La veuve de Bernard Laroche veut se porter partie civile
La veuve de Bernard Laroche,un temps soupçonné d'être le meurtrier du petit Grégory Villemin il y a 25 ans,a annoncé qu'elle ne s'opposerait pas à l'exhumation du corps de son mari si la justice le demandait.
Marie-Ange Laroche a en outre annoncé son intention de se constituer partie civile dans l'enquête sur la mort de Grégory Villemin,relancée à la suite de la découverte de traces d'ADN.
Elle souhaite ainsi avoir accès au dossier et défendre son mari,inculpé,remis en liberté puis assassiné par le père de la victime en 1985.
"Je ne mettrai aucun obstacle,pourvu que la vérité éclate.Mais avant d'exhumer le corps de Bernard,il faudra d'abord qu'ils cherchent ailleurs",a-t-elle dit lors d'une conférence de presse à Paris.
"J'ai demandé à mon avocat de se porter partie civile car je suis à la recherche de la vérité,mais de la vraie vérité.Il faut reprendre depuis le début s'il le faut",a-t-elle ajouté.
Son avocat,Me Gérard Welzer,demande notamment l'expertise d'enregistrements sonores d'appels anonymes de menace aux époux Villemin.
L'exhumation du corps de Bernard Laroche,cousin du père de Grégory,permettrait de prélever son ADN et de le comparer à de nouvelles traces génétiques.
La découverte de traces d'ADN,sur une lettre datant de 1985 et sur les cordelettes ayant servi à ligoter le garçonnet,a relancé l'enquête sur ce fait divers très médiatisé.
Grégory Villemin,quatre ans,avait été retrouvé mort,pieds et mains liés,le 16 octobre 1984 dans la Vologne,une rivière proche de son domicile de Lépange-sur-Vologne,dans les Vosges.
Bernard Laroche avait été inculpé,puis libéré,avant d'être assassiné par le père de Grégory le 29 mars 1985.
L'arrêt de 1993 rendu après une nouvelle enquête concluait qu'il subsistait des charges très sérieuses contre Bernard Laroche,mis en cause par de premières expertises en écriture et par un témoignage de sa belle-soeur, ensuite récusé,qui disait l'avoir vu enlever Grégory.
"MAUVAIS SOUVENIRS"
L'avocat de Marie-Ange Laroche a appelé à la plus grande prudence sur les nouveaux éléments de l'enquête.
"La lettre du 'corbeau' dont on est sûr qu'elle émane de l'assassin ou de son complice est du 16 octobre 1984.La lettre du 'corbeau' qu'on vous a vendue en pâture est du 24 juillet 1985,dont on ne sait même pas si elle émane de la même personne".
"Malheureusement,si on est là,c'est qu'on veut que d'autres choses soient faites car ce n'est pas cette lettre qui donnera la vérité",a dit Me Gérard Welzer.
Bernard Laroche était mort au moment de l'envoi de la lettre de menaces sur laquelle des ADN féminin et masculin ont été retrouvés,a rappelé l'avocat.
La constitution de partie civile doit encore être acceptée par la cour de Dijon,chargée de l'enquête.
Pour Marie-Ange Laroche et son avocat,la presse et les juges ayant instruit l'enquête ont sali Bernard Laroche après sa mort.
"La presse n'a pas été correcte.On a dit tout et n'importe quoi,ainsi que les gendarmes bien évidemment",a-t-elle dit.
Me Welzer a dit avoir "de mauvais souvenirs de ce qui s'est passé à Dijon avec l'instruction de M. (le juge Maurice) Simon".
"Dans l'arrêt de 1991,qui est un arrêt de non-lieu pour Christine Villemin (...),il y a une quinzaine de pages de prétendues charges contre Bernard Laroche.C'est-à-dire qu'on avait instruit de manière non contradictoire contre un mort."