Il est arrivé avec des béquilles, pour cause d'entorse. Rachid Ramda, condamné à perpétuité pour son implication dans les attentats du RER en 1995, est rejugé en appel à partir de ce mercredi par la cour d'assises spéciale de Paris.
Cheveux ras, veste marron et quelques kilos en plus, l'islamiste algérien a décliné son identité, s'exprimant en arabe, comme d'habitude.
Celui qui n'a cessé de clamer son innocence durant quatorze ans est apparu souriant avec son interprète.
«J'aimerais que ce soit le dernier procès»Les parties civiles, elles, étaient moins enclines à sourire.
Elles sont arrivées le regard dans le vide, brandissant des portraits de victimes.
Cette année-là, l'explosion de bombes dans les stations Saint-Michel, Maison-Blanche et Musée-d'Orsay avaient fait huit morts et près de 150 blessés.
«J'aimerais que ce soit le dernier procès. Ça permettrait de faire le deuil sur cet évènement même si on oubliera jamais Richard, 65 ans, qui était dans la rame du RER à Saint-Michel.
Il fait le bilan depuis quatroze ans: «Je me réveille encore toutes les nuits, je fais des cauchemars. J'ai perdu 20% de mon audition et je suis plus irritable qu'avant. A cause de tout ça, j'ai été licencié à 55 ans et j'ai pointé cinq ans au chômage.»
Comme d'autres, Richard attend beaucoup de l'attitude de Ramda.
«Il va encore prétendre qu'il n'a rien fait, que ce n'est pas de sa faute, s'emporte-t-il. Il prend des gens pour des imbéciles alors que c'est le plus intelligent.»
«Mes clients attendent surtout la vérité»Isabelle, qui était également dans le RER, pleure encore lorsqu'elle évoque l'affaire.
«J'ai besoin de passer à autre chose car c'est très lourd à gérer.»
«Mes clients attendent surtout la vérité, même si ce n'est pas le point final», explique Julien Dreyfus, avocat de quatre victimes. C'est le procès de Ramda, pas de ses commanditaires.»
Jean-Louis Debré absentJean-Louis Debré, cité comme témoin en tant que ministre de l'Intérieur à l'époque des faits, n'a pas fait le déplacement.
Le président de la cour, qui a dû passer par son attaché de presse pour parvenir à la joindre, a indiqué que l'actuel président du Conseil constitutionnel avait fait parvenir un courrier expliquant que compte-tenu de ses engagements, il ne pourrait pas se présenter.
Les trois personnes de la Direction de surveillance du territoire (ex-DST, actuelle Direction centrale du renseignement intérieur) citées à comparaître, dont le général Rondot, n'étaient pas non plus présentes à l'audience.
Etant à la retraite, leurs citations à comparaître n'ont pas pu leur être remises... Roger Marion ex-préfet de police, en revanche sera là.