes,comment va-t-elle aujourd'hui ? Quand on me pose la question,j'ai tendance à évoquer quelqu'un avec qui on a fait un bon bout de chemin : Guillaume Depardieu.Il était très proche de Béatrice et souffrait à peu près de la même chose,c'est-à-dire des conséquences neurologiques et osseuses des suites d'une infection.Ces infections osseuses laissent des séquelles très importantes,avec de très fortes douleurs,chroniques,qui se manifestent sans cesse.Guillaume avait décidé de se faire amputer à cause de ces douleurs.Béatrice ne peut pas se faire amputer puisque c'est sa colonne vertébrale qui est touchée.Ce sont des douleurs qui ne vous laissent pas vivre et pour lesquelles,malheureusement,la médecine n'a pas grand-chose à proposer.Cela donne des vies brisées,tournées vers la souffrance.Alors,quand cela arrive à 70 ans,c'est dur,mais quand ça démarre à 29 ans,c'est un scandale.D'autant qu'il y a un élément que l'instruction nous a appris,notamment pour Béatrice,mais également pour 70 % des parties civiles à ce procès,c'est qu'il n'y avait pas d'indication opératoire.On a opéré et contaminé pour rien. |
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